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LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Publié le par Patrick Kaczmarek

Saint-Ouen, le 18 septembre 2013

 

Objet : lettre ouverte pour un cessez-le-feu en Syrie à l’occasion de la Journée internationale de la Paix

 

Monsieur le Président,

 

Vous avez souligné le rôle de la France dans la crise syrienne en affirmant que la pression exercée a permis un accord qui est une première étape.

 

Le Mouvement de la Paix considère que la situation est à un point de tension inacceptable. Le rôle de l'ONU est bafoué dans cette crise qui ne se résoudra pas sans un accord politique sur place comme vous en convenez. Ce qui se joue dans ce moment particulier c'est la capacité de se référer au droit international. Ce chemin est le seul qui puisse permettre d'assurer la sécurité globale, déterminante pour les populations, et le renforcement des coopérations multilatérales, essentielles au regard des enjeux sociaux et environnementaux.

 

Le Mouvement de la Paix demande à l'État français de mettre en œuvre sa capacité à convaincre pour que la culture de la Paix et de la non-violence soit le cadre de la sortie de crise.

 

Conformément à la résolution 55/282 du 7 septembre 2001, le Mouvement de la Paix demande que le 21 septembre, Journée internationale de la Paix, soit une journée de cessez-le-feu, ouvrant l'espoir d’une amélioration rapide de la situation des populations, victimes de violence armée et qu’en cette occasion, le message du Secrétaire général de l'ONU en faveur d'une éducation pour la Paix, soit entendue.

 

Il n'est d'autre issue que la re-légitimation de l'ONU après les soubresauts que l'humanité vient de vivre. Dans ce sens, l'implication totale de la France serait honorable et en cohérence avec son histoire et son statut de pays hôte de l'Unesco.

 

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

 

Guillaume Du Souich
Co-Président du Mouvement de la Paix

Message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale de la Paix : « La Journée internationale de la Paix est un moment de réflexion – une journée au cours de laquelle nous réaffirmons notre conviction en la non-violence et appelons à un cessez-le-feu dans le monde entier.  Nous demandons à tout le monde d’observer une minute de silence, à midi (heure locale), en l’honneur de toutes les personnes qui ont perdu la vie pendant les conflits et des survivants qui vivent chaque jour le traumatisme et dans la douleur… »

Publié dans POLITIQUE

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Hommage à Albert Jacquard, grand défenseur des humbles et de la paix

Publié le par Patrick Kaczmarek

Albert Jacquard était par sa formation un scientifique mais il gardait en permanence à l’esprit que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Le souvenir que nous garderons de lui, c’est qu’il était un être Humain au sens le plus noble du terme, que toutes les causes qui allaient au secours de l’humanité trouvaient un écho en lui. On l’a toujours vu au premier rang des luttes pour les sans-papiers, les sans-logis, le désarmement nucléaire et la paix. L’Appel des Cent pour la Paix et le Mouvement de la Paix l’ont toujours eu à leurs côtés. Il avait accepté d’être le parrain de la Journée internationale de la Paix en 2008 et nous avait adressé ces quelques mots :

 « La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. La paix est la présence d’une dynamique de construction de l’Humanité. Telle est la spécificité de notre espèce : nous avons en charge notre devenir. Nous ne sommes qu’au début de l’aventure, il est temps de choisir : la lutte contre tous ou la coopération avec tous. »

Dans chacune de nos actions, dans chacune de nos initiatives, il nous accompagnera désormais et nous aurons à l’esprit cette pensée qui était sa manière de voir sa vie, de voir notre vie :

« Mieux vaut une réussite solidaire qu’un exploit solitaire »

 

 

Le Mouvement de la Paix

Saint-Ouen, le 13 septembre 2013 

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Vingt ans après Oslo, l’UE se dérobe

Publié le par Patrick Kaczmarek

Le 13 septembre 1993, les représentants de l'Organisation de Libération de la Palestine et le gouvernement israélien signaient à Washington les accords d'Oslo. Vingt ans plus tard, la Palestine vit toujours sous occupation. L’UE, après s’être engagée contre les colonies israéliennes, revient maintenant sur ses positions.

 

Paris le 13/09/2013

 

Après avoir fait un premier pas encourageant en publiant en juillet 2013 une réglementation excluant l’attribution de subventions, ou de prix ou instruments financiers aux colonies israéliennes, les récentes déclarations de Mme Ashton et M. Fabius font craindre que l’UE ne se contente d’une application partielle ou aménagée des lois européennes avec l’Etat israélien.

 

Sont en jeu le soutien financier de l'UE à des projets israéliens, et les conditions à remplir par tout nouvel accord, dont, dans l'immédiat, la participation de l’Etat israélien à  « Horizon 2020 », le huitième programme cadre de l'Union européenne pour la période 2014-2020. Israël est le seul pays non européen y participant. Les négociations avec Israël en septembre 2013 sur la délimitation territoriale de ce programme sont la première occasion importante d’appliquer les engagements pris par l’Union européenne.

 

Si elle est confirmée, cette rétractation de l’UE, au moment symbolique des 20 ans des accords d’Oslo, et alors que la Palestine vit toujours sous occupation militaire, réduirait à néant les efforts de la diplomatie européenne et la crédibilité de l’UE sur le terrain. Le signal envoyé serait extrêmement préoccupant : même si des engagements clairs et contraignants sont pris par l’UE, ceux-ci seront aménagés pour ne pas froisser le « partenaire israélien ». Depuis 1993, la population de colons est passée de 268 756 à 520 000 en 2013. Près de 250 colonies ont été construites depuis 1967, avec ou sans autorisation du gouvernement israélien.

 

Il est temps de sortir de ce cercle vicieux. Il est temps de mettre un terme à l’impunité d’Israël et d’imposer le droit. Pour rendre la paix possible, il faut conditionner la mise en œuvre de la politique européenne vis-à-vis d’Israël au respect par l’Etat israélien de ses engagements internationaux et du droit international. Il ne suffit pas de se déclarer « disponible » pour aider « le moment venu » l’Etat palestinien indépendant. Il faut faire advenir ce moment.

 

Voici près de vingt ans, peu après la signature des accords, plusieurs associations, en France, décidaient de créer la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine pour, dans la diversité de leurs vocations, de leurs histoires, de leurs cultures, de leurs pratiques, revendiquer une démarche commune : l’application du droit international, la défense des droits de l’Homme et l’aide au développement de l’Etat palestinien à créer.

 

C’est cette mobilisation pour l’application du droit comme outil pour une solution politique que la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine entend continuer aujourd’hui, avec le soutien des citoyens français.

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Et le blocus de Gaza ?

Publié le par Patrick Kaczmarek

Ziad Medoukh

  

Depuis un mois, plus d’un million sept cent mille Palestiniens de Gaza sont en train de vivre une situation catastrophique à tous les niveaux : le blocus s’accroît, la fermeture des frontières et des tunnels isolent de plus en plus cette région dont les habitants supportent les longues coupures d’électricité, la pénurie des carburants, la disparition de beaucoup de produits alimentaires et des médicaments.

Tous les secteurs vitaux sont touchés par cette situation qui ne cesse de s’aggraver alors que la communauté internationale se tait et  ferme les yeux devant la mort lente de beaucoup de Gazaouis et devant leur souffrance quotidienne.

Cette situation nous rappelle celle vécue en 2007 par la population civile au début du blocus israélien 

Les foyers de Gaza ont  droit à seulement  6 heures d’électricité par jour à cause du manque de fioul pour la seule centrale électrique de Gaza qui fonctionne actuellement à 20% des sa capacité. Les  coupures paralysent la vie dans les maisons, les hôpitaux, les usines, les écoles, les ministères et dans tous les secteurs.

Beaucoup de produits alimentaires commencent à  disparaître des rayons des magasins et quand on les trouve,  c’est à  des prix exorbitants

Les stations d’essence sont presque fermées, et tous les jours des centaines de voitures attendent des heures et des heures pour recevoir les dix litres de carburant auxquels les habitants ont droit. Tous les moyens de transports sont touchés.

Les organisations internationales diminuent leurs aides à la population, faute de financement international. Conséquence : le taux de pauvreté dépasse 40% de cette population !

Des  dizaines d’usines  ne trouvant pas les matières premières pour leur fonctionnement, ferment

Tous les projets de construction sont arrêtés. Résultats : des milliers de chômeurs. Le taux de chômage a dépassé ce mois 75% de la population.

Depuis deux mois, aucune délégation étrangère et aucun convoi n’ont  pu entrer dans cette région de plus en plus isolée et abandonnée à son sort.

Ces  exemples  montrent que dans cette prison à ciel ouvert, la situation est près de devenir une véritable  crise humanitaire.

Face à cette situation très grave, on peut constater actuellement trois aspects positifs :

Les écoles et les universités continuent de fonctionner et les élèves, les étudiants et leurs professeurs s’y rendent souvent à pied afin de préserver  l’année scolaire.

Les Gazouis continuent leur vie et ils s’adaptent à ce contexte avec une volonté  et une patience remarquables, ils résistent et persistent, ils vivent dignes sur leur terre.

Les Gazaouis espèrent un changement et une amélioration de cette situation, ils vivent avec l’espoir et seulement l’espoir.

Ce blocus israélien contre la population civile qui dure depuis 7 ans,  qui tue la vie, qui tue les enfants de Gaza, est une honte pour l’humanité

Les Palestiniens de Gaza sont en train de donner un exemple de courage et de détermination à cette communauté internationale officielle hypocrite  cette communauté qui prétend défendre la loi internationale ailleurs, alors qu’elle ne bouge néanmoins pas pour dénoncer la politique israélienne de punition collective contre la population de Gaza.

Les Palestiniens de Gaza ont une seule question à poser à cette communauté, à ses différentes instances, et à ce monde dit libre qui disent défendre les droits de l’homme et assurer la paix dans le monde : et le blocus de Gaza ?

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Communiqué Intervention en Syrie

Publié le par Patrick Kaczmarek

Pour un renforcement de la société civile en Syrie.
Non à l’ingérence militaire !


Depuis le début de la révolte légitime du peuple syrien contre son dictateur, des massacres ont été perpétrés en Syrie par le gouvernement. Malgré une répression très dure, la rébellion est restée non-violente dans une première phase. Puis l'enlisement de la situation par l'entêtement criminel du régime a eu pour conséquence de déchaîner la violence d'une véritable guerre qui a durement frappé la population civile.
Des enjeux militaires, politiques, stratégiques et économiques enflamment cette région du monde déjà très fragilisée.

Tous les médias sont aujourd’hui focalisés sur l'éventuelle intervention militaire ciblée des États-Unis et de la France à l'encontre du régime de Bachar al-Assad et qui viserait à le "punir" de l'utilisation d'armes chimiques.

Dans la logique implacable et dominante d’une culture de violence, la société occidentale serait condamnée au dilemme suivant : soit intervenir militairement soit ne rien faire et se désintéresser de la tragédie que vit le peuple syrien.
Or ajouter de la guerre à la guerre n’apporte ni la Paix ni la protection des civils et reporte d’autant la solution politique indispensable.

En revanche, le MAN tient à rappeler sa connaissance d’expériences concluantes d’interventions civiles de paix dans des conflits, notamment dans les Balkans. En effet, l’ingérence civile, et non pas militaire, est porteuse d’une Paix juste et durable, compatible avec une société fondée sur le droit et la démocratie.
Dès les prémices du conflit, l’envoi de civils internationaux aux côtés de la société civile favorise une baisse réelle des tensions et permet de trouver des solutions politiques.

Le MAN continue ainsi à privilégier le travail de prévention des conflits et soutien à la société civile par le développement de l’Intervention Civile de Paix, afin d’éviter d’énormes catastrophes humaines comme en Syrie.

Enfin, le MAN tient à souligner l’indispensable rôle des institutions internationales dans le maintien et la restauration de la paix.
Il souhaite une réelle évolution dans le fonctionnement de l'ONU, ainsi que dans ses moyens d’actions, notamment civils, afin de privilégier des solutions politiques.

Pour le MAN

Ariane FABIEN
Porte-parole
01 45 44 48 25

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Droit d’asile : Autre temps, autres mœurs

Publié le par Patrick Kaczmarek

Action collective

Chili 1973 - Syrie 2013

 

Autre temps, autres mœurs ....

Quand, le 11 septembre 1973, le coup d’État militaire de Pinochet abat le gouvernement légitime au Chili, la société civile française s’émeut et se mobilise. Près de 500 000 Chiliens vont devoir s’enfuir. Les formations de la gauche française, y compris le Parti socialiste [1], demandent au président Pompidou de déclarer que la France est prête à offrir l’asile aux exilés chiliens. Dix à quinze mille y trouveront refuge. Avec la Suède, la France devient le principal pays d’accueil en Europe et reconnaît avec largesse le statut de réfugié à celles et à ceux qui le sollicitent.

Quarante ans plus tard, la Syrie est à feu et à sang. Plus de deux millions de Syriens ont fui la guerre civile. Tandis que la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Irak sont débordés par les arrivées de réfugiés, l’Europe, à l’exception de la Suède, leur oppose contingentement de visas et barrières policières. Et la France, dont le ministre des affaires étrangères déclare que « la tragédie syrienne peut être la pire catastrophe humanitaire de ce début de siècle » et dont le Président est prêt à s’engager dans une intervention militaire pour punir un régime qui s’attaque aux populations civiles de son pays, justifie cette politique par la saturation de son dispositif d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile...

On s’emploie donc, en amont, à éviter les demandes d’asile. C’est dans ce but que le gouvernement a décidé en janvier 2013, en toute discrétion, d’imposer un « visa de transit aéroportuaire » (« VTA ») à celles et à ceux qui, devant transiter par un aéroport français, profiteraient d’une escale pour solliciter une protection. [2]

Quant à la pincée de Syriens qui ont réussi à entrer dans l’Hexagone, si une partie obtient assez aisément le statut de réfugié ou la protection subsidiaire, beaucoup, empêchés de s’adresser à la France par le Règlement « Dublin 2 », finissent par gagner Calais d’où ils espèrent fuir un pays qui déploie son hostilité à leur encontre. Ils sont pourchassés jusque dans les squats insalubres où on les a condamnés à se cacher.

Autre temps, autres mœurs. Quarante ans après avoir apporté un soutien actif aux Chiliens, la société civile française n’a pas bronché.

L’Union européenne non plus, qui ne songe même pas à offrir aux Syriens la « protection temporaire » prévue en cas d’afflux massif du fait d’un conflit. Pas plus qu’elle ne l’avait offerte aux Afghans, aux Irakiens et aux milliers d’Africains qui, en 2011, ont dû fuir la Libye.

À quarante ans de distance, la France et l’Europe sont devenues incapables de la moindre solidarité à l’égard des femmes et des hommes victimes de persécutions. L’« espace de liberté, de sécurité et de justice », censé caractériser l’Europe, et dans lequel l’asile serait un élément central, n’existe que pour la galerie. A la différence des Chiliens d’antan, les Syriens d’aujourd’hui peuvent mourir à ses portes sans qu’elle s’en soucie.

Le 11 septembre 2013

 

Organisations signataires :
Association d’accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France (APSR), Centre Primo Levi, Collectif de soutien des exilés (Paris), Dom’Asile, Fédération des associations de solidarité avec les travailleur·e·s immigré·e·s (Fasti), Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s (Gisti), Jesuit Refugee Service (JRS) France, la Cimade, la Marmite aux idées (Calais), Ligue des droits de l’homme, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Réseau Éducation sans frontières (RESF), Terre d’errance Norrent-Fontes (Pas-de-Calais)

Publié dans POLITIQUE

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Communiqué de Presse 11 sept 1973

Publié le par Patrick Kaczmarek

 Chili 11 septembre 1973. Le coup d’Etat du général Pinochet chasse le gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende en bombardant le palais présidentiel ; assassinats, tortures, disparitions, deviennent alors le quotidien des résistants qui s’élèvent contre la dictature militaire s’installant au pouvoir dans l’objectif de transformer le pays en laboratoire de l’ultralibéralisme.

40 ans après, les associations France Amérique Latine, AEXPPCH et « Donde estan ? » organise à Paris, le 11 septembre prochain, un grand rassemblement en hommage à la mort du président Allende mais aussi en mémoire des victimes de la répression.

Les luttes d’hier feront aussi écho aux résistances survenues ces dernières années au Chili  : au combat des étudiants pour réclamer une éducation gratuite et la fin de la constitution Pinochet toujours en vigueur, à celui des Chiliens de toute condition pour préserver un environnement pillé et mis à sac par les transnationales alliées aux patronat national (villageois de Caimanes habitants d’Aysen, riverains de Pascual Lama, etc…) contre de méga projets miniers et hydroélectriques, sans oublier le peuple mapuche qui se bat depuis plus de 500 ans pour la reconnaissance de son territoire...

Cet hommage aura lieu le 11 septembre prochain, place Salvador Allende à Paris (7ème arrdt), à 18h30.

La parole sera donnée aux associations de solidarité françaises ainsi qu’à des personnalités politiques.

(Dans l’ordre des passages) :

Sophie Thonon :                  Présidente de France Amérique Latine

Anne Hidalgo :                   Mairie de Paris

Roberto Romero :               Vice-président de la Région Ile de France*

Geneviève Jacques :            Présidente de La Cimade

Marie Christine Naillod :    Section internationale de la CGT

Isabelle de Almeida :          Représentante du PCF

Noel Mamère :                    Représentant de EELV

Martine Billard :                 Co-présidente du Parti de Gauche

Zelmar Michelini :              Président de l’association « Donde Estan ? »

 : Ricardo Parvex :              Président des Ex Prisonniers Politiques Chiliens (ExPPch)

 

                                                                              

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Il faut promouvoir une solution politique en Syrie

Publié le par Patrick Kaczmarek

9 septembre

par Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS 
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Depuis le 21 août les déclarations et les postures guerrières se font de plus en plus fortes à l’encontre du régime syrien et de probables frappes militaires, qualifiées de punitives, vont être mises en œuvre par quelques Etats dans les jours à venir, sans que l’on sache très précisément leurs objectifs et sans que l’on mesure les conséquences potentiellement désastreuses qu’elles pourraient entraîner. Face aux raisonnements binaires et le recours aux arguments moraux, il est nécessaire de rétablir le débat politique, d’affronter la complexité de la situation et de trouver une solution qui permette de sortir de cette terrible crise.


Au nom du concept de crime contre l’humanité, l’argument de l’emploi de l’arme chimique est utilisé par les partisans d’une intervention militaire pour justifier leur position. Plusieurs questions se posent immédiatement. La première réside dans le fait que la définition de crime contre l’humanité contenue dans le statut de Rome créant la Cour pénale internationale ne mentionne pas en tant que telle l’utilisation des armes chimiques. En d’autres termes, cela signifie que l’utilisation de l’argument de crime contre l’humanité ne procède pas, dans ce cas, du droit international mais d’une appréciation morale. Or si la morale remplace le droit, le danger est immense pour l’avenir des relations internationales. En effet, la morale, dont découlent les sanctions, est toujours à l’appréciation des plus forts. Or, ni la France ni aucun autre Etat ne peuvent inventer un droit à leur mesure en marge du droit international reconnu par l’ONU. 
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François Hollande dans son discours aux ambassadeurs français, le 27 août, a expliqué que le droit international doit évoluer avec son temps et a évoqué le principe de « la responsabilité de protéger » les populations civiles, voté par l’ONU en 2005. Le problème, c’est que l’unique fois où il y a eu recours au principe de responsabilité de protéger, le 17 mars 2011, lors du votre de la résolution 1973 sur la Libye adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU grâce à l’abstention de la Russie et de la Chine, l’application de cette résolution a été totalement dévoyée, dans l’esprit et dans la lettre, dans le sens d’un changement de régime. Ainsi, par l’interprétation arbitraire qui a été faite de la résolution 1973, la notion de responsabilité de protéger a été passablement discréditée non seulement aux yeux de la Russie et de la Chine, mais aussi de la plupart des pays émergents qui refusent la notion d’ingérence, qui n’existe pas dans la Charte de l’ONU. En outre, le document final adopté par le Sommet mondial de 2005 - réunion plénière de haut niveau de la 60e session de l’Assemblée générale de l’ONU réunissant quelque 150 chefs d’Etat et de gouvernement -, dans ses paragraphes 138 et 139, précise que la mise en œuvre de la responsabilité de protéger incombe d’abord à chaque Etat et à défaut à l’ONU « par une action collective résolue par l’entremise du Conseil de Sécurité conformément à la Charte ». Voici ce que le droit international explique. Comment la France ou tout autre Etat interventionniste pourrait passer outre ? L’ONU, en dépit de toutes ses errances, reste le seul dépositaire de la légalité internationale et nul ne doit pouvoir s’en affranchir. Les partisans de l’intervention militaire expliquent que, devant la gravité de la situation, il faut une réaction forte tout en précisant que cette dernière ne se fixera pas le but d’abattre le régime de Bachar Al-Assad. Quel sera alors l’objectif politique ? S’agit-il d’une posture, d’un roulement d’épaules, d’un froncement de sourcils pour faire peur ou punir le dictateur ? Dans cette hypothèse, on peut douter que ce soit la bonne méthode et que le régime syrien soit véritablement impressionné. Quels seront les objectifs militaires ? Usines de production d’armes chimiques ? Absurde. Postes de commandement ? Absurde. Ces derniers sont en en zone urbaine et nul ne peut imaginer que des frappes ciblent les villes. Terrains d’aviation ? Peut-être, mais l’essentiel des combats sont terrestres, en milieu urbain, et, d’un strict point de vue militaire, de telles frappes ne modifieront pas les rapports de force entre les camps qui s’affrontent. 
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A contrario, des frappes ajouteront du chaos au chaos dans une société déjà en large partie disloquée par la guerre civile et renforceront les groupes djihadistes les plus radicaux dont plusieurs sont affiliés à Al Qaïda. L’opposition démocratique syrienne, désormais probablement minoritaire, sera encore plus marginalisée. Le chaos risque aussi de s’étendre au niveau régional. Tout d’abord, la menace de frappe a d’ores et déjà amplifié le flot de réfugiés dans les pays voisins avec les risques de déstabilisation sociale que cela induit en leur sein. Ensuite, le pouvoir syrien n’hésitera pas à multiplier les actes de déstabilisation dans ces mêmes pays et le chaos syrien pourrait alors s’étendre au Liban, à la Jordanie, à la Turquie. Enfin, au sein des peuples du Moyen-Orient, de tels bombardements ne manqueront pas d’alimenter la théorie du choc des civilisations et de renforcer ses partisans. Une fois de plus, des nations occidentales s’arrogent le droit de décider et d’imposer leur ordre. C’est ainsi que seront perçus les bombardements, dans un moment de fortes polarisations régionales. La préoccupante dégradation de la situation irakienne ces deniers mois devrait inciter les bellicistes à plus de retenue… 
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L’occidentalisme essaie de se camoufler en droit-de-l’hommisme, mais il ignore les réalités, les rapports de force et les choix politiques. Pour répondre aux va-t-en guerre qui accusent promptement ceux qui exercent leur capacité de réflexion critique, de passivité et de détourner pudiquement le regard des massacres qui sont perpétrés en Syrie, la réponse est claire : l’alternative n’est pas entre des frappes militaires et ne rien faire. L’alternative c’est entre l’option militaire et la solution politique. Or, il n’y a rien de plus urgent aujourd’hui que de mobiliser toutes les énergies pour mettre en œuvre une solution politique. La conférence Genève II, ou toute autre conférence du même type, doit être remise à l’ordre du jour et réunie dans les meilleurs délais. Il faut faire pression pour que l’opposition syrienne désigne ses représentants à cette conférence et n’exige plus le départ de Bachar Al-Assad comme préalable. C’est dans le cadre de l’ONU qu’il est possible d’obtenir une trêve dans la guerre civile et de parvenir à un compromis qui préserve autant que possible l’unité de la Syrie. La dislocation de ce pays serait, comme nous le voyons aujourd’hui en Irak, la source d’une déstabilisation encore plus dangereuse pour l’équilibre régional. Il ne faut pas céder à l’illusion qu’il est possible de renverser militairement Bachar Al-Assad et chacun peut aisément comprendre que des frappes militaires risquent non de faciliter un compromis mais de rendre beaucoup plus difficile la négociation nécessaire. Dans la terrible guerre civile qui ensanglante la Syrie la responsabilité n’est pas de prendre partie pour un camp ou un autre mais de tout faire pour parvenir à une solution de transition négociée pour, qu’à terme, les citoyens de ce pays puissent se doter du régime qu’ils auront eux-mêmes choisi. 
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C’est en refusant toute forme d’unilatéralisme occidentaliste et en se fixant des objectifs politiques que la crise syrienne peut encore être résolue. Il faut pour cela comprendre que la véritable solution politique ne peut se trouver sans l’active participation de Moscou, et, dans une moindre mesure, probablement celle de Téhéran

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Non à une intervention armée en Syrie

Publié le par Patrick Kaczmarek

Une réponse intéressante mais si elle ne manque pas de sel de la part d'un proche de Nicolas Sarkozy.

  

Chère Madame,

 Vous avez bien voulu me faire part de votre opposition totale à une intervention militaire de la France en Syrie, que François HOLLANDE souhaite mener à bien malgré les réticences très fortes des Français et de nos partenaires européens.

Permettez-moi tout d’abord de souligner que vous avez été extrêmement nombreux, au cours de ces derniers jours, à me faire part de votre opposition à une intervention armée de la France en Syrie. A l’inverse, aucune correspondance favorable à cette intervention ne m’a été adressée.

C’est donc avec une attention toute particulière que j’ai pris connaissance de la correspondance dont vous avez bien voulu me rendre destinataire.

Comme vous le soulignez à très juste titre dans votre correspondance, les conditions dans lesquelles François HOLLANDE et le gouvernement français entendent gérer la crise syrienne sont totalement irresponsables et inacceptables.

Lors du débat – sans vote, malgré les demandes répétées des parlementaires de l’opposition comme de la majorité – qui s’est tenu à l’Assemblée nationale mercredi dernier, le Président du Groupe UMP a fait part du triple refus des parlementaires UMP sur cette question : refus d’une intervention armée sans preuve irréfutable de l’utilisation par Bachar el-Assad d’armes chimiques contre son peuple ; refus d’une intervention isolée de la France, c’est-à-dire sans allié ; refus d’une intervention de la France sans mandat des Nations Unies.

Or, à l’heure actuelle, force est de constater que la France ne dispose d’aucune preuve formelle attestant de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. Si l’utilisation de telles armes est certes attestée, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qui est l’auteur de ces massacres. Une mission mandatée sur place par les Nations Unies doit permettre de lever cette incertitude. Toute intervention avant les conclusions de cette mission serait infondée.

 Par ailleurs, la France ne dispose actuellement d’aucun allié, ni américain, ni européen, ni d’aucun mandat de l’ONU lui permettant d’intervenir dans le respect du droit international. Toute intervention en dehors de ce cadre serait une violation grave et sans précédent par la France du droit international. 

Ainsi, comme vous l’appelez de vos vœux dans votre correspondance, je partage l’idée que seule une solution politique négociée pourra permettre à la Syrie de sortir de cette crise.

Il est donc urgent que la diplomatie française prenne le pas sur les velléités va-t’en guerre de François HOLLANDE et du Ministre des Affaires étrangères afin de favoriser, en concertation avec nos alliés et en accord avec le droit international, une solution négociée à ce conflit. La stabilité et la sécurité de cette région, mais également notre propre sécurité, en dépendent.

En tant que Député membre de la Commission des Affaires étrangères, je serai particulièrement attentif aux décisions qui seront prises sur ce dossier – et notamment au projet de résolution française auprès du Conseil de sécurité de l'ONU, qui arrive malheureusement à contretemps – et ne manquerai pas, si François HOLLANDE et le gouvernement s’obstinaient dans cette voie, à exiger un vote du parlement sur la question.

Tels sont les éléments que je tenais à porter à votre connaissance.

Demeurant à votre disposition,

Je vous prie de croire, Chère Madame, en l’assurance de ma parfaite considération.

Patrick BALKANY

Député des Hauts-de-Seine

Maire de Levallois

 

Le 02/09/2013

 

Madame,

Monsieur,

Une session extraordinaire du Parlement est convoquée ce mercredi 4 septembre, au sujet d'une intervention armée de la France en Syrie.

Je tiens à vous faire connaître mon désaccord total avec une intervention militaire de la France annoncée par le Président de la République. Je considère que cette intervention n'est aucunement du ressort de notre pays, seul Etat Européen à vouloir s'y engager et nullement mandaté pour cela par la communauté internationale. Cette perspective est aujourd'hui refusée par une grande majorité de nos concitoyens.

Une action armée est totalement inapte à résoudre le conflit en cours, ne pouvant qu'apporter de la violence à la violence et faire subir au peuple syrien des horreurs supplémentaires. De plus, elle contient un risque conséquent d'embrasement de toute la région du Proche et Moyen-Orient.

 Sachez que je condamne fermement l'utilisation contre la population syrienne d'armes chimiques qui a ajouté des centaines de morts à un bilan déjà effroyable : plus de 100 000 morts, 4 millions de déplacés à l'intérieur qui ont tout perdu, 1 500 000 exilés et un pays dévasté. Toutefois, il est inconcevable et choquant qu'avant même les conclusions de la mission des inspecteurs de l'ONU, la France envisage une intervention militaire en dehors des Nations Unies.

Le soulèvement citoyen pacifique de 2011 exigeait plus de démocratie et de progrès social en Syrie. Le régime de Bachar El Assad a répondu par une répression féroce provoquant l'escalade d'une guerre civile. Si tous les moyens politiques avaient été mis en œuvre (y compris avec la mise en place de forces de paix), sous l'égide de l'ONU, une  résolution politique du conflit était possible. Au lieu de cela, les antagonismes ont été entretenus et la militarisation soutenue, provoquant les horreurs de la guerre civile et l'exacerbation des clivages et des extrémismes.

Je refuse catégoriquement le recours à la force, qui ne fera qu'ajouter un désastre à l'horreur déjà vécue par la population syrienne. En Syrie comme ailleurs, c'est la mise en place de processus politiques de prévention et de résolution des crises qui est nécessaire, avec l'objectif de faire de la Paix le socle d'une société humaine se conformant aux engagements pris dès 1995 par la communauté internationale avec la promotion d'une culture de la paix et de la non-violence.

Je demande au gouvernement français de renoncer à l'emploi des forces armées, de faire respecter le droit international et de réactiver la mission Kofi Annan dont les deux objectifs étaient d'établir un cessez-le-feu en Syrie et d'instaurer un dialogue entre le gouvernement et l'opposition syrienne.

D'autres voies sont possibles. C'est pourquoi je demande à la France et à l'ensemble de la communauté internationale d'agir pour la reprise des accords de Genève 2 avec les moyens indispensables, un cessez-le-feu, l'interdiction du commerce des armes, l'aide aux victimes, l'organisation des secours et le recours au Tribunal pénal international pour crime contre l'humanité pour les utilisateurs d'armes chimiques, par ailleurs interdites.

C'est pourquoi, je vous demande de réclamer un vote du Parlement et de soutenir cette voie diplomatique respectueuse du droit international, afin que le gouvernement français renonce à l'emploi des forces armées au risque de nous entraîner dans une aggravation du conflit, voire une extension mondiale aux conséquences dramatiques.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Cette lettre est initiée par le Mouvement de la Paix (cf www.mvtpaix.org)

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Non à une intervention armée en Syrie

Publié le par Patrick Kaczmarek

Monsieur,
>
> J'ai bien reçu votre courriel m'informant de votre opposition à l'intervention de la France en Syrie et je vous en remercie.
>
> En mars 2011, le peuple syrien s'est insurgé contre un régime dictatorial annihilant libertés et justice. Deux ans plus tard, le conflit a connu une évolution de plus en plus macabre et atteint aujourd'hui un niveau d'horreurs indicibles.
>
> Deux ans que le peuple syrien est plongé dans la guerre civile, subissant les assauts d'un dictateur ayant provoqué en toute impunité la mort de plus de 100 000 civils, le déplacement de plus de six millions de personnes et un pays en champs de ruines.
>
> Le 21 août dernier, le conflit a atteint un point de non-retour en Syrie. L'utilisation d'armes chimiques à grande échelle dans la banlieue de Damas, largement prouvée par les services secrets français, place désormais la communauté internationale devant une double responsabilité. Il ne s'agit plus seulement de répondre à une crise humanitaire, nous devons impérativement opérer un choix moral face à ce que l'on peut désormais qualifier de « crime contre l'humanité ».
>
> Malgré les efforts diplomatiques visant à trouver une solution politique à la crise syrienne, les recours aux organisations internationales ont été plus qu'éprouvées. Le blocage imposé par la Russie et la Chine au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies à chaque dépôt de résolution a privé la communauté internationale d'une possibilité d'action marquée du sceau de la légalité onusienne.
>
> Cette inextricable situation montre par ailleurs les limites du droit de véto des cinq membres permanents dont les écologistes demandent la réforme depuis longue date. Celui-ci paralyse la voie diplomatique, nous oblige à l'impuissance et décrédibilise l'organisation internationale face à ces massacres. Cette crise montre également l'impérieuse nécessité de changements institutionnels au niveau de l'Union européenne, une fois de plus inexistante politiquement, diplomatiquement et militairement.
>
> Ainsi placés devant notre responsabilité et notre conscience, il est de notre devoir d'agir et de formaliser une riposte militaire encadrée la plus « internationalisée possible ». Réponse, qui ouvrira sans nul doute une fenêtre d'opportunité sur une solution politique.
>
> Les objections sont légitimes quant à la forme militaire de la riposte. Mais il convient de s'interroger aussi sur la poursuite de l'inaction.
>
> Ne pas répondre à une violence manifeste du droit international et des conventions de non-prolifération des armes chimiques, conduirait à la radicalisation des parties prenantes de la guerre civile et serait un blanc-seing à la poursuite du recours aux gaz en Syrie ou ailleurs.
>
> Les objectifs d'une intervention sont donc clairs et encadrés : fragiliser l'appareil répressif syrien, afin de rendre impossible tout nouvel usage d'armes chimiques. Par ailleurs, il conviendra d'envisager avec prudence et discernement le soutien apporté à une opposition que nous savons divisée et hétéroclite. D'autre part, un soutien humanitaire intensif conjugué à une politique d'asile européenne à la hauteur du nombre croissant de réfugiés doivent être entrepris le plus rapidement possible.
>
> Enfin, l'objectif ultime de cette intervention est et doit rester celui de contraindre tous les acteurs à revenir à la table des négociations. A tout moment, si une issue autre que militaire peut être sérieusement envisagée, elle devra évidemment être privilégiée.
>
> Chacune et chacun d'entre nous, députés de la République française, pouvons avoir un avis. C'est pourquoi, les écologistes réclament un vote de l'Assemblée Nationale en cas d'intervention militaire. Voilà le moyen d'apporter une réponse forte, légitime, avec le plus grand esprit de responsabilité à la tragédie de la Syrie.
>
> Veuillez recevoir, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées,
>
>
> Barbara Pompili
> Co-présidente du groupe écologiste à l'Assemblée Nationale
> Députée de la 2e circonscription de la Somme

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