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Vague d’arrestations en Turquie: l’opposition craint le piège

Publié le par Patrick Kaczmarek

La police turque a procédé vendredi 24 juillet, dans la matinée, à près de 300 arrestations. Quelques individus liés au groupe Etat islamique, mais en majorité des militants kurdes et d’autres d’extrême gauche. Des arrestations qui provoquent des réactions mitigées au sein de la classe politique turque.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Vendredi 24 juillet, au soir de l’arrestation de près de 300 personnes, le gouvernement turc affichait sa satisfaction. Le Premier ministre a promis de continuer à réprimer les oppositions les plus radicales. Le président de la République Recep Tayyip Erdogan ne s’est pas caché d’avoir personnellement donné l’ordre pour ce vaste coup de filet. Il a promis d’afficher la plus grande fermeté contre toutes les organisations terroristes, quelles qu’elles soient : groupe Etat islamique, PKK ou DHKP-C (Front-parti révolutionnaire de libération du peuple). « Tout autant qu’elles sont, elles menacent l’unité de l’Etat », a affirmé le président de la République.

L’opposition de gauche et kurde souligne pourtant de son côté que les arrestations ont surtout visé l’opposition démocratique, alors que les réseaux islamistes, les cellules dormantes de l’organisation Etat islamique ne semblent pas avoir été démantelées. La grande majorité de ces arrestations concernaient en effet les Kurdes et la gauche alevi. Les médias soulignent d’ailleurs la différence de traitement entre les islamistes, arrivant les mains dans les poches à la Direction de la sûreté, et les autres, menottés, bâillonnés et malmenés par les policiers.

« Comment la population peut-elle accepter que d’un côté, on sache aussi clairement qui sont ceux qui constituent une source de violence, de terrorisme, d’agression, et que de l’autre côté on procède à des arrestations d’une telle ampleur parmi les forces de gauche, révolutionnaires et démocrates, et en premier lieu parmi les cadres du HDP ? », s'interroge ainsi la coprésidente du parti pro-kurde HDP (Parti démocratique des peuples), Figen Yüksekdag. Selon elle, le gouvernement turc cible davantage ses opposants que l'organisation Etat islamique. « Aujourd’hui, ceux qui sont dans le collimateur du pouvoir politique, de ce gouvernement provisoire, ce sont les forces démocratiques du pays, dénonce-t-elle. Car le pouvoir AKP ne fonctionne plus qu’à l’instinct de survie, tant il a essuyé de revers électoraux ou diplomatiques récemment. »

Le CHP, l’opposition kémaliste, semble pour sa part trop occupé à faire aboutir les négociations pour former une coalition gouvernementale et reste muet sur la question. L’opposition est tétanisée à l’idée de tomber dans un piège qui verrait l’AKP utiliser la situation actuelle pour se maintenir au pouvoir et/ou gagner les élections anticipées, quasiment incontournables maintenant, avec la continuation d’un traitement de faveur pour les sympathisants du groupe Etat islamique, omniprésents sur le sol turc

Publié dans POLITIQUE

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Opérations de l'armée turque contre la guérilla kurde au Sud-Kurdistan - Communiqué du KNK

Publié le par Patrick Kaczmarek

communiqué du Congrès national du Kurdistan relatif aux opérations aériennes de grande envergure menées depuis hier soir par l'armée turque contre les positions de la guérilla kurde au sud-Kurdistan (Irak):

 

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak)

La nuit dernière, 24 juillet, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son Leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’Etat turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’Etat turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le f eu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daesh en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’Etat turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daesh, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daesh avec la complicité de la Turquie, à Suruc, à Kobanê et dans le reste du Rojava.  

25 juillet 2015

Le conseil exécutif du KNK

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La lettre de Patrick Le Hyaric

Publié le par Patrick Kaczmarek

 

Vous trouverez dans la lettre que je vous fais parvenir différents articles: 

 

 - Urgence alimentaire pour la Grèce !

 

 - L'éditorial de l'Humanité Dimanche : «Le nouvel âge européen»

 

 - Patrick Le Hyaric interroge la Commission européenne : plan d'urgence humanitaire pour    la Grèce

 

 - Pas d’emplâtre ! Rémunérez le travail paysan !

 

 

 

 

Afin d’apporter des réponses à la fois à la crise de l’élevage en France et à la crise humanitaire en Grèce, Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen (Vice-président du Groupe GUE/NGL)  interpelle la Commission européenne et Stéphane Le Foll, pour que l’Union européenne finance un plan d’urgence alimentaire pour la Grèce, en déstockant des viandes porcines et bovines et des produits laitiers français pour les faire parvenir à la Grèce.

 

Cliquez-ici pour lire les courriers adressés à M. Phil Hogan, Commissaire européen à l’agriculture et à M. Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture.

 

 

Le nouvel âge européen

 

 

La démocratie naissait à Athènes quand Solon, l’un des sept sages de la Grèce, décida d’annuler les dettes des pauvres envers les riches. Il y a quelques jours, derrière les portes blindées de leurs salles climatisées, les mandataires européens de l’oligarchie ont fait tout le contraire ! Au nom d’une prétendue impérieuse nécessité de rembourser une dette dont le peuple n’est en rien responsable, ils ont encore plus serré le garrot qui étouffe la démocratie.

 

L’ «a-démocratie », le profond mal qui ronge chaque jour un peu plus l’actuel projet européen, dérive vers l’euro-dictature. Oh, certes, point de chars dans les rues, aucune troupe qui vous pourchasse. Tout est présenté comme légal à partir de traités européens écrits dans les antichambres de Bruxelles, recopiant des textes faxés de Berlin. Ils appellent cela le droit européen. Et quand il advient que ces textes sont rejetés par une majorité d’électeurs, soit on les oblige à revoter jusqu’à ce qu’ils disent « oui », soit, comme en France et aux Pays Bas, on ne prend même pas la peine d’y mettre les formes. On applique ce qui a été rejeté.

 

Les serviteurs des intérêts particuliers de l’oligarchie ont franchi dans la nuit du 13 au 14 juillet dernier un pas supplémentaire dans le piétinement de la démocratie et de la souveraineté populaire. Le gouvernement grec, issu d’une nouvelle majorité parlementaire démocratiquement élue, avec le double mandat de rester dans la zone euro et de mettre en œuvre une autre politique que celle qui, jusque-là, détruisait la Grèce et plaçait la population dans une insupportable crise humanitaire. Ce mandat a été bafoué, non pas par Alexis Tsipras, mais par les dirigeants européens qui ont exercé un odieux chantage à l’exclusion de la Grèce de la zone euro.

 

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Patrick Le Hyaric interroge la Commission européenne: plan d'urgence humanitaire pour la Grèce

 

 

Les effets conjugués de la crise, puis des politiques d’austérité ont mené à une réduction du quart du PIB de la Grèce. Pour la population grecque cela se traduit par une perte moyenne de revenu  de 30%. Les plus faibles sont touchés d’un côté par la réduction drastique et continue de leurs revenus avec le nouveau programme imposé à la Grèce, de l’autre par la destruction des services publics et donc du filet de sécurité sanitaire et social.

 

La Commission, comme le Président du Parlement européen se sont prononcés en faveur d’une aide humanitaire.

 

Questions à la Commission :

 

La Grèce ayant nettement amélioré son taux d’absorption des fonds structurels, la mise en avant de fonds programmés mais non utilisés, ne saurait suffire. Quelles formes concrètes, quelles nouveaux fonds la Commission compte-t-elle débloquer pour matérialiser cette aide humanitaire ?

 

L’agriculture européenne, l’élevage comme la production laitière, souffre d’une crise de débouché. La Commission peut-t-elle utiliser cette crise de la demande et la faire coïncider avec les besoins urgents des populations grecques dans un plan d’urgence alimentaire ? En soulageant ainsi les uns et les autres, la Commission ferait la preuve de sa solidarité et reviendrait aux logiques à la base de l’aide alimentaire européenne.

 

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 d'emplâtre ! Rémunérez le travail paysan !

 

Rien d’inutile dans le plan d’urgence gouvernemental en faveur de l’élevage. Il pourra peut-être donner temporairement un petit ballon d’oxygène à certains éleveurs. Mais, soyons franc ! Il n’est une nouvelle fois qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Qu’on ne se laisse surtout pas abuser par cette nouvelle et impressionnante valse des millions annoncée devant des caméras surchauffées. C’est souvent le même argent que les gouvernements successifs recyclent, avec des reports de… reports de cotisations et de charges. Au bout du compte, il faut quand même payer, continuer à souffrir et… tout perdre. Jamais les grandes banques qui se nourrissent de l’endettement paysan ne sont mises à contribution, pas plus que les compagnies d’assurance, et encore moins les grandes sociétés de l’industrie, de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui se gavent. 

 

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L'ONU fait peser une chape de plomb sur les viols en Centrafrique"

Publié le par Patrick Kaczmarek

Au sein d'une organisation qui prône la tolérance zéro en matière d'abus sexuels, les plus hautes huiles des Nations unies ont tout fait pour décourager les enquêtes sur les auteurs de viols, alors même que l'alerte avait été donnée par ses fonctionnaires.

ue ce soit à Bangui, sur le terrain des opérations de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA), à l’ONU au sein du département des opérations de maintien de la paix (DPKO), ou parmi les diplomates de la Mission française, on ne parle pas de l’affaire des militaires français accusés de viols en République centrafricaine. C’est devenu tabou. Sauf s’il s’agit de s’enquérir du nombre de Casques bleus déployés sur le terrain ou de leur mandat. Le silence qui entoure ce scandale pèse pourtant de plus en plus lourd et force les interrogations. À commencer par celle-ci : l’ONU aurait-elle quelque chose à cacher ? « C’est curieux ces consignes de silence, explique un membre de l’ONU, qui ne veut pas que son nom soit cité. Elles contreviennent au statut et règlement du personnel des Nations unies qui dit que les membres du personnel ont le devoir de coopérer et de dénoncer ce genre d’agissements lorsqu’ils en sont informés. » L’Écossais Peter Gallo fait partie de ceux qui ont décidé de ne pas se taire. Inspecteur aguerri, il a intégré le Bureau des services de contrôle interne des Nations unies (OIOS) en mars 2011. Il vient de démissionner. S’il avoue ne pas avoir travaillé sur l’affaire des militaires français, il en connaît cependant les détails et ne se prive pas d’en souligner les irrégularités : « Depuis les révélations du scandale par le Guardian, l’ONU s’est appliquée à démontrer qu’elle n’avait rien à voir dans cette affaire au motif que les militaires sont français sous commandement français. Si tel est le cas, pourquoi avoir gardé le rapport documentant les viols sous le coude pendant huit ou neuf mois sans réagir et sans diligenter une enquête ? Et pourquoi s’acharner sur Anders Kompass au point de lui demander de démissionner ? » Une relève entre forces françaises de Sangaris et Casques bleus de la MINUSCA en Centrafrique.Une relève entre forces françaises de Sangaris et Casques bleus de la MINUSCA en Centrafrique. © EMA Le Suédois Anders Kompass est l’homme par qui le scandale a éclaté. Ce directeur des opérations au Haut Commissariat des droits de l’homme de l’ONU (OHCHR), à la réputation intègre, est la personne qui, fin juillet 2014, a transmis le rapport contenant les entretiens des enfants victimes d’abus sexuels aux autorités françaises. Mais il l’a fait sans enlever les noms des enfants, ni ceux des enquêteurs des Nations unies, comme cela se fait habituellement. Cette négligence a irrité beaucoup de monde au sein de l’ONU et elle a pris une importance démesurée au regard des enjeux initiaux – les abus sexuels commis contre des enfants de 9 à 13 ans par des soldats en mission sous le drapeau tricolore. La clique onusienne s’est donc mobilisée comme rarement sur ce dossier, notamment Hervé Ladsous, le patron français des opérations de maintien de la paix (DPKO), ancien ambassadeur et porte-parole du Quai d’Orsay. Selon une source qui requiert l’anonymat, « dès qu’il a appris que Kompass avait envoyé un rapport aux autorités françaises, il a demandé sa tête à Susana Malcorra, la chef de cabinet de Ban Ki-moon ». Or Anders Kompass dépend du Haut Commissariat aux droits de l’homme, pas du DPKO, ni du bureau des investigations internes, ce dernier étant supposé indépendant. Pour Peter Gallo : « Il y a eu interférence entre Malcorra et Carman Lapointe, la boss d’OIOS. Une liaison dangereuse qui aurait poussé Michael Stefanovic, le directeur d’OIOS, le service d’enquête interne de l’ONU, à demander à être dessaisi du dossier. Ce dernier s’est depuis réfugié dans le silence. » « Il est évident que sans les révélations du Guardian, sous-entendu sans Kompass, les abus sexuels commis par des militaires français et d’autres, seraient restés lettre morte. Comme d’habitude. Maintenant, il sert de bouc émissaire… », s’insurge Peter Gallo. Lorsqu’on remonte les fils de cette histoire, on émerge au cœur d’une nébuleuse où navigue le gratin onusien : Susana Malcorra, le haut-commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al-Hussein, Carman Lapointe, Hervé Ladsous et probablement le secrétaire général Ban Ki-moon. Selon plusieurs sources, beaucoup de ces gens ont eu le rapport de Kompass entre les mains et ont choisi de ne pas en faire état. D’autres, plus bas dans la hiérarchie, ont également regardé ailleurs. La numéro deux des droits de l’homme, Flavia Pansieri, l’a gardé sur son bureau pendant huit mois sans le lire. Elle avait trop de travail, dit-elle. Le général Babacar Gaye, patron de la MINUSCA, l’a également eu entre les mains. Pourquoi ne se sont-ils pas focalisés sur les abus sexuels commis sur des enfants et ont-ils choisi de se concentrer sur les procédures internes ? « C’est ultraverrouillé à Bangui. Personne ne parle de ces événements. » Au sein de la maison de verre, la colère gronde : de plus en plus de membres du personnel sont en désaccord avec la gestion de l’affaire, et pensent que Kompass a fait moralement et légalement ce qu’il devait faire. Pour une partie de ces personnels, qui se sont confiés à Mediapart, il est un héros. L’accuser d’avoir mis les enfants en danger en publiant leurs noms leur paraît stupide et ridicule. « Il y a une grande différence entre publier les noms des victimes de violences sexuelles dans un journal et les donner aux enquêteurs, affirme Peter Gallo. Dans quel but l’ONU voulait-elle que les noms soient effacés si ce n’est pour entraver voire empêcher le travail des enquêteurs ? Je vous rappelle que lorsque les enquêteurs français sont arrivés à Bangui, ils ont eu interdiction de parler avec le personnel de l’UNICEF qui avait interrogé les enfants. L’ONU avait-elle intérêt à ce que les enquêteurs ne fassent pas leur travail, ce qui expliquerait son attitude? Si tel est le cas, quelles en sont les raisons ? » En coulisse, beaucoup s’interrogent sur les mobiles poussant certains responsables de l’ONU à réduire au silence toute personne qui serait en possession d’informations propres à faire progresser l’enquête. Aujourd’hui, le personnel qui intègre les rangs de la MINUSCA est immédiatement mis au parfum. « C’est ultraverrouillé à Bangui, confie un membre de la mission. Personne ne parle de ces événements. Le pire, c’est qu’il y a toujours autant d’abus sexuels. La semaine dernière, ils ont été commis par des Bangladeshi, des Pakistanais et des Marocains. Et ce, bien que le patron de la mission ait déclaré pratiquer la politique de tolérance zéro. Vaste fumisterie. L’autre jour, lors du briefing sur la sécurité, on nous a dit : “Les Centrafricaines sont belles. Retenez-vous.” C’est incroyable, non ? » Ban Ki-moon à Bangui en avril 2014. À droite, l'ambassadeur de France Charles Malinas et le général Francisco Soriano.Ban Ki-moon à Bangui en avril 2014. À droite, l'ambassadeur de France Charles Malinas et le général Francisco Soriano. © EMA Devant la levée de boucliers provoquée par la façon dont l’ONU a réagi, Ban Ki-moon a nommé une commission indépendante dont la mission, selon Stéphane Dujarric, son porte-parole, sera de « passer au crible la réponse de l’ONU aux accusations d’exploitations et d’abus sexuels par des forces militaires étrangères non placées sous le commandement de l’ONU, et d’évaluer la validité des procédures en vigueur » pour ce genre d’affaires. Un fonctionnaire international, qui préfère garder l’anonymat, commente cette commission en ces termes : « Si les faits n’étaient pas aussi tragiques et n’impliquaient pas des enfants, ce serait risible. Cette commission est une farce. Par exemple, un des trois membres en est le Gambien Hassan Jallow, procureur du Tribunal international pour le Rwanda. Vous ne pensez tout de même pas que Jallow, rémunéré par l’ONU, va scier la branche sur laquelle il est assis ? Ce serait l’arroseur arrosé ! Pourquoi ne pas avoir choisi quelqu’un d’étranger à l’Organisation ? Au moins, il n’y aurait pas de conflit d’intérêts. Saviez-vous que le Bureau des investigations internes exerce un contrôle sur les tribunaux nommés par l’ONU et par conséquent sur ses membres ? Il paraît difficile pour Jallow, dans ces conditions, d’émettre des critiques sur Lapointe qui est impliquée dans cette affaire et qui n’a pas intérêt à coopérer avec la commission. Et je ne parlerai pas de Malcorra, qui est intouchable. Ce sera un rapport de plus qui ira finir dans la corbeille d’un fonctionnaire à la solde du secrétaire général… » Les questions qui se posent quant à l’indépendance et l’impartialité de la commission sont nombreuses. Notamment pour ce qui concerne Jallow, à propos duquel le porte-parole de Ban Ki-moon a cru bon de préciser qu’il ne serait pas payé pendant la durée de son travail au sein du panel. Il demeure malgré tout un membre du personnel de l’ONU, qui risque bientôt de se retrouver sans travail. « Le tribunal pour le Rwanda est en train de diminuer ses effectifs, précise une source. La plupart de ses membres vont être congédiés et Jallow va devoir se trouver un autre job. Il pourrait avoir intérêt à ne pas remettre en cause les manquements de Lapointe et de Malcorra dans ce dossier et ne pas formuler de critiques trop virulentes. » Dernier point et non des moindres : la commission peut recruter des consultants. Pourront-ils préserver la confidentialité des témoins et de l’information qui leur sera fournie ? Il semblerait qu’une personne ait déjà été recrutée. Elle travaillait au tribunal, avec Jallow, donc pour l’ONU. S’il s’agissait d’éteindre l’incendie par tous les moyens, l’ONU a encore une fois choisi la méthode de la poudre aux yeux. Au détriment des enfants. Les grands perdants.

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Pierre LAURENT intervention au Sénat sur l accord du 13 juillet la Grèce

Publié le par Patrick Kaczmarek

Seul le prononcé fait foi.

Nous abordons le vote crucial d’aujourd’hui, toujours sous le choc, et certains que le coup porté ce week-end à la démocratie marquera durablement les esprits et les relations entre pays européens.

Trois sentiments animent le groupe CRC :

La volonté de défendre l’intérêt du peuple grec qui a eu le courage de se lever - le 25 janvier et lors du référendum - pour crier à la face de l’Europe sa souffrance et son exigence de voir lever le pilon qui l’écrase !

Vive le peuple grec digne et libre.

Et vive Alexis Tsipras dont le courage et la responsabilité politique sont exemplaires.

Le second sentiment, c’est la colère contre la violence de dirigeants de l’UE - au premier rang desquels Angela Merkel et Wolfgang Schauble.

Ils viennent de montrer quels intérêts ils défendent.

Qu’un peuple se lève contre l’ordre libéral et l’oligarchie financière, et ils s’affairent à le soumettre et le punir.

Depuis le premier jour, ils n’ont jamais recherché un accord viable avec la Grèce et ont organisé son asphyxie financière.

Ils voulaient la tête d’Alexis Tsipras.

Le référendum a douché leur tentative de coup de force.

Ils se sont alors acharné jusqu’à la dernière minute à provoquer un « grexit » de fait.

Alexis Tsipras, porteur du mandat de son peuple de rester dans la zone euro et de faire respecter la souveraineté de la Grèce, dans l’UE, s’y est refusé avec juste raison.

Dès lors, leur choix a été l’humiliation et le chantage pour imposer le couteau sous la gorge, un nouveau plan drastique à la Grèce.

Ces dirigeants et leur méthode sont la honte de l’Europe ! Ils ne servent que les pouvoirs financiers, quitte à s’appuyer sur l’extrême droite.

Des millions d’Européens ne l’oublieront pas.

Le troisième sentiment est alors celui d’une très grande inquiétude pour l’avenir de l’Europe.

Elle meurt dans les cœurs et dans les têtes si elle continue ainsi.

Tous ceux qui persistent à soutenir de telles méthodes prennent une très grave responsabilité devant l’histoire !

Des frustrations et des humiliations générées par une telle arrogance et la seule loi du plus fort naîtront des monstres politiques ! Ils grandissent déjà au cœur de l’Europe !

La leçon première à tirer, est l’impérieuse nécessité de la refondation sociale et démocratique de l’UE, et son émancipation urgente des logiques financières qui l’étouffent.

L’accord qui nous est soumis écarte à première vue le « grexit » qui était et qui reste l’objectif des dirigeants allemands.

Alexis Tsipras a dit hier, avec une grande loyauté à l’égard de son peuple, dans quelles conditions il a assumé un accord contraint et forcé, pour éviter ce cauchemar à la Grèce.

Je sais, que devant la brutalité de cet accord, certains en viennent à penser que le grexit ne serait plus qu’un moindre mal. Je ne le crois pas. Les Grecs non plus.

Parce qu’une sortie de la zone euro ferait passer la Grèce de la crise humanitaire à l’hécatombe. Parce que toutes nos économies seraient déstabilisées.

Parce que c’est aussi une affaire politique et géopolitique qui peut ouvrir le chemin à un nouveau choc des nations. Regardez comment dans le dos des irresponsables comme monsieur Schauble, Marine le Pen et les siens attendent le « grexit » comme la victoire enfin remportée, qui sonnerait le glas de la solidarité européenne ! Mais l’accord n’a pas réellement levé ce risque en choisissant d’imposer à la Grèce une mise sous tutelle insupportable et de nouvelles mesures d’austérité draconiennes.

Joseph Stiglitz, prix nobel, a déclaré : «  les efforts demandés à Athènes dépassent la sévérité, ils recèlent un esprit de vengeance ! », comme si le peuple grec devait payer le prix de son insoumission.

Si les exigences des créanciers sont toutes respectées, elles s’avéreront une nouvelle fois injustes socialement et empêcheront les objectifs de redressement productif du pays.

Alexis Tsipras a redit sa volonté de protéger les plus faibles et d’aller chercher de nouvelles recettes fiscales auprès de ceux qui s’enrichissent. Il a redit la nécessité absolue d’investissements productifs pour relancer l’économie et d’allègement du fardeau de la dette.

Mais tout est fait pour l’en empêcher.

Ainsi en va-t-il du programme démentiel de privatisations.  Les rapaces sont déjà à pied d’œuvre.

Vinci est paraît-il déjà sur place pour racheter les aéroports !

Plusieurs  engagements financiers sont envisagés par l’accord à la demande de la Grèce :

  • un programme de refinancement de 82 à 85 milliards d’euros,

  • un rééchelonnement partiel de la dette,

  • un plan d’investissement pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros.

    Sans ces engagements, tout le monde le sait, aucune relance ne sera possible !

    Or, sous la pression de l’Allemagne, tous ces engagements sont rendus hypothétiques et seront soumis au chantage permanent des créanciers !

    Quant à la France, si le Président de la République a joué tardivement un rôle pour éviter le « grexit », elle a accepté que le prix exorbitant à payer soit fixé par Angela Merkel, qui a dicté, une fois de plus ses conditions.

    Je le dis solennellement, pour la Grèce mais aussi pour la France, nous ne sommes pas quittes.

    Et ne nous pouvons encore moins après ça, nous remettre à célébrer, comme si de rien n’était, le couple « indestructible » franco-allemand. La bataille ne fait que commencer.

    Tsipras est en première ligne. Certains voudraient refermer la parenthèse grecque.

    Notre intérêt commun, grecs, français, espagnols, européens de toute nationalité est au contraire de pousser au changement dans toute l’Europe, de la libérer des forces libérales et des marchés financiers .

    La France doit agir immédiatement pour :

  • obtenir le déblocage immédiat des liquidités de la BCE sans les soumettre à de nouvelles conditions

  • mobiliser le plus vite possible les 35 milliards d’investissements prévus en engageant sans tarder la contribution de la France et en proposant à d’autres pays de se joindre à la création d’un fonds de développement pour la Grèce qui pourrait préfigurer un fonds de développement pour l’Europe toute entière

  • Travailler à concrétiser le rééchelonnement de la dette.

    Notre vote est aujourd’hui un acte de lutte et de solidarité aux côtés du peuple grec, d’Alexis Tsipras et de nos camarades de Syriza. Nous sommes solidaires de leurs choix et assumons leur difficile et courageux combat. Nous sommes à leurs côtés pour dire non à l’expulsion de la Grèce.

    Mais nous disons d’un même mouvement, au nom de la France, que l’accord scandaleux imposé à Bruxelles n’est pas digne de l’Europe et qu’aucun maintien dans l’euro ne le peut légitimer. Le Groupe CRC votera majoritairement contre.

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Juillet 2015 en perspective

Publié le par Patrick Kaczmarek

 

Juillet 2015 en perspective

Non, les hommes n'ont pas toujours fait la guerre ! La stratégie du parti Podemos en Espagne, pourquoi la Chine accélère l'internationalisation du yuan, un reportage sur la condition des femmes en Tunisie : voici une sélection d'archives en rapport avec quelques articles du numéro de juillet 2015.

Non, les hommes n'ont pas toujours fait la guerre

 

Marylène Patou-Mathis

La violence humaine est-elle innée ou induite par le contexte ? Les recherches anthropologiques et archéologiques permettent aujourd'hui de répondre un peu mieux à cette question (...)

Humanité, animalité, quelles frontières ?

Gary L. Francione (février 2007)

Première visite à la grotte Chauvet

John Berger (août 2002)

Une ambiguïté fondamentale

Claude Julien (janvier 1973)

Podemos, « notre stratégie »

 

Pablo Iglesias

Tout aurait dû conduire à un regain de la gauche en Europe. Et pourtant elle piétine presque partout. Cela explique sans doute que les regards se tournent vers l'Espagne, où le (...)

Podemos bouscule l'Espagne

Renaud Lambert (janvier 2015)

En Grèce, prendre le pouvoir sans perdre son âme

Baptiste Dericquebourg (juin 2013)

L'Espagne ravagée par la corruption

Ignacio Ramonet (juin 1994)

Bientôt des yuans dans toutes les poches ?

 

Yifan Ding

Première exportatrice mondiale, la Chine cherche à se dégager de sa subordination financière - et politique - au dollar par une internationalisation du yuan. La monnaie chinoise est (...)

Si Pékin cessait d'acheter la dette américaine

Dean Baker (avril 2010)

Guerre des monnaies, mythes et réalités

Laurent L. Jacque (décembre 2010)

Le sort du dollar se joue à Pékin

Ibrahim Warde (mars 2005)

Tunisiennes après la révolution

 

Florence Beaugé

Quatre ans après la chute de M. Zine El-Abidine Ben Ali, les différences de condition entre les femmes reflètent une Tunisie divisée sur le plan politique, minée par les inégalités (...)

Quel cap pour la Tunisie ?

Serge Halimi (avril 2014)

Femmes arabes, l'égalité bafouée

Warda Mohamed (janvier 2014)

Les femmes, alibi du pouvoir tunisien

Olfa Lamloun et Luiza Toscane (juin 1998)

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SANTE MUMIA

Publié le par Patrick Kaczmarek

LA SANTE DE MUMIA

Noëlle Hanrahan, Directrice de Prison Radio, nous fait un point sur l'état de santé de Mumia. Sachez qu'aucun diagnostique n'est encore établi et il ne reçoit aucuns soins appropriés. Il est toujours à l’infirmerie de la prison, son état est relativement stable mais il continue à avoir des éruptions cutanées, de la fèvre et il a toujours les jambes très enflées. Ses conseillers juridiques et médicaux, Bret Grote (Abolitionist Law Center) et Bob Boyle ont déposé un recours en Cour Fédérale à l'encontre de la prison demandant à ce que soit respecté son droit à bénéficier de soins médicaux ( Abu-Jamal v. KERESTES).

> Lire le bulletin d'information complet

 

TEMOIGNAGE

Keith Cook, frère de Mumia, et Suzanne Ross, militante américaine, ont rendu visite à Mumia le 29 juin 2015.

Lire le témoignage

 

LA CARTE POSTALE-PETITION : CONTINUONS A NOUS MOBILISER !

Signez et faites signer, autour de vous et dans vos organisations, la CARTE POSTALE-PETITION car les maladies (Eczéma et diabète) font toujours souffrir MUMIA faute de soins appropriés et expose son état de santé à de nouvelles dégradations.

Pour ce faire :

  • Vous pouvez la commander gratuitement en nombre à direction@mrap.fr en précisant l’adresse à laquelle vous souhaiter la recevoir ou, pour les franciliens, venir la retirer au siège du MRAP 43 boulevard de Magenta 75010 Paris (métro République) 
  • Vous l’envoyer directement au Gouverneur de Pennsylvanie par courrier postal ... sous enveloppe de préférence pour contraindre son administration à l’ouvrir et à en prendre connaissance. Sous enveloppe ou pas, le tarif postal est de 1,20 € pour un envoi jusqu’à 20 grammes. Si vous faites des envois en nombre, il vous faudra l’affranchir en conséquence.

 

Merci pour votre mobilisation

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Empêchons les abus de Mathieu Gallet sur Radio France

Publié le par Patrick Kaczmarek

Empêchons les abus de Mathieu Gallet sur Radio France

Bonjour, La semaine qui s'achève a été très difficile pour la démocratie et la liberté des journalistes. Après Vincent Bolloré qui a voulu abuser de sa position de milliadaire sur la chaîne criptée Canal+, c'est au tour du tout puissant directeur général du groupe Radio France de vouloir dégager les journalistes.  Nous soutenons donc la lettre ouverte d'Alex Taylor à Mathieu Gallet et à la Ministre Fleur Pellerin. Dimanche 28 Juin 2015, le journaliste Alex Taylor a appris qu'il était poussé à la porte de France Inter, maison dans laquelle il officiait depuis 31 ans. Sa revue de presse a tout simplement été remplacée par une chronique sur la télé. Nous sommes des millions de contribuables à écouter cette émission

Au moment où l'Europe joue un rôle central dans nos vies, nous refusons la disparition de la seule revue de presse européenne dans une radio française. 
Signez, diffusez et envoyez la lettre ouverte d'Alex Taylor à Mathieu Gallet et à Fleur PellerinLIRE LA SUITE 

 

Baki  Directeur de Campagne We Sign It


NB: La création et l’animation d’une pétition sur notre plateforme sont gratuites. Aidez nos équipes à accompagner plus de pétitions. Participez au co-financement. ICI

Publié dans CULTURE

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UN COUP DE JEUNE AU PCF

Publié le par Patrick Kaczmarek

Mélange toujours riche des générations de communistes à la soirée conviviale et estivale organisée par la section PCF d'Amiens à la suite de la validation par les communistes amiénois de la stratégie de leur parti aux élections régionales de décembre prochain et de leur tête de liste.

UN COUP DE JEUNE AU PCF

Publié dans POLITIQUE

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Non à la suppression des Guignols de l'Info

Publié le par Patrick Kaczmarek

Non à la suppression des Guignols de l'Info

Nous telespectateurs fidéles ou occasionnels des guignols refusons de voir ce programme menacé. Signez et faites signer cette pétition au plus grand nombre pour que Vincent Bolloré ne touche pas aux guignols.

Dans un article du 30 juin 2015 Puremédias indiquait que Vincent Bolloré, homme fort de Vivendi, propriétaire de Canal+, réfléchirait sérieusement à mettre les célèbres marionettes de la chaîne cryptée à la retraite. Après 28 ans de bons et loyaux services, les Guignols devraient donc lever le pied, l'actionnaire Bolloré, jusqu'ici absent des négociations en cours sur l'antenne, envisagerait donc de mettre fin aux Guignols. C'est en 1988 que les célèbres marionnettes ont été créées par Alain de Greef, disparu le 29 juin 2015. 

L' homme d'affaires serait en réalité agacé par l'irrévérence du programme et envisagerait de passer l'émission en créneau hebdomadaire. A deux ans de la présidentielle, les célèbres Guignols de l'info, qui font travailler plus de 300 personnes, sont donc plus menacés que jamais. 

Lire la suite...


Baki

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