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Aux origines du Jihadistan,Sieffert Denis, Politis du 19 juin 2014

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Les États-Unis en sont réduits à se tourner vers l’Iran pour bloquer la progression des jihadistes en Irak. L’« axe du Mal » va-t-il devenir « l’axe du Bien » ? Qui se souvient de Lewis Paul Bremer ?

Les Irakiens, eux, ne l’ont pas oublié. C’est en effet à ce personnage que George W. Bush avait confié la tâche d’administrer l’Irak à partir du mois de mai 2003, soit quelques semaines après l’invasion américaine. Ce « proconsul » s’était alors illustré par une série de décisions qui prouvent que le fanatisme n’est pas le seul apanage des islamistes les plus radicaux. Avec la rigidité mentale propre aux néoconservateurs américains, Bremer n’avait eu de cesse de mettre à l’écart tous les sunnites, au prétexte qu’ils appartenaient à la même branche de l’islam que Saddam Hussein. Des centaines de milliers d’hommes ont ainsi été exclus de l’armée et de la fonction publique. Et l’administration anéantie. Sa politique, qui était aussi celle de son mentor à la Maison Blanche, a abouti à remettre tous les pouvoirs aux chiites et à rejeter les sunnites dans la misère et le ressentiment. Son œuvre, si l’on ose dire, a été poursuivie depuis 2006 par l’actuel Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui a multiplié les actes de discrimination et les attaques à l’encontre de la communauté sunnite. Ces simples rappels permettent de replacer l’offensive actuelle des jihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) dans la continuité d’une histoire récente. Ils devraient aussi nous éviter de céder à la théorie de la « génération spontanée ». Car ces jihadistes ne viennent pas de nulle part. Certes, ils sont de redoutables fanatiques, et leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi, est connu pour sa cruauté, mais la pathologie devient problème politique quand ces gens rencontrent une audience au sein de la population. C’est hélas le cas. Leur prise de contrôle de Mossoul, la deuxième ville du pays, n’aurait pas été possible s’ils n’avaient reçu le soutien des notables sunnites, et s’ils n’avaient pas recruté au sein de cette communauté des hommes livrés à eux-mêmes et revanchards. Ils doivent beaucoup au fameux Paul Bremer… Ce qui fait que, contrairement à Al-Qaïda, l’EIIL n’est pas un label, mais une organisation qui jouit d’une implantation et qui convoite un territoire. La première explication de ses succès militaires est donc irakienne… et américaine. L’autre explication est syrienne… et américaine. Depuis deux ans, la branche syrienne d’EIIL s’est livrée avec Bachar al-Assad à un échange de « mauvais procédés ». Ses combattants font plus la guerre à l’opposition modérée qu’au dictateur syrien. Et celui-ci, de son côté, leur épargne ses bombardements, qu’il réserve à la rébellion ou à d’autres factions islamistes. Le régime de Damas leur a même permis de sanctuariser tout l’est du pays, en bordure de la frontière irakienne. Mais les jihadistes d’EIIL rendent un autre service, plus précieux encore, à Bachar al-Assad : ils discréditent l’opposition syrienne aux yeux du monde et des Syriens eux-mêmes. On voit dans cette affaire la conséquence des deux fautes historiques des États-Unis : la désastreuse invasion de l’Irak en 2003 et l’abandon des rebelles syriens à la féroce répression organisée par le régime. En Irak, l’intervention américaine, déclenchée à froid, n’avait évidemment aucune raison d’être, sinon mercantile et pétrolière. Il a fallu pour la justifier l’énorme mensonge d’État que l’on sait. À l’inverse, en Syrie, l’initiative venait du peuple, et il aurait fallu armer les premiers rebelles, ceux qui incarnaient une révolution démocratique et sociale. Américains et Européens ont choisi le pourrissement. Comme d’ailleurs ils laissent pourrir le conflit israélo-palestinien. C’est sur ce terreau que l’islamisme, avec toutes les nuances que ce mot peut contenir, finit par prospérer. Dans ses mémoires, Hillary Clinton raconte comment, en juillet 2012, elle a tenté de convaincre Obama d’aider les premiers rebelles. En vain. Le Président américain craignait que les armes tombent entre les mains des jihadistes. C’était sans compter avec l’aide de riches donateurs des émirats. Autrement dit, les armes sont bien tombées dans les mains des jihadistes, et seuls les rebelles de l’Armée syrienne libre ont finalement été abandonnés à leur sort. Depuis plus d’un an, ils subissent les assauts conjoints de l’armée de Bachar et des jihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant. Ce mouvement a exécuté plusieurs centaines de rebelles en 2013. Depuis le mois de janvier dernier, l’EIIL livre une guerre sans merci aux rebelles syriens. Cela, au plus grand profit de Bachar al-Assad. Quant aux États-Unis, ils en sont réduits à se tourner vers l’Iran pour bloquer la progression des jihadistes en Irak. L’« axe du Mal », cher à George Bush, va-t-il devenir « l’axe du Bien » ? Si l’on veut à tout prix trouver quelque chose de positif dans cette histoire tragiquement ironique, c’est cela. La menace d’une guerre israélienne en Iran s’éloigne. Les intérêts américains sont aujourd’hui à front renversé. Cette nouvelle alliance inattendue permettra peut-être, d’une façon ou d’une autre, de bloquer la progression des jihadistes vers Bagdad. Elle n’évitera pas forcément la partition de l’Irak [1]. Mais, surtout, il n’y aura pas de solution durable tant qu’un pouvoir confessionnel sectaire dirigera le pays. Et tant qu’une solution politique ne sera pas trouvée en Syrie. [1] Voir à ce sujet notre entretien avec Didier Billion, page 14.

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Alertons nos parlementaires sur l’avenir sombre de l’université et de la recherche !

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Le 4 avril dernier, vous avez signé, avec près de 12.000 collègues, étudiants ou chercheurs, la Tribune : Le changement à l’Université et dans la Recherche, c’est maintenant ? Depuis lors, on ne peut dire que les choses aient connu une quelconque amélioration, et les universités comme les EPST s’enfoncent dans la crise. L’état très dégradé de leurs finances pousse un grand nombre d’universités à mettre en place des plans de rigueur sans précédents. Nous sommes face à une crise de l’emploi scientifique de grande ampleur : dans les universités, on enregistre le « gel » de plus de 2.000 emplois depuis 2010 ; le CNRS a perdu à lui seul 2.300 emplois statutaires depuis 2011. Dans le même temps, on a vu se développer, tant dans les universités que dans les EPST, les emplois à durée déterminée : 80.000 précaires aujourd’hui, soit 34% des effectifs de l’ESR. Or, dès le lundi 23 juin, une discussion parlementaire dite de « finance rectificative » s’ouvre. En matière de rectification, ce qui est prévu, c’est un train d’économies de 1,6 milliards qui va être voté. Pour le Ministère de l’enseignement, c’est encore 189 millions en moins qui sont prévus. Ce nouveau sacrifice demandé est insupportable. Et il faut le refuser. Nous vous proposons d’envoyer, chacun, à vos députés et sénateurs, la lettre ci-jointe qui réclame une remise à nouveau budgétaire de l’enseignement supérieur et de la recherche, et une réforme du Crédit Impôt Recherche. Vous pouvez envoyer ce courrier par voie postale ou électronique. Voici une lettre modèle dont vous pouvez vous inspirez à télécharger en vous rendant sur le suivant : https://drive.google.com/file/d/0B-6B6vEvKtDKamhZN1BTdTFjaEU/edit?usp=sharing Vous trouverez l’adresse de votre député et de votre sénateur aux adresses suivantes : http://www.assemblee-nationale.fr/qui/communes/recherche_new.asp http://www.senat.fr/senateurs/sencir.html Il est important d’initier un grand mouvement de mobilisation et d’alerter nos parlementaires.

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Rencontre avec une survivante Coréenne de l’esclavage sexuel militaire japonais

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Rencontre avec une survivante Coréenne de l’esclavage sexuel militaire japonais

de la délégation du Conseil Coréen des "Femmes de Réconfort"

Nous avons le plaisir de vous inviter aux différents événements avec une survivante Coréenne de la délégation du Conseil Coréen des "Femmes de Réconfort" requises et exploitées dans les bordels militaires japonais pendant l'occupation japonaise en Corée. LUNDI 23 JUIN 18h - 20h : Témoignage de Kil Won-Ok, victime et survivante qui sera accueillie par Jean Salem, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne salle D 632 (Sorbonne) Galerie Jean-Baptiste Dumas entrées : 14, rue Cujas ou 17, rue de la Sorbonne, 75005 Paris RER B Luxembourg (entrée libre dans la limite des places disponibles) MERCREDI 25 JUIN 14h - 16h : Manifestation pour la paix en présence du groupe des jeunes sud-coréens au Parvis des Droits de l'Homme 75016 Paris Métro Trocadéro (ligne 6) 20h30 - 22h : Témoignage de Kil Won-Ok, victime et survivante en présence du juriste Roland Weyl à la Maison du Barreau 2 rue de Harlay (Place Dauphine) 75001 Paris Métro Pont Neuf, Cité (ligne 7) (entrée libre dans la limite des places disponibles) Veuillez-trouver en pièce jointe la présentation de cette délégation venant de la Corée.

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68 ème AG de l'ONU : Israël élue à la vice présidence de la commission des droits du peuple palestinien et des territoires

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Tandis que l’agression israélienne est toujours en cours, Israël a été élu Vice-Président du Comité des Nations Unies sur les questions Politiques Spéciales et la Décolonisation.

~Oui, élu ! Oui, la décolonisation !

La candidature d’Israël a été présentée par le Groupe des Etats d’Europe Occidentale et des Autres états. Oui, l’Europe ! Le Comité sur les questions Politiques Spéciales et la Décolonisation, traite d’une grande diversité de questions qui comprennent ceux relatifs à la décolonisation, les réfugiés palestiniens et les droits de l’homme, le maintien de la paix, l’action contre les mines, l’espace, l’information publique, les radiations atomiques et l’Université de la Paix. Oui, les réfugiés palestiniens tout comme les droits de l’homme ! 74 pays ont voté pour, beaucoup d’entre eux pour préserver le système dans lequel chaque groupe choisit son candidat, même si le Groupe des Pays d’Europe Occidentale et d’Autres états a choisi Israël. Oui, 74 ! Israël continue à être au-dessus des lois, et c’est pourquoi il est devenu un état hors la loi. Mais la provocation n’a jamais atteint un tel niveau. C’est comme si on avait choisi l’Afrique du Sud pour présider un comité contre l’apartheid. Eh bien, aujourd’hui l’Israël de l’apartheid et son occupation siègeront au bureau du Comité sur les questions Politiques Spéciales et la Décolonisation et les 74 pays qui ont voté pour se sont assises sur leurs valeurs et sur nos droits !! http://www.un.org/News/fr-press/docs/2014/AG11525.doc.htm Assemblée générale - Soixante-huitième session - Séances consécutives - après-midi* ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: ISRAËL, « UNE PUISSANCE OCCUPANTE ÉLUE À LA VICE-PRÉSIDENCE D’UNE COMMISSION CHARGÉE DES DROITS DU PEUPLE PALESTINIEN ET DES TERRITOIRES OCCUPÉS » Malgré la forte opposition du Groupe des États arabes, M. Mordehai Amohai, d’Israël, a été élu aujourd’hui Vice-Président de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation. Les cinq autres « grandes Commissions » ont aussi complété leur bureau pour la soixante-neuvième session de l’Assemblée qui s’ouvrira le 16 septembre prochain. « Une Puissance occupante élue à la vice-présidence d’une Commission chargée de la décolonisation, des droits du peuple palestinien et des territoires occupés », a commenté le représentant du Qatar, Président du Groupe des États arabes dont plusieurs membres ont pris la parole. Le représentant qatari a rappelé les deux lettres qu’il a adressées, il y a quelques jours, au Président de la Quatrième Commission, l’informant que son Groupe rejetait la candidature d’Israële et qu'il demandait un vote à bulletin secret. « Contester une candidature soutenue par un groupe régional est contraire aux normes et aux pratiques établies à l’ONU et crée un précédent dangereux » a rétorqué le représentant du Royaume-Uni, au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États. Rien n’y a fait: le vote a eu lieu et M. Mordehai Amohai, d’Israël, a été élu par 74 voix et 68 abstentions; M. Guy Rayee, de la Belgique; et Mme Iseliu Hebbert Larsen de la Norvège ayant obtenu chacun une voix. « C’est vraiment une après-midi incroyable », a réagi le Représentant permanent d’Israël, en ajoutant « aujourd’hui vous avez préservé les valeurs de cette Organisation ». M. Amohai rejoint un bureau composé de M. Durga Prasad Bhattarai du Népal, Président; Mme Inese Friemane-Deksne, de la Lettonie, Vice-Présidente; et M. Gabriel Orellana, du Guatemala, Rapporteur. Le dernier siège de vice-président, qui revient au Groupe des États d’Afrique, n’a pas encore été pourvu. La Première Commission chargée des questions du désarmement et de sécurité internationale a élu à sa présidence, M. Courtenay Rattray, de la Jamaïque; Mmes Maria Victoria González Roman, de l’Espagne; et Narcisa Daciana Vladulescu, de la Roumanie; et M. Saad Abdallah Alsaad, de l’Arabie saoudite, aux vice-présidences. Mme Saada Daher Hassan, de Djibouti, occupera le poste de rapporteur. À la présidence de la Deuxième Commission chargée des questions économiques et financières, on trouve M. Sebastiano Cardi, de l’Italie à la présidence; Mmes Tishka H. Francis, des Bahamas; Tarik Izararen, du Maroc; et Aleksandra Stepowska, de la Pologne, aux vice-présidences; et Mr Borg Tsien Tham, de Singapour au poste de rapporteur. La Troisième Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles sera présidée par Mme Sofia Borges, du Timor-Leste, qui sera épaulée par Mme Johanna Nilsson, de la Suède; et MM. Kurt Davis, de la Jamaïque; et Pierre Faye, du Sénégal. Le poste de rapporteur revient à M. Ervin Nina, de l'Albanie. Pour ce qui est de la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires, M. Frantisek Ruzicka, de la Slovaquie occupera la présidence et Mmes Paula Coto, du Costa Rica; Aline Mukashyaka, du Rwanda; et Chamithri Rambukwella, du Sri Lanka, les vice-présidences.M. Matthias Dettling, de la Suisse a été élu rapporteur. Enfin, pour la direction des travaux de la Sixième Commission chargée des questions juridiques, ont été élus à la présidence, M. Tuvako Manongi, de la Tanzanie, et aux vice-présidences Mme Fernanda Millicay, de l’Argentine; et MM. Mirza Pasic, de la Bosnie-Herzégovine et M. Hossein Garibi, de l’Iran. Cette dernière élection a été commentée par le représentant d’Israël auquel a répondu le représentant iranien. Le poste de rapporteur est allé à M. Salvatore Zappala, de l’Italie. ÉLECTIONS DES PRÉSIDENTS ET DES BUREAUX DES GRANDES COMMISSIONS POUR LA SOIXANTE-NEUVIÈME SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Déclarations sur l’élection de M. Mordehai Amohai, d’Israël comme Vice-Président de la Quatrième Commission chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation Avant le vote, la représentante du Qatar, au nom du Groupe des États arabes, a rappelé les deux lettres qu’elle a adressées, il y a quelques jours au Président de la Quatrième Commission, l’informant que le Groupe rejetait la candidature d’Israël et qu’il demandait un vote à bulletin scrutin secret, conformément à l’article 103 du règlement intérieur de l’Assemblée générale. Contester une candidature à une Commission est un affront aux règles et normes de l’Organisation, a rétorqué le Représentant permanent d'Israël. Invoquant les raisons « fictives et infondées » du Groupe des États arabes pour remettre en question l’éligibilité d’Israël, soutenue pourtant par 28 États européens, il a demandé à chacun de « se regarder dans le miroir » et de ne pas servir la « politique de haine de certains pays ». « Qu’en est-il de l’Iran, de la Syrie et de l’Arabie saoudite qui appuient les terroristes, violent impunément les droits de l’homme, puis osent venir pointer un doigt accusateur sur d’autres pays. » Le Groupe des États arabes ne semble pas avoir de problème à « appuyer l’Iran qui soutient le terrorisme et cherche à se doter de l’arme nucléaire ». « Nous devons offrir un miroir au Groupe des États arabes pour qu’il puisse se regarder en face », a tranché le représentant, en mettant en garde contre un vote qui représenterait un « dangereux précédent ». Après le vote, la représentante du Qatar, toujours au nom du Groupe des États arabes, a réaffirmé le « rejet catégorique » de la candidature d’Israël, « Puissance occupante qui viole la Charte des Nations Unies, le droit international, le droit international humanitaire et de nombreux instruments et résolutions des Nations Unies ». Ce pays, a-t-elle dit, ne devrait occuper un tel poste dans une Commission qui s’occupe, notamment, des questions liées à la décolonisation, aux Palestiniens et aux territoires arabes occupés.Il est « inconcevable et inacceptable que cette Puissance occupante puisse soumettre sa candidature à ce poste », a-t-elle ajouté, notant qu’Israël estimait « être au-dessus de la loi et dispensé de rendre compte de ses crimes ». Son homologue du Royaume-Uni, au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, a exprimé sa « déception » face à la décision du Groupe des États d’appeler à un vote. « Contester une candidature soutenue par un Groupe régional est contraire aux normes et aux pratiques établies et crée un précédent dangereux pour les futures élections », a t'il dit. Le représentant de l’Arabie saoudite, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a traité de « farce » et de « provocation odieuse » le fait que le Groupe des États d’Europe occidentale et autres États aient présenté comme candidat « une Puissance occupante ». Il s’agit, a-t-il ajouté, d’un « affront à la démocratie », car, a-t-il souligné, cet État n’a reçu que 38% des voix des États Membres. « Rien ne saurait être plus antidémocratique », a-t-il déclaré face à une élection qui « n’est pas une victoire pour Israël, mais une défaite pour les Nations Unies ». « C’est une honte pour l’humanité », a renchéri le délégué de la Libye, en notant que, pour la première fois dans l’histoire de l’Organisation, « une entité occupante a été élue à la vice-présidence d’une commission chargée de mettre fin à la décolonisation ». « Cette élection a montré clairement la défaite de l’entité israélienne, qui a reçu moins de la moitié des voix », a-t-il souligné. Pour le représentant du Liban, ceux qui respectent les valeurs de cette Organisation n’auraient pas dû soutenir une telle candidature, « ce pays n’ayant pas les mérites nécessaires pour être élu, en particulier à la Quatrième Commission ». « Israël est l’État Membre qui a été le plus condamné par cette Organisation », a t'il fait observer. « Alors que la Coupe du monde se poursuit en ce moment-même au Brésil, nous sommes ici, aujourd’hui, au premier rang d’un événement tout aussi important », a ironisé le délégué israélien, dénonçant l’attitude du Groupe des États arabes, qui « a bien souvent pris en otage cette Organisation ». « Aujourd'hui, la voix de la raison a prévalu, a t'il estimé. Son homologue du Canada a, lui aussi, exprimé sa « profonde déception face à cette initiative inhabituelle, sans précédent » consistant à remettre en cause une candidature. Israël viole « au quotidien les résolutions de la Quatrième Commission elle-même », a rétorqué le représentant de la République arabe syrienne, voyant que « l’objectif d’Israël est clair: faire obstruction au travail de la Quatrième Commission et servir ses intérêts dans les activités criminelles qu'il mène dans les territoires arabes occupés ». La représentante des États-Unis a regretté tant le recours au vote que la rhétorique qui divise les États Membres. Elle a exprimé son appui sans faille au représentant israélien.L’extrême importance pour le Groupe des États arabes du rôle de la Quatrième Commission et de ses résolutions, y compris sur le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination, a été soulignée par le délégué des Émirats arabes unis. Il s’est vivement opposé à l’élection d’Israël qui a systématiquement voté contre toutes les résolutions de l’Assemblée générale et des autres organes, et avant de les violer. Comment faire confiance à un bureau dont un membre méprise les résolutions de la Commission ? Son homologue de l’Égypte s’est érigé contre la « politisation » d’une question aussi simple que l’élection du bureau d’une grande commission. Il a mis en exergue le fait que 74 seulement des États se soient prononcés sur une élection qui, en réalité, ne portait que sur un candidat unique. Dans les propos d’Israël contre son pays, le représentant de l’Iran a vu du racisme de la part d’un pays si impliqué dans la colonisation, l’occupation et la répression brutale. Déclarations sur l’élection de M. Hossein Gharibi de l’Iran à la Sixième Commission chargée des questions juridiques. Avant l’élection, le représentant d’Israël a fait part de sa profonde préoccupation face à la candidature de l’Iran, un pays doté d’un système judiciaire qui expose les détenus à des traitements cruels et inhumains. Le Gouvernement iranien, qui est responsable de meurtres d’innocents, ne devrait pas être autorisé à siéger dans un organe chargé de faire avancer le droit, a estimé le représentant. À son tour, le représentant du Canada s’est opposé à ce que l’Iran siège à la Sixième Commission, compte tenu de ses violations éhontées du droit international, de ses exactions à l’égard des minorités religieuses et de sa tradition de non-respect de ses obligations nucléaires. Son homologue de l’Iran a jugé d’entendre un discours sur le respect du droit international de la part d’un pays qui le bafoue depuis plus de 60 ans. Il a aussi regretté que des déclarations aussi haineuses soient faites par le Canada. _________________________

* Séances consécutives des grandes commissions ayant pour but d’élire les Présidents et les Bureaux des grandes commissions pour la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale

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Dans les très beaux quartiers de l'extrême-droite

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Un extrait de l'article de Maïa Drouard sur les liens entre vieille aristocratie et politiques de protection du patrimoine.

http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3579

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Un cri de colère légitime contre l’injustice !

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Ziad Medoukh Je ne vais pas revenir dans cet article sur l’enlèvement de trois colons israéliens près d’une colonie israélienne illégale en Cisjordanie, ni sur les mesures et les agressions israéliennes contre toute une population civile palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, même si beaucoup de questions se posent sur cet enlèvement qui montre que l’armée israélienne n’arrive pas à protéger ses citoyens et rejette toujours la responsabilité sur les Palestiniens, c’est la faillite de son système sécuritaire. Tout d’abord, ces colons vivent dans des colonies illégales, reconnues illégales par le monde entier, des colonies installées dans des territoires appartenant aux Palestiniens .. Ensuite, ils ont disparu dans la zone C, zone sous contrôle militaire israélien. Quant aux agressions israéliennes, nous, les Palestiniens, avons l’habitude de ces mesures qui visent avant tout à casser la volonté remarquable d’une population civile résistante qui a choisi de défier toutes les mesures de l’occupation. Beaucoup de Palestiniens sont contre les actes de violence envers les civils, car leur combat vise les agresseurs et les occupants, mais leur colère s'adresse à la communauté internationale officielle, aux médias des pays dits démocrates et aux organisations de droits de l’homme, qui, depuis le premier jour de l’enlèvement des trois colons, n’arrêtent pas de dénoncer celui-ci et appellent à leur libération, sous une couverture médiatique importante. Ces pays et ces médias parlent rarement de la souffrance au quotidien des Palestiniens, ils oublient que toute la violence dans notre région est causée par l’occupation et la colonisation israéliennes illégales de nos territoires : c’est le mépris du droit qui nourrit la violence. Notre message est un cri de colère légitime contre ce monde qui se dit libre, mais qui se tait quand on parle des mesures israéliennes illégales à l’encontre des Palestiniens. Notre cri de colère est à partager avec les solidaires de notre cause noble partout dans le monde. Eux seuls arrivent par leurs courageuses actions de solidarité à nous soulager et à calmer notre colère dans un monde d’injustice. Les forces de l’occupation israélienne enlèvent tout un peuple palestinien depuis plus de 60ans, aucune réaction de ce monde libre. Quelle hypocrisie! Dans la même semaine de cet enlèvement, cinq palestiniens dont un enfant de 7 ans et un pêcheur, ont trouvé la mort, deux en Cisjordanie, et trois dans la bande de Gaza, suite à des raids et attaques israéliennes, aucune information dans les médias qui se disent libres et objectifs. Quelle objectivité ! Cette semaine, les forces de l’occupation israélienne ont arrêté plus de 200 Palestiniens en Cisjordanie, dont des ministres et des députés, sans aucune réaction des organisations des droits de l’homme et de démocratie. Quelle démocratie ! Les prisonniers palestiniens entament une grève de faim légitime depuis plus de deux mois, sans aucune information dans les médias qui se disent libres .Quelle liberté ! Des journalistes se gargarisent de la disparition de trois colons israéliens, en font leurs choux gras, sans jamais dire un mot sur le sort réservé aux enfants palestiniens emprisonnés dans les geôles israéliennes, sans jamais dire un mot sur le mur de la honte, et les 500 points de contrôle israéliens en Cisjordanie. La bande de Gaza souffre d’un blocus israélien inhumain, on n'a jamais entendu un pays qui se dit libre dénoncer à haute voix ce blocus et ces punitions collectives contre les civils palestiniens. Où va le monde soi-disant démocratique ? Où va le monde soi-disant libre ? Où va le monde qui s'enferme sans vergogne dans le silence? Jusqu’à quand cette injustice ? Honte pour ces pays qui se disent libres et démocrates ! Honte à cette communauté internationale officielle qui ne bouge pas le petit doigt devant la souffrance au quotidien de tout le peuple palestinien , souffrance provoquée par un Etat d’apartheid qui viole le droit international. Honte aux médias qui sont si loin de l’objectivité ! Honte aux organisations des droits de l’homme qui sont complices ! Où est la justice ? Vive la solidarité avec le peuple palestinien! En dépit de toutes les mesures israéliennes illégales contre notre population civile, et malgré le silence complice de ce monde, nous sommes plus que jamais déterminés à faire aboutir nos revendications pour la liberté et pour la paix, une paix qui passera avant tout par la JUSTICE, que j’écris sciemment, ici, avec une majuscule ! Ziad Medoukh, professeur de français à l’université d’Al-Aqsa (Gaza)

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Publié le par Patrick Kaczmarek

~~GRÈVE À LA SNCF : Pour contrer le torrent de désinformation (ou d'attaques permanentes contre le droit de grève, les privilèges et le reste) : http://paris-luttes.info/voyageurs-le-saviez-vous?var_mode=calcul INTERMITTENTS : Mathieu Grégoire (maitre de conférence à l'UPJV) donne quelques éléments très intéressants sur l'analyse de l'intermittence : http://www.mediapart.fr/article/offert/b61e5edb893dd34b381ac9917e3a55e2 et son collègue Olivier Pillmis http://www.laviedesidees.fr/Le-travail-incertain.html#.U5V5TW0lTEg.twitter et un message des intermittents en lutte en Picardie : "Bonjour à tous, dans le cadre du festival Amiens dans la rue (20, 21, 22 juin), une AG se tiendra au cirque d'Amiens à 10h 30 le samedi 21 juin. Faites passer l'info." À GAUCHE : Une tribune publiée par les dirigeants du NPA dans Libé : http://www.liberation.fr/politiques/2014/06/16/la-colere-sociale-chemine-a-la-surface_1042817 Une interviou de Liem Hoang Ngoc - ancien député européen PS, participant de la marche du 12 avril, fondateur des Socialistes affligés (et ancien lambertiste connu à Amiens) : http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/07/liem-hoang-ngoc-gouvernement-prepare-champ-ruines-gauche-252766 Un article sur le blogue d'Edgar Morin : http://blogs.mediapart.fr/blog/edgar-morin/070614/les-somnambules-se-rendorment Un article sur le blogue de Paul Alliès sur la mort annoncée du PS : blogs.mediapart.fr/blog/paul-allies/170614/sur-la-mort-annoncee-du-parti-socialiste?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter Une interviou de Roger Martelli : http://www.humanite.fr/roger-martelli-face-au-6-fevrier-1934-un-rassemblement-populaire-inedit RÉFORME TERRITORIALE : Pour les geeks, une "appli" pour s'amuser avec les régions, et un petit article qui explique le bouzin : http://transports.blog.lemonde.fr/2014/06/05/regionator-la-carte-de-france-dessinee-par-les-trajets-quotidiens/ MILLE VACHES : Le 1er juillet, se tiendra à Amiens, le procès des militants de la Confédération Paysanne qui se sont fait embastillés pour une action contre le projet "inutile" de ferme des 1000 vaches : https://twitter.com/ConfPaysanne/status/477068517607739392/photo/1 INTERNATIONALE : À propos des impôts en Grande-Bretagne, une campagne pour https://www.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=Oj2LA8rEqQ4&app=desktop À propos de Podemos, le soutien international au mouvement politique naissant en Espagne : http://tercerainformacion.es/spip.php?article69600 Pour la réflexion, un article sur l'utopie et le lien social : http://raisons-sociales.com/articles/lutopie-lien-social/ Et une sélection d'articles de Contretemps : http://www.contretemps.eu/lectures/crise-2008-crise-néolibéralisme%C2%A0-typologie-interprétations-marxistes#.U5boL3v8_iM.twitter http://www.contretemps.eu/interventions/debats-sur-strategie-altermondialiste-en-amerique-latine-première-partie-situation-glo http://www.contretemps.eu/interventions/débats-sur-stratégie-altermondialiste-en-amérique-latine-deuxième-partie-situation-en-#.U5boQeJvvTU.twitter http://www.contretemps.eu/interventions/discussion-sur-islam-capitalisme-maxime-rodinson#.U5boFkx8Dq0.twitter COLLECTIF AUDIT CITOYEN : Un message du collectif audit citoyen : "Chères amies, chers amis, Le collectif pour un audit citoyen sera présent à l'Université d'été européenne des mouvements sociaux à l'initiative du réseau des Attac d'Europe et participera à plusieurs activités sur la dette, co-organisées avec d'autres partenaires européens. Ce sera l'occasion de présenter les conclusions de notre premier rapport d'audit[1]. Cet évènement se tiendra à l'Université de Paris Diderot, dans le 13ème arrondissement de Paris, sur les quais de Seine, du mardi 19 après-midi au samedi 23 août. Vous pouvez d’ores et déjà vous y inscrire en allant sur le site Internet de l'événement : http://www.esu2014.org/fr/participer/article/s-inscrire Il vous est également possible de réserver un hébergement (petites chambres collectives, gymnase, hébergement solidaire). Le programme de l'Université d'été sera bientôt disponible sur le site : http://www.esu2014.org A bientôt ! L’équipe d'animation du collectif audit citoyen [1] http://www.audit-citoyen.org/?p=6291"

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Pour le Mouvement de la paix, les moyens existent pour satisfaire les besoins sociaux.

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Des conflits sociaux importants se déroulent actuellement en France contre la précarité de l'emploi et plus largement contre l’austérité. La précarité et le chômage de masse fragilisent la cohésion sociale si importante pour construire une société du vivre ensemble. De même, construire une société du vivre ensemble, portant les valeurs de justice, de solidarité, de fraternité, de démocratie, de paix nécessite une politique culturelle ambitieuse et dotée des ressources humaines et financières nécessaires car la culture au service de l'émancipation humaine et de l'épanouissement de tous et toutes n'est pas un coût mais un investissement. Dans ce contexte le conseil national du Mouvement de la paix réuni à Créteil le Dimanche 15 juin apporte son soutien aux luttes en cours contre la précarité, en particulier dans les milieux culturels et artistiques, et plus généralement pour des services publics de qualité au service de tous. Le Mouvement de la paix rappelle que dans le budget 2014 la mission culture bénéficie de 2,5 milliards d'Euros, et la mission Défense de 38,9 milliards d'Euros (source Budget 2014- crédits de paiement). Le Mouvement de la paix souligne que les moyens nécessaires à la satisfaction des besoins sociaux et culturels exprimés, tant par les personnes que par les structures culturelles et les services publics concernés peuvent être dégagés par l'annulation des crédits inscrits à la loi de programmation militaire pour la construction de nouveaux armements atomiques - 23 milliards sont consacrés aux armes atomiques sur 6 ans. ____ Dimanche 15 juin 2014 Le conseil national du Mouvement de la Paix.

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Fwd: Urgent : Pétition pour sauvegardez le mémorial des victimes des essais nucléaires en Polynésie

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~Sauvegardez le mémorial des victimes des essais nucléaires en Polynésie

http://www.avaaz.org/fr/petition/M_Gaston_Flosse_president_de_la_Polynesie_francaise_Sauvegardez_le_memorial_des_victimes_des_essais_nucleaires_en_Polyne/?tosvIab Pourquoi c'est important Gaston Flosse, actuel président de la Polynésie française a décidé de faire disparaître le monument érigé, à Papeete, à la mémoire des victimes des essais nucléaires. Ce monument avait été inauguré par M. Oscar Temaru, son prédécesseur, le 2 juillet 2006 jour du 40ème anniversaire de la première bombe française à Moruroa, en présence de nombreuses personnalités de France, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Fidji, des Pays-Bas et d’autres pays du monde. Ce monument décoré par des artistes polynésiens est un lieu sacré où sont réunies des pierres symboliques provenant d’Hiroshima et de Nagasaki et des différents sites des essais nucléaires à travers le monde. Gaston Flosse veut effacer l’histoire des 30 ans d’essais nucléaires français dont il fut le complice et décide de dédier ce site à Jacques Chirac, mondialement décrié lorsqu’il ordonna une nouvelle série d’essais nucléaires en 1995 après des années de moratoire ! Depuis 2006, la mémoire de toutes les victimes des essais nucléaires dans le monde est honorée selon les traditions maohi chaque 2 juillet et à l’occasion de visites de personnalités venues du monde entier parmi lesquelles de nombreux hibakusha – survivants des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Détruire ce monument, aujourd’hui connu dans le monde entier, constitue un affront sacrilège à la mémoire de toutes les victimes des essais nucléaires et de leurs familles. L’association Moruroa e tatou qui regroupe les anciens travailleurs de Moruroa associée à des ONG et amis de Polynésie et de France — dont l'Observatoire des armements — lancent cet appel pour exiger du Président Gaston Flosse qu’il renonce à cette destruction insensée et qu’il assure la pérennité de ce haut lieu de mémoire des victimes du nucléaire.

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AUBE DOREE - Le livre noir du parti nazi grec

Publié le par Patrick Kaczmarek

~~L’idée de la différence nationale raciale est un corollaire nécessaire à l’inégalité sociale

~~Violences, persécutions raciales, assassinats, complicités policières et étatiques, « interventions » auprès des employeurs pour qu’ils licencient les travailleurs étrangers et embauchent des chômeurs grecs, banques alimentaires réservées aux « Grecs d’abord »… La Grèce est devenue le premier pays d’Europe à accueillir dans son Parlement un parti ouvertement nazi ayant obtenu le score non négligeable de 7% des suffrages exprimés. Le brouillard qui avait couvert le pays depuis l’éclatement de la crise économique et l’application d’une politique-antisociale inédite au nom du « Mémorandum », se combinait avec la nuée noire d’une organisation qui fait d’Adolf Hitler son idole et de la violence de rue sa méthode d’ascension. Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment cette extrême droite grecque, décriée et marginale il y a quelques années encore, parvient-elle à présent à dicter l’agenda politique en imposant ses choix radicaux au système partisan ? Comment avons-nous pu oublier la dictature ? Comment est-il possible que des citoyens de villages martyrisés par la SS votent pour un parti nazi ,? Comment est-il possible que nous tolérions la dérision de l’Holocauste dans un pays dont l’écrasante majorité des citoyens juifs a été exterminée dans les camps ? Ce livre apporte une première analyse du phénomène Aube Dorée. Cette organisation a revêtu des formes multiples depuis sa première apparition publique. Pourtant, pendant trois décennies, son noyau dur est resté invariable. Nikolaos Michaloliakos, son chef, avait 19 ans lorsqu’il a été accusé pour la première fois d’avoir commis un acte illégal. Au cours de ces années et malgré quelques modifications ou plutôt des travestissements organisationnels, l’orientation de l’organisation est restée inflexible et basée sur les mêmes principes idéologiques et politiques. Cette orientation est facilement repérable dans les documents de l’organisation. Certains affirment qu’en dernière analyse, elle exprime d’une manière originale la réaction du peuple face aux mesures inhumaines imposées par le gouvernement et la Troïka. D’autres se déclarent stupéfaits des performances médiatiques de l’organisation quand, par exemple, elle organise des distributions des vivres ou des banques du sang « pour les Grecs d’abord ». Notre point de départ est tout à fait différent. Nous considérons que la transformation en parti politique bienséant d’un groupe nazi relève d’un grand scandale politique. Si nous dressons ici un inventaire détaillé de l’idéologie, de l’histoire et de l’action de l’Aube Dorée, c’est pour décrypter ce qui se cache derrière les tee-shirts noirs et les gros bras des bataillons d’assaut de cette organisation. Dimitri Psarras » Contrairement aux raisonnements réducteurs et économistes, la montée électorale et organisationnelle de l’extrême-droite ne saurait-être expliquée simplement par la crise et le chômage. Il convient de prendre aussi en compte les offensives idéologiques racistes, sexistes, xénophobes, nationalistes, anti-démocratiques qui plongent leurs racines dans l’histoire, la structuration sociale et les imaginaires de toutes ou certaines couches de la population. Offensives qui n’interviennent pas en rupture radicale avec un monde antérieurement harmonieux, (le passé réécrit par les « vainqueurs », la négation institutionnelle des forfaitures ou des crimes, les inégalités sous-estimées, niées ou valorisées, la négation des dominations et de l’exploitation qui structurent les rapports sociaux et hiérarchisent les individu-e-s et les groupes sociaux, etc.). Sans oublier les liens ou les porosités, avec certains secteurs de l’appareil d’État, dont la police, l’armée, et les bandes armées… C’est en détaillant et en analysant les écrits, les actions de celles et ceux (surtout ceux) qui se réclame de l’autoritarisme, de la préférence nationale, de la suprématie raciale ou plus ouvertement du fascisme ou du nazisme, que l’on peut percevoir les continuités et les ruptures, les bifurcations qui rendent plausibles non seulement des actes de violence, leurs revendications, mais aussi les pogroms, préludes aux tentatives d’accession au pouvoir, par les urnes ou non. Pourquoi certains discours et certaines actions s’appuyant sur la stigmatisation d’autres populations, pourquoi des propos de haine ou des actes de violence entraînent, dans leurs négations ou dans leurs soutiens, certain-e-s à se tourner vers les groupes d’extrême-droite ? Qu’est ce qui fait que des alternatives autoritaires, fascisantes, néo-nazies apparaissent comme un « moindre mal », une « solution » pour des individu-e-s ? Pourquoi certain-e-s adhèrent à la chasse aux « métèques », « youpins », « crouilles », « pédés », etc. ? Comment des groupes se construisent, en lien et en rupture, avec les institutions étatiques, les politiques publiques menées, les autres partis politiques de droite ? Ces questions ne sont pas seulement du domaine de la recherche sociale, elles impliquent des débats et des réponses politiques. Dimitris Psarras, dans sa préface à l’édition française, parle, entre autres, de la réception du livre en Grèce, des charges criminelles qui pèsent aujourd’hui sur les dirigeants d’Aube Dorée. Il souligne aussi les attaques ouvertes menées contre les forces de gauche, la mise en avant de la « théorie » des deux extrêmes par la coalition gouvernementale, assimilant « la violence criminelle de l’organisation nazie aux mobilisations populaires radicales contre la politique d’austérité, afin de placer dans son collimateur le parti d’opposition, Syriza », les modalités d’intervention de l’organisation nazie et sa défense des dominants dont les armateurs grecs, ou les relations entre la Nouvelle Démocratie et Aube Dorée. « Une chose est certaine : nous ne pouvons pas attendre que ce phénomène soit voué à s’éliminer de lui-même. Le chemin sera long et difficile pour que les forces de la gauche et de la solidarité l’emportent. J’espère toutefois que, tout au long de ce chemin, la Grèce parviendra à jouer de nouveau un rôle : non plus en tant que laboratoire des politiques d’austérité, mais en tant que laboratoire d’éradication de la peste brune ».

Sommaire

1. Une « phalange » transformée en parti politique (Prolégomènes à un cauchemar)

2. Les premiers nostalgiques (Les néofascistes du Metapolitefsi1, 1975-1980)

3. Entre Hitler et Papadopoulos (Aube Dorée et l’organisation de jenesse d’Epen, 1981-1985)

4. De la rue à la place centrale (L’action et la propagande de la ligue populaire, 1987-1997) 5. L’attaque du chef de la phalange (Le crime élucidé)

6. Une armée bleue, nuance noire (Le premier travestissement)

7. Faire alliance avec soi-même (Le deuxième travestissement)

8. Les actions invisibles sur le banc des accusés (Aube Dorée face à la justice)

9. Affinités électives (Les rapports entre Aube Dorée et la police)

10. Le charme discret du nazisme (Les médias et Aube Dorée)

11. Croix gammée et croix orthodoxe (Avec la bénédiction de l’Église)

12. Le nazisme persistant (Une idéologie inaliénable)

13. Un cache-sexe à croix gammée (Symboles et mots d’ordre)

14. Canailles, traîtres et collègues (Le parcours parlementaire d’une formation antiparlementaire)

15. Vainqueurs contre tous (Un écho grandissant, 2012-2012)

16. Pogroms et lynchages (L’action post-électorale de l’organisation)

17. L’embarras de la démocratie (Que faire et ne pas faire?)

18. « No Pasaran » ou « Pasaran » (Péroraison autour d’un cauchemar)

Lire des extraits de textes de nazis est toujours éprouvant. Cette haine étalée et revendiquée semble toujours plus écœurante que les haines quotidiennes distillées par des partis plus « démocratiques ». Le niveau de violence verbale, les violences physiques associées ne sont cependant pas comparables à celles, intrinsèques, du fonctionnement du monde capitaliste. Elles redoublent celles-ci et forment un nuage épais qui assombrit l’horizon et rend peu pensable l’émancipation. Dimitris Psarras restitue bien ces dimensions. L’auteur montre le résistible ancrage de cette extrême droite, le « grand scandale politique » que représente « la transformation en parti politique bienséant d’un groupe nazi, ayant fait l’objet de plusieurs décisions de justice irrévocables à la suite d’agressions visant l’« ennemi intérieur » ». L’auteur revient sur la période de sortie de la dictature, les non-poursuites judiciaires, les proximités idéologiques de certains, les liens maintenus… Il analyse le vocabulaire et la propagande revendiquée comme « nationale-socialiste » et détaille les évolutions et les actions menées par les groupes d’extrême-droites. Dimitris Psarras souligne le positionnement ultra-nationaliste de la plupart des partis lors de l’explosion de la Yougoslavie et des guerres qui s’en sont suivies. Positionnement sur la guerre et guerre à « l’ennemi-intérieur» à commencer par les populations roms. L’auteur parle de pogroms, de la banalisation des agressions xénophobes et racistes, du rejet des « albanais ». L’auteur analyse en détail les alliances nouées, le négationnisme revendiqué, « la négation de leurs propres crimes va de pair avec la négation de ceux commis par leur modèle idéologique, le national-socialisme allemand », les rapports particuliers entre Aube Dorée avec la police, la sous-culture masculiniste, la glorification de la suprématie physique ou la sacralisation de la violence, les collaborations d’officiers et de hauts responsables de la police avec Aube Dorée, le rôle des médias, les relations avec les courants radicaux de l’église orthodoxe dans un « pays qui n’a pas connu de séparation entre l’Église et l’État », la place du national-socialisme ou la substitution du terme « nationalisme » au trop sulfureux « national-socialisme », la reconstruction sur-valorisante de la Grèce antique… Un chapitre est consacré aux symboles et mots d’ordre, croix gammée, couleurs, crochet du loup (Wolfsangel), croix celtique, salut, vêtements, devise, préférence nationale, etc. Je souligne l’intérêt des chapitres sur les années 1994-2002 et 2010-2012, les politiques gouvernementales contre l’immigration, le rôle des médias, la soit- disant « action-sociale » du nazisme, les bons rapports entre la droite et l’extrême droite, les liens d’Aube Dorée avec le club des grands industriels, les pogroms et les lynchages, les « sanctions collectives » infligées aux étranger-es… Dimitris Psarras interroge « Comment l’ordre démocratique peut-il faire face à la montée du nazisme ? ». Il souligne que la mise en évidence du vrai visage d’Aube Dorée « n’a pas suscité les réactions de répugnance attendues ». Si l’auteur utilise le terme « forces républicaines bienséantes », il aurait pu aussi parler d’ordre démocratique bienséant, pour en souligner le caractère limité, excluant et hiérarchisant… Les alliances gouvernementales, quelle qu’en soit la configuration, se soumettent « à une condition sine qua non : la stricte application des mesures d’austérité draconienne du mémorandum », à l’accentuation des politiques d’austérité et de privatisation imposées, entre autres, par ceux qui dirigent l’Europe. Et c’est sur ce terrain qu’il faut construire des réponses crédibles en adoptant « un projet social de défense intransigeante des droits politiques, sociaux et citoyens, ainsi que de la démocratie et de la justice sociale » Pour en revenir aux questions posées avant d’évoquer certains éléments du livre, restent celles posées globalement à la gauche d’émancipation en Europe, ses silences, ses combats non menés, ses difficiles retours sur les crimes staliniens et le socialisme réellement existant, ses faibles préoccupations internationalistes, ses valorisations d’un faux universalisme, ses clivages anticipés sur des hypothétiques futurs, son refus de prioriser l’unité pour agir, etc. Un livre à faire connaître. En absence d’une lutte intransigeante contre la peste brune, et de construction d’une nouvelle hégémonie émancipatrice, le cauchemar grec pourrait devenir le cauchemar d’autres populations en Europe.

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