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MEDECINE DU TRAVAIL ET MOUVEMENT SYNDICAL

Publié le par Patrick Kaczmarek

Réforme des services de santé au travail : la CGT et la CFDT font des propositions

 

La CFDT et la CGT ont adressé une lettre ouverte commune aux présidents des commissions des affaires sociales du Sénat et de l’Assemblée Nationale avant l’examen au Sénat, ce jeudi 27 janvier, de la proposition de loi relative à l’organisation de la médecine du travail. Ce texte reprend les dispositions figurant initialement dans la loi sur les retraites invalidées par le Conseil Constitutionnel.

Dans cette lettre, les deux confédérations dénoncent le renforcement de la gestion patronale des services de santé au travail et proposent au contraire un paritarisme strict.

Elles plaident pour la mise en place, au sein des services, d’une équipe pluridisciplinaire composée de médecins du travail et de spécialistes en santé au travail exerçant collectivement en toute indépendance.

Ces conditions sont indispensables pour que les missions des services de santé au travail définies dans la proposition de loi impulsent une véritable dynamique de progrès social. Il est encore temps d’améliorer la proposition de loi pour qu’enfin les services de santé au travail participent avec efficacité et en toute transparence à la prévention des risques professionnels au bénéfice du monde du travail.

Montreuil, le 25 janvier 2011

Publié dans SANTE

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CONNAISSEZ-VOUS L'ASSOCIATION SANTE ET MEDECINE DU TRAVAIL ?

Publié le par Patrick Kaczmarek

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LA MEDECINE DU TRAVAIL SERA-T-ELLE SACRIFIEE ?

Publié le par Patrick Kaczmarek

La médecine du travail sacrifiée sur l’autel du « dialogue social » ? Etonnante abstention des sénateurs de gauche sur la proposition de loi NC-UMP.

 

Medef et gouvernement reviennent inlassablement à la charge contre la médecine du travail.

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En 2009 et 2010, ils ont tenté de négocier un accord avec les organisations syndicales. L’action des collectifs de défense de la médecine du travail a été décisive pour qu’aucun syndicat n’accepte de cautionner leur projet de démolition.

A l’automne 2010, le gouvernement a tenté de faire passer de force son projet dans le cadre de la loi Woerth contre les retraites. Le Conseil constitutionnel a dû invalider ce « cavalier législatif » (sans rapport avec l’objet du projet de loi).

Qu’à cela ne tienne, les sénateurs « centristes » ont pris le relais en reprenant mot à mot le texte dans une proposition de loi qui a été examinée et votée en première lecture au Sénat le 27 janvier 2011.

La mobilisation pour défendre la médecine s’étend. Des meetings ont été organisés. Des articles, enfin un peu plus nombreux, ont pu être publiés dans la presse. Nous faisons partie de ceux qui ont relayé dans les entreprises les analyses des collectifs de médecin du travail (voir le dossier sur ce site).

La survie même de leur discipline est menacée. On veut éloigner de l’entreprise les médecins du travail, salariés qualifiés et protégés par leur statut, placer leur mission sous le contrôle des employeurs, diluer leurs prérogatives. Les examens médicaux systématiques des salariés sont remis en cause. Aucune mesure n’est prise pour arrêter l’extinction programmée de ses spécialistes et relancer les formations. Etc.

La proposition de loi doit passer à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines. C’est l’occasion d’intensifier et d’élargir bien davantage encore la lutte pour la défense de la médecine du travail.

Cela ne pourra se faire que dans la clarté et en allant au fond des choses.

Les sénateurs de gauche, socialistes, écologistes, même ceux de notre parti, le PCF, qui ont été pourtant en pointe dans la dénonciation du projet patronal dans la discussion de la loi Woerth, n’ont pas voté contre la proposition de loi de la droite sénatoriale. Ils se sont simplement abstenus.

Ce recul rentre dans une surprenante logique de résignation qui contraste avec la fermeté entendue dans les réunions publiques, même postérieures au vote.

Peu avant, les confédérations CGT et CFDT ont adressé une lettre aux députés insistant sur un point : la « gouvernance des services de santé au travail ». Ces organisations syndicales s’inscrivent dans la promotion « d’un dialogue social équilibré entre organisations patronales et syndicales représentatives ». La droite a saisi la balle au bond et accepté d’établir une « présidence alternée » des services de santé au travail entre représentants issus du patronat et représentants du syndicat. C’est suivant l’esprit de la lettre de la CGT et de la CFDT que les groupes de gauche se sont finalement abstenus.

Le groupement « Sauvons la médecine du travail » (SMT) montre combien cet aménagement ne change absolument rien au caractère destructeur de l’ensemble de la proposition de loi. Par ailleurs, la « présidence alternée » ne change rien au renforcement de la mainmise des employeurs sur les services.

Il serait aberrant et suicidaire de laisser détruire la médecine du travail, « seule spécialité médicale dont l’unique objet est la prévention des pathologies liées aux conditions de travail », conquête de la Libération, au nom du développement d’une logique de cogestion dans l’entreprise de la gestion des personnels et de leur santé.

Nous renvoyons en lien vers le dernier communiqué de SMT (http://www.slmt.fr/SLMT/CdP_17.html ) et ne doutons pas que leurs analyses et actions contribueront à lever les ambiguïtés, les hésitations, les tentations de repli réformistes.

Publié dans SANTE

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COMPTE RENDU DU DEBAT LA SOUFFRANCE AU TRAVAIL

Publié le par Patrick Kaczmarek

Compte rendu du débat public La Souffrance au travail 10 mai 2011

 

 

Le 10 mai pendant que certains fêtaient les 30 ans d’une élection, d’autres se réunissaient pour débattre d’un vaste sujet : la souffrance au travail et la place du travail dans notre société, quelles expressions, quelles causes, quelles solutions ? Plus de 85 personnes d’origines socioprofessionnelles très diverses sont venues débattre et témoigner autour de Jean-Claude Delgénes (directeur de Technologia, cabinet spécialisé en évaluation et en prévention des risques professionnels et de l’environnement, c’est notamment lui qui a réalisé les audits Renault et France Telecom après les vagues de suicides), Marc Dalle Fratte (médecin du travail), Dominique Holle (président des prud’hommes de Clermont-Ferrand) et Éric Corbeaux (responsable national du PCF sur cette question) : des délégués syndicaux et salariés de la poste France Telecom, Banque de France, des finances publiques… Des ouvriers, des enseignants, des membres associatifs …

Après avoir présenté et remercié les intervenants et l’assemblée, Cyril CINEUX, secrétaire départemental, a défini en introduction la « double face du travail ». En définissant le travail par son terme latin « tripalaire » (tourmenter, torturer), il met d’emblée en évidence que la souffrance et le travail sont liés depuis longtemps. Mais le travail est aussi source d’épanouissement. D’un côté servitude et souffrances, facteur d’aliénation, et de l’autre libération et réussite, support d’émancipation. Le travail n’est pas seulement un moyen de subvenir à ses besoins, c’est aussi un moyen d’exister. Aujourd’hui, malgré une amélioration des conditions de travail et une diminution du temps de travail, les indicateurs de santé au travail se dégradent et les symptômes d’un malaise au travail s’accentuent et se multiplient.

L’expression de cette souffrance au travail peut être physique (trouble musculo squelettiques), mais de plus en plus fréquemment les médecins du travail, les délégués syndicaux sont confrontés à une souffrance psychologique (dont les salariés parlent peu) : dépression, stress, mal-être, entraînant une augmentation des maladies cardio-vasculaires, et des actes pouvant aller jusqu’à la violence (verbale, matérielle ou physique) et au suicide. Ce dernier symptôme des différentes mutations du travail et de ses différents modes d’organisation, a fait la une des médias ces dernières années en livrant une photographie de l’exploitation capitaliste.

Quelles sont les causes de ces risques psycho-sociaux (dont la dénomination choisie met sur un même pied d’égalité acteurs, responsables et victimes) ?

Les modes d’organisation du travail et leurs nouveaux schémas gestionnaires guidés par la dictature du chiffre et la culture de l’urgence, font du salarié un capital à faire fructifier, une marge d’ajustement. Ces méthodes de management/gestion, cet encadrement entraînent des comportements de harcèlement pour mettre l’ensemble des salariés sous pression, qui de plus en plus souvent vont travailler « la boule au ventre ». Jean Claude DELGENES tient à ce sujet à différencier l’encadrement amont et aval : « L’amont, c’est celui que l’on ne voit jamais sur le terrain, celui qui échappe à la vision sociale et humaine de ses décisions, l’aval, c’est l’opérateur de terrain, celui qui porte la stratégie, qui est pris entre 2 feux, et qui souffre des décisions qu’il met en œuvre. »

La financiarisation des entreprises se traduit par une chasse à l’homme, une compression des moyens humains pour étendre la sphère des profits au détriment des réalités sociales. Cette logique de rentabilité appliqué à tous les domaines (public et privé) ôte le sens même du contenu du travail : « Nous ne sommes plus au service des usagers, mais nous vendons un service à un client ». « Il est plus important de cocher des cases de présence que de passer du temps avec nos patients ». L’obsession des systèmes d’évaluation du travail, se transforme en système de dévaluation du travail.

L’intensification généralisée se justifie par la concurrence. La charge de travail augmente, les temps de pauses et d’échanges collectifs, les espaces d’épanouissements professionnels se réduisent, entrainent une individualisation du travail, isolent le salarié et suppriment le collectif.

la précarisation et le chômage : ( « armée de réserve du capitalisme » selon Marx), poussent les salariés et les privés d’emploi à accepter des situations anormales voire illégales par peur du chômage, peur du déclassement. C’est la « soumission volontaire au travail ». CDD, temps partiels, interim, … « On a la chance d’avoir un travail, alors on s’exécute … »

Les atteintes au droit syndical : plusieurs cas où des syndicalistes sont inquiétés, condamnés, licenciés en raison de leur activité syndicale furent mentionnés. La remise en cause de l’indépendance des salariés et de leurs représentants pour interdire toute résistance est de plus en plus forte. Elle vise à combattre le « Collectif », seul à même de s’opposer et de gagner face à ces méthodes de gestion.

les atteintes à la médecine du travail : la volonté de transformer la médecine du travail non plus en conseiller de l’entreprise et des salariés, mais en outil de détection des « maillons faibles » est soulevée. Marc Dalle Fratte, souligne aussi le fait que les missions confiées habituellement aux médecins du travail vont êtres confiées aux services chargés des missions de prévention et non de la gestion des risques.

Que devient alors le sens du travail ? Pour quelle finalité travaillons-nous ? Pour générer toujours plus de profits ? Pour assurer un avenir meilleur à nos enfants ? Pour enrichir des actionnaires qui vont pressurer toujours plus les salariés ? De quels moyens d’actions disposons-nous, quelles solutions pouvons-nous construire localement et nationalement pour combattre cette souffrance et repenser le travail dans sa globalité ?

Dominique Holle, nous précise les différents outils et textes à perfectionner, qui sont à notre disposition (« c’est souvent un chemin de croix pour obtenir réparation ») :

Des textes et accords européens et nationaux,
Le droit du travail
CHSCT : permet de nommer des experts, de questionner l’organisation du travail, de faire émerger les problèmes réels, de les mettre en visibilité et de proposer des plans alternatifs et de questionner la responsabilité civile et pénale des dirigeants.
La justice et la jurisprudence
Inspection du travail Pour des droits nouveaux dans l’entreprise pour les travailleurs et leurs organisations syndicales, pour se réapproprier le travail, pour augmenter les salaires, pour réduire vraiment le temps de travail et garantir un emploi pour tous, pour une protection efficace face au chômage, à la maladie, à la vieillesse, pour construire une véritable sécurité sociale professionnelle, les intervenants ont fait les propositions suivantes :

Se réapproprier le travail : revenir à une notion de qualité du travail que l’on fait, que l’on réalise, sortir de cette « lassitude nommée travail ». Une conception du travail débarrassé de ses aliénations qui fasse reculer les précarités, les inégalités, favorise les créativités, reconnaisse les qualifications, où les travailleurs conquièrent du pouvoir sur la conception, le contenu et la finalité de leur travail. Tout cela passe par l’accroissement de la part du temps de vie disponible à la réduction du temps de travail sans diminution de salaire.

Définanciariser le travail : reprendre le pouvoir sur la finance et la politique, sortir des logiques libérales en interdisant les licenciements boursiers, en instaurant un droit de veto suspensif des salariés sur les décisions stratégiques.

Sécurité d’emploi et de formation (PCF) ou Sécurité sociale et professionnelle (CGT). Nous devons en terminer avec la fabrique des élites, redonner son importance au savoir à la connaissance, revenir à la promotion sociale dans l’entreprise. Organiser la sécurisation des parcours d’emploi et de formation, à l’opposé de la précarisation actuelle il faut libérer la force de travail de la loi de l’offre de la demande capitaliste, pour marcher très vite vers un emploi pour toutes et tous avec réduction du temps de travail.

La création d’une véritable démocratie sociale, le droit d’intervention des salariés par de nouvelles formes de propriété et de droit des entreprises. Développer de nouveaux droits et pouvoirs décisionnels pour les salariés et leurs syndicats dans les entreprises : reconnaissance des délégués syndicaux interentreprises pour les TPE, augmentation du pouvoir de décision des salariés et des sites RP, extension des droits des CHSCT et création de CHSCT inter-entreprises. Développer les synergies entre les instances, resolidariser les salariés, et favoriser l’émergence des formes d’économie sociale notamment des coopératives (par exemple des reprises d’entreprises) …

Des droits égaux pour tous les salariés (femmes, jeunes, handicapés, immigrés) quelle que soit la taille de l’entreprise et un renforcement des droits collectifs. Cela passe notamment par le rétablissement de la hiérarchie des normes (pas d’accord d’entreprise moins favorable que les accords de branche), par l’encadrement plus strict des stages, le rétablissement du CDI à temps plein comme contrat de travail normal et en conséquence par la taxation des entreprises pratiquant la multiplication des CDD, de l’intérim et du temps partiel imposé.

Une revalorisation du travail par l’augmentation du SMIC et des salaires.
Un contrôle du droit du travail à la hauteur des enjeux par l’augmentation du nombre d’inspecteurs du travail et le renforcement de leur pouvoir de contrôle et de sanctions.

Une protection sociale qui soit définitivement sortie des mécanismes de marché et étendue à tous les âges de la vie, de la naissance au grand vieillissement. Un contrat social au cœur de notre république fonctionnant sur le principe de solidarité nationale et non d’assistanat. Nous devons par exemple pouvoir renforcer les systèmes de solidarité, et revenir à un grand service public de l’emploi,

Une médecine du travail au service de la santé au travail. La lutte contre les troubles musculo squelettiques, conséquence directe des cadences imposées par l’intensification de l’exploitation mais aussi l’exposition des salariés aux produits dangereux ou l’augmentation constante du stress et des risques psychosociaux nécessitent une médecine du travail indépendante et pluridisciplinaire (psychologues, infirmières, ergonomes, toxicologues, …). Il nous faudra trouver les moyens, les conditions à mettre en œuvre pour que cette médecine du travail concerne tous les salariés, y compris les entreprises de moins de 50 salariés et autres intérimaires. Nous devrons faire en sorte que la médecine du travail dépende du ministère de la santé et non de celui du travail, souligne Marc Dalle Fratte.

Le travail au cœur des enjeux de 2012 C’est ce qu’a montré avec force notre débat sur la souffrance au travail et sur la place du travail dans notre société. La nécessité d’augmenter les salaires, le besoin d’améliorer les conditions de travail, la poursuite de la réduction du temps de travail sont des grandes questions à l’origine du mouvement ouvrier et qui restent centrales dans la confrontation entre le capital et le travail. Elle se renforce même avec une intensification du travail et par conséquent une intensification de la souffrance. Avec ce débat, nous avons pu explorer de nombreux thèmes sociaux qui se rapportent tous à la place centrale du travail dans notre société. Du surendettement des salariés à la finalité même du travail, du salarié poussé à bout qui se suicide à celui qui va au boulot la boule au ventre, de l’indépendance de la médecine du travail au rôle des CHSCT, de la réforme des retraites à celle de la santé, de l’ascenseur social à la reproduction des élites, de la critique du capitalisme à son besoin de dépassement, du besoin de renforcer le collectif à l’engagement politique, nous avons fait le tour d’une question qui façonne pour une très grande part notre société.

Ce thème, le travail, doit donc être au cœur des enjeux des échéances électorales de 2012. Lors de ce débat, on a souligné le risque que l’hyper personnalisation de ces élections occulte les questions de fond et notamment la question sociale. Les communistes avec le Front de Gauche ont un grand rôle à jouer pour que cette question sociale soit au cœur de la période qui s’ouvre. Nous pouvons et nous devons, avec les salariés, faire émerger la question du travail et de tout ce qui en découle. C’est ce que nous avons entrepris avec ce premier débat qui demande à être poursuivi, délocaliser sur le département, sur les bassins d’emploi, au plus près des salariés.

Publié dans SANTE

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DERNIERES NOUVELLES DE TUNISIE

Publié le par Patrick Kaczmarek

"Je vous fais volontiers partager ce petit message qui n'est autre qu'un article publié dans le journal " Le Temps à tunis le 29 mai dernier.
Il y a aujourd'hui 81 partis en Tunis. il n'est pas étonnant que 50 % des Tunisiens ne savent pas encore pour qui ils vont voter.
Lors de ma visite en Tunisie, j'ai pu voir que même ceux et celles qui s'intéressent de près à la politique ne comprennent pas la moitié de cette nébuleuse politique.
La création de ce pole moderniste est donc sans doute une bonne nouvelle même si on peut regretter qu'il ne rassemble pas toutes la gauche et notamment que le PCOT ait refusé d'en être sachant que d'après ce que j'ai compris ce n'est pas une alliance électorale mais plutôt un rassemblement pour permettre de mettre en commun des moyens pour aider les Tunisiens à mieux comprendre les choses

 

Premier regroupement avec 11 partis sous la même bannière

Le Pole Moderniste Démocratique voit le jour


 

Une alliance électorale regroupant 11 partis politiques a été formée vendredi 27 après suite à une série de réunions organisées par deux initiatives ; « Assez de divisions » et « Appel pour un pole culturel démocratique ». Durant deux mois, ces deux initiatives ont multiplié les efforts pour faire réunir un éventail de partis politiques dont des libéraux, des centristes, des gauchistes, des nationalistes arabes et des verts autour du même table pour former ainsi le « Pole Moderniste Démocratique ».

 

Ayant pour objectif d’assister les Tunisiens dans leur choix politique à quelques mois des élections de la Constituante, le Pole Moderniste Démocratique a établi un programme de travail qui sera d’ailleurs, présenté mardi 31 mai, lors d’une conférence de presse, et ce à partir de 10 heures à l’espace El Teatro. La conférence sera ouverte au public afin de lui donner une idée pertinente sur les axes de travail du pole, les partis politiques qui le composent. Ils vont d’ailleurs « laisser derrière leurs programmes propress pour présenter un programme unificateur basé sur les principes démocratiques et modernistes », d’après un initiateur.

 

En fait, le paysage politique s’élargit de plus en plus. Nous comptons actuellement 81 partis ce qui rend la tâche très difficile aux Tunisiens pour faire leur choix lors des élections de la Constituante. D’ailleurs, les chiffres affichés par les derniers sondages démontrent que 50 % des Tunisiens sont encore indécis quant à une décision concernant le parti qui va les représenter, d’où l’idée de former ce pole. Et si 11 partis ont répondu à l’appel des deux initiatives d’autres ont choisi de faire cavalier seul à l’instar du Parti Démocratique Progressiste (PDP) et le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL). Il est clair que le PDP est en train d’investir lourd pour se faire connaître auprès des Tunisiens. Les affiches du parti sont très visibles dans le Grand-Tunis ainsi que sur les supports médias ce qui plante le décor pour une nouvelle époque où ceux qui ont été exclus du paysage politique ont le droit de s’afficher librement.

 

Sana FARHAT

 

Les 11 partis signataires du Pole Moderniste Démocratique :

 

1-Mouvement Ettajdid

2-Parti Socialiste de Gauche

3-Mouvement de la Citoyenneté et de la Justice

4-Parti Taliaa Arabe Démocratique

5-Front Populaire Unioniste

6-Union Populaire Républicaine

7-Parti la Voix du Centre

8-Parti du Travail Patriotique et Démocratique

9-Mouvement Patriotique et Démocratique

10-Tunisie Verte

11-Alliance Républicaine

 

(Source: “Le Temps” (Quotidien – Tunisie) le 29 mai 2011)

 

Publié dans POLITIQUE

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VACCIN CONTRE LE CANCER DU COL DE L UTERUS UNE CARTE A JOUER MAIS FAIRE LE MENAGE

Publié le par Patrick Kaczmarek

Gardasil et Cervarix : Astra Zeneca et la Fondation Nobel soupçonnées de corruption et conflits d’intérêts dans l’attribution du prix Nobel à Harald zur Hausen

Le prix Nobel attribué à Harald zur Hausen est censé récompenser les recherches sur les papillomavirus, mais consacre surtout le triomphe des conflits d’intérêts qui entachent le Gardasil et le Cervarix depuis leur conception, et ce partout où des centres publics de recherche travaillent avec les firmes pharmaceutiques et adoptent les méthodes de ces dernières, au mépris de leur mission d'intérêt général.

J'ai parlé dans cette note du réseau tentaculaire de conflits d’intérêts par lequel Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL ont imposé le Gardasil et empêché un vrai débat sur l’utilité de ce vaccin et son rapport bénéfices – risques. Et les exemples concrets ne manquent pas.

La question des conflits d’intérêts se corse et se pose directement en termes de corruption, puisque c’est ce chef d’accusation qui est envisagé par le procureur Christer van der Kwast, de l’office suédois de lutte contre la corruption. L’affaire a été révélée par la Radio suédoise (Sveriges Radio) et par le journal Dagens Medicin, que nous citerons plus loin, et ce à peine deux jours avant la remise officielle des prix, qui a eu lieu le 10 décembre. La lauréat Harald zur Hausen, qui se disait déjà énervé par la contestation des 13 médecins et scientifiques allemands signataires d’un manifeste critique contre le Gardasil (voir cette note), a maintenant des raisons de se lamenter…

 

Les révélations, les soupçons et l’enquête concernent le Comité Nobel qui attribue les prix Nobel de médecine ainsi que la firme Astra Zeneca, qui tire elle aussi un grand profit commercial de l’attribution du prix à Harald zur Hausen.


Cela peut paraître étonnant au premier abord, mais nous verrons qu’elle perçoit des royalties pour des brevets et des droits de licence cédés aux firmes Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL, qui produisent et commercialisent les deux vaccins anti HPV : Gardasil et Cervarix. Comme nous l’apprend le journal allemand Die Tageszeitung (voir ici), Astra Zeneca reconnaît avoir perçu à ce titre 236 millions de dollars rien qu’en 2007.

 

Remarque préliminaire

 

Une fois que les journaux allemands se sont emparés de la nouvelle, c’en était fini de la tranquillité de l’affairisme médico-pharmaceutique à la sauce Nobel. Surtout compte tenu de la controverse qui fait rage en Allemagne quant à l’utilité, à l’efficacité et aux effets secondaires du Gardasil. Controverse qui traduit l’excellent travail de la revue médicale indépendante Arznei-Telegramm, dont les analyses et les prises de position depuis 2007 ont retourné une bonne partie de l’opinion publique et des media allemands. Le manifeste signé par les 13 experts n’est que la dernière traduction de cette controverse et du rôle de cette revue, puisque deux de ses éditeurs font partie des signataires. (On attend toujours que son homologue français – la revue Prescrire – se réveille enfin et secoue les conflits d’intérêts français (voir cette note) et l’unanimisme médiatique qui ne laisse aucune place au débat).

 

Les sites critiques ont remarqué depuis l’annonce de l’attribution du prix Nobel à Harald zur Hausen que cette récompense tombe à pic pour sauver le Gardasil en Allemagne… La position officielle de l’Allemagne est particulièrement importante, puisque c’est l’origine même des vaccins et que le très officiel Centre de recherche sur le cancer est co-détenteur des brevets. On peut dire qu’il y a trois piliers qui doivent tenir pour assurer l’avenir du Gardasil et du Cervarix : les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Australie, impliqués depuis le départ dans la conception de ces vaccins protégeant contre deux des 16 génotypes de papillomavirus humains à haut risque cancérigène.

 

J’essaierai d’expliquer pourquoi et comment la firme Astra Zeneca est impliquée dans tout ce qui touche au Gardasil et au Cervarix et pourquoi les conflits d’intérêts sont des tares héréditaires de ces deux vaccins, comme je le disais déjà dans une note parlant d’un autre volet de la conception du Gardasil aux Etats-Unis. Et j’arriverai enfin aux principaux canaux par lesquels transitent les liens financiers entre la Fondation Nobel et ses divers sous-comités impliqués dans le prix Nobel de médecine, puis aux réactions d’Astra Zeneca.

 

I. Le début de l’histoire et la genèse des conflits d’intérêts d’Astra Zeneca

 

La racine du problème : les conflits d’intérêts du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ)

 

L’omniprésence des conflits d’intérêts concernant le Gardasil et le Cervarix est connue en Allemagne depuis la mise sur le marché du Gardasil : il ne s’agit pas tellement des conflits d’intérêts de Harald zur Hausen lui-même, mais de ceux de son institution d’affiliation, le Centre allemand de recherche sur le cancer (Deutsches Krebsforschungszentrum ou DKFZ Heidelberg), qu’il a dirigé pendant 20 ans. Ce centre est co-détenteur du brevet du Gardasil et du Cervarix, et il n’est pas le seul. De plus, le DKFZ et les National Institutes of Health des Etats-Unis sont co-détenteurs du brevet du sérotype HPV 16. (Je ne saurais pas dire à l’heure actuelle pourquoi le brevet du HPV 18 a échappé au DKFZ).

Au départ, le DFKZ n’a pas voulu parler de ses liens financiers extrêmement serrés avec les firmes, mais les fouilles méthodiques des critiques l’ont obligé à le faire. La page d’une firme de biotechnologie accessible à partir du portail public des biotechnologies du land de Bade-Württemberg – dans lequel est situé le DKFZ - reprend les informations rendues publiques par ce dernier, sous la pression des critiques, et parle de la co-détention du brevet du HPV 16.

L’implication d’Astra Zeneca remonte au financement des recherches allemandes menées par Harald zur Hausen et est indissociable des conflits d’intérêts du DKFZ

 

Voici ce que le centre allemand de recherche finit par reconnaître, dans une newsletter de 2006, lorsque le DKFZ se félicitait de l’homologation du Gardasil aux Etats-Unis :

 

« Le chemin menant au vaccin a été semé d’embûches. Au début des années 90, il y avait plusieurs équipes de chercheurs qui travaillaient sur la vaccination anti-HPV, en même temps que l’équipe du DKFZ. L’industrie pharmaceutique allemande n’a pas montré d’intérêt pour ces recherches décisives. Et c’est pourquoi le DKFZ a donné une licence de ses droits à l’entreprise américaine de biotechnologie MedImmune. Reconnaissant le potentiel d’un vaccin anti-HPV, MedImmune a acheté des droits de licence à d’autres institutions de recherche, parmi lesquelles les National Institutes of Health (NIH) à Bethesda et l’université Loyola de Chicago. D’autre part, la firme pharmaceutique Merck a acheté les droits de licence restants, par exemple ceux détenus encore par les NIH et par l’université de Queensland en Australie. Merck et MedImmune ont poursuivi le financement des recherches cliniques, et GSK est entré en scène en achetant les droits de licence de MedImmune. Les essais de phase III ont pu commencer en 2005. (…) Début 2005, Merck et GSK se sont attribués (…) des licences croisées leur permettant l’usage réciproque des brevets. A la même époque, les institutions de recherche sont arrivées à un accord quant aux brevets. (…) Après d’âpres négociations, le DKFZ a été confirmé en tant que co-détenteur des brevets avec les NIH et pourra ainsi profiter des retombées financières issues de la commercialisation [du Gardasil et du Cervarix] par Merck et GSK. De cette façon, les chercheurs, les centres de recherche, l’industrie, mais surtout les patients pourront tirer profit du succès des vaccins ».

 

Que les patients en profitent, voilà qui est douteux… A noter que le DKFZ parle du succès des vaccins avant même qu’ils soient autorisés en Allemagne.

 

Bref, MedImmune, qui a co-financé les recherches de Harald zur Hausen, a vendu plus tard ses parts à GSK, tout en gardant des droits et donc des royalties. Cette société de biotechnologie a été rachetée par AstraZeneca. Quant à la firme GSK, elle a cédé certaines parties de la technologie sous-jacente à Merck. Ce qui fait que MedImmune – donc AstraZeneca – a droit à des royalties conséquentes à la fois pour le Cervarix et pour le Gardasil, comme nous le confirme un analyste du marché pharmaceutique.

 

MedImmune, racheté par Astra Zeneca, est co-détenteur du brevet du « support » technologique des vaccins : les VLP L1

 

Pour donner tous les détails sur le rôle de MedImmune, il faut dire que cette firme de biotechnologie a été impliquée dans la nouvelle technologie utilisant des protéines L1 purifiées extraites de la capside – sorte de coquille – des papillomavirus 16 et 18. Ce sont ces protéines L1 qui jouent le rôle d’antigène dans ces vaccins.

« Gardasil et Cervarix sont conçus sur le même modèle, ils utilisent comme antigène la protéine L1, protéine principale de la capside du virus, pour constituer une VLP (Virus Like Particle) très immunogène et non pathogène. Un vaccin tétravalent comme Gardasil contient 4 VLP différentes et un vaccin comme Cervarix, divalent, n'utilise que 2 types de VLP seulement », lit-on dans diverses présentations. La différence réside dans le mode de production des VLP L1 recombinantes : elles sont produites au moyen de levures pour le Gardasil et de cellules d'insectes pour le Cervarix. Ces VLP ne contiennent pas d’ADN viral et ne sont donc pas pathogènes, mais provoquent une réponse immunitaire à médiation humorale (selon la distinction entre immunité humorale et immunité cellulaire, la première agissant à travers la production d’anticorps).

L’argent des firmes privées pervertit la mission des centres de recherche publics, qui n’offrent plus de garanties de qualité pour les vaccins et les médicaments qu’ils développent

 

Ayant un intérêt financier direct dans la commercialisation massive du vaccin –le Gardasil, premier autorisé en Allemagne - qu’il a soutenue dès le départ et sans se poser des questions, le DKFZ ne peut pas être « objectif » dans un débat sur l’utilité, l’efficacité et le profil de sécurité du vaccin. Il s’agit pourtant d’une institution publique, financée à 90% par de l’argent fédéral et à 10% par le land de Bade-Württemberg, selon les informations données sur son propre site.

 

La question majeure qui se pose ici, c’est celle des conflits d’intérêts résultant du sponsoring industriel d’institutions publiques de recherche et des liens financiers personnels entretenus par les chercheurs salariés du public avec les firmes privées. Nous verrons dans une autre note que le DKFZ et les NIH ne sont pas les seules institutions publiques ayant de tels conflits d’intérêts qui les poussent à se comporter exactement comme l’industrie pharmaceutique, afin de recevoir de royalties et de faire des bénéfices pour l’institution et pour les chercheurs, au mépris de leur mission d’intérêt général. (C’est cette corruption des centres publics et universitaires que dénonce Marcia Angell dans l’excellent texte que nous avons traduit dans cette note).

 

Inutile de dire qu’une telle implication des centres publics de recherche garantit l’obtention quasi automatique de l’AMM (autorisation de mise sur le marché), l’inclusion du Gardasil ou du Cervarix dans les programmes nationaux de vaccination et leur remboursement…

 

On apprend sur une autre page du site de biotechnologie susmentionné que c’est sous la direction de Harald zur Hausen que le DKFZ a élargi son réseau et sa collaboration avec les centres hospitaliers universitaires : c’est là qu’ont vu le jour les premières équipes mixtes, appelées « unités de coopération clinique », qui ont pour objectif d’assurer le passage de la théorie à la pratique clinique, « de façon à ce que les résultats de la recherche soient traduits aussi rapidement que possible dans la pratique ». Effectivement, la « traduction » du Gardasil a été très rapide. Comment pourrait-il en être autrement avec un tel réseau ?

Pour une raison que je n’ai pas réussi à élucider, le DKFZ et zur Hausen font de la publicité pour le Gardasil, et ne parlent plus du Cervarix, alors que les recherches ont été financées par les deux firmes : Merck et MedImmune (puis GSK qui a racheté cette dernière). Il y a fort à parier que Merck a fini par payer mieux (pardon, sponsoriser).

Comment les autorités allemandes permettent à une institution publique financée par les contribuables et travaillant en étroite collaboration avec les centres hospitaliers universitaires, eux aussi publics, de faire de la publicité pour le profit individuel et institutionnel ? Surtout lorsqu’il s’agit d’une campagne de vaccination massive par un vaccin douteux et controversé avant même qu’il n’apparaisse sur le marché allemand ?

Manifestement, les intérêts en jeu sont tellement puissants que même lorsque des hommes politiques - appartenant qui plus est au parti de la chancelière Angela Merkel - réclament des études qui garantissent un minimum de sécurité du Gardasil, ils ne sont pas entendus. Nous avons parlé dans cette note. Sanofi Pasteur MSD a à peine daigné répondre, et l’a fait sur un ton qui montre que la firme se pense hors d’atteinte. Et manifestement, elle l’est.

 

La disponibilité d’un vaccin très profitable et les intérêts financiers pervertissent l’ordre des priorités et la perception des vrais problèmes de santé publique

 

Une autre question majeure concerne l’approche et le traitement du cancer en général, qui risque de se voir encore une fois déformer par les financements de l’industrie pharmaceutique soutenant certaines idées qui peuvent avoir une application immédiate, au détriment de la recherche fondamentale et même au détriment du traitement des cancers les plus répandus et pour lesquels il n’existe pas de traitement équivalent à celui des dysplasies cervicales de haut grade (HSIL / CIN 3).

 

L’histoire des recherches de Harald zur Hausen illustre parfaitement cette perversion. Il faudra détailler cela dans une autre note, à partir de ses propres déclarations et discours. Il faut quand même évoquer tout de suite un détail, afin de comprendre en quoi Astra Zeneca a des intérêts financiers qui poussent la firme à franchir la ligne jaune afin d’assurer une commercialisation massive du Gardasil et du Cervarix.

 

Harald Zur Hausen a isolé les génotypes HPV 16 et 18, et c’est l’implication préférentielle des firmes – Merck et MedImmune - dans les recherches de cette équipe qui explique en partie la focalisation sur ces deux souches-là. D’autres équipes, qui ont isolé, certes un peu plus tard, les autres 14 sérotypes à haut risque cancérigène n’ont pas eu les mêmes financements… On pourrait donc se demander si l’insistance actuelle des firmes sur les génotypes 16 et 18 ne vient pas du fait que ce sont les premiers découverts et que les laboratoires MedImmune, Merck et GSK se sont hâtés de tirer profit de ces découvertes sans aller plus loin, sans financer d’autres recherches sur d’autres génotypes, leur prévalence géographique, etc. La question reste ouverte et n’est que de l’ordre de la spéculation, mais elle devrait être posée, à mon avis.

II. Astra Zeneca, la Fondation Nobel et le prix Nobel de médecine au Pr Harald zur Hausen

On comprend maintenant en quoi Astra Zeneca a des intérêts financiers presque tout aussi colossaux que Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL dans le Gardasil et le Cervarix…

Comme le révèlent la radio suédoise ainsi que plusieurs journaux allemands (Badische Zeitung, Süddeutsche Zeitung, etc.) et quelques sites anglophones (BNet Pharma blog, Pharmalot, Newsmax), Astra Zeneca a versé indirectement de grosses sommes d’argent à deux filiales de la Fondation Nobel ; il est question de plusieurs millions de dollars, même si le contenu du contrat reste secret, selon le journal suisse Neue Zürcher Zeitung.

Astra Zeneca sponsorise deux sociétés de la Fondation Nobel : Nobel Web et Nobel Media, qui lui reconnaissent un rôle « éducatif »

Nobel Web s’occupe du site web de la Fondation (nobelprize.org), tandis que Nobel Media gère les droits médiatiques et les relations avec les media pour tout ce qui touche à la Fondation et aux prix Nobel. Un porte-parole d’Astra Zeneca a déclaré à Newsmax que le financement de ces deux filiales ne serait destiné qu’à aider à la popularisation des découvertes médicales et des traitements qui en résultent… Et nous sommes priés de croire que la firme n’agit que par philanthropie et ne pense nullement à instrumentaliser le prix Nobel pour ses intérêts financiers… Nobel Web et Nobel Media n’auraient aucune influence sur le choix des lauréats.

Un communiqué de presse du mois de novembre rendant publique l’existence de la « AstraZeneca Nobel Medicine Initiative » ( !!) parlait effectivement d’une volonté de vulgarisation, destinée à faire comprendre au grand public l’intérêt des découvertes médicales récompensées par les prix Nobel et leur potentiel en matière de nouveaux traitements. Un dirigeant de la société Nobel Web parle carrément d’ « éducation » et de promotion « de la santé et du bien-être », à réaliser au moyen d’événements médiatiques impliquant les lauréats des prix Nobel et grâce à une collaboration « prometteuse » et de très bon augure avec Astra Zeneca. Cette « coopération » financière qui débute en 2008 devrait s’étaler sur trois ans et permettre aux sociétés de la Fondation Nobel d’atteindre « une audience globale ».

Effectivement, rien de tel qu’une multinationale qui fait du commerce partout pour atteindre une « audience globale » ! C’est pour le moins étonnant de voir que la Fondation Nobel envisage l’éducation du grand public au moyen de conférences données par les lauréats des prix dans des centres d’Astra Zeneca ! C’est pourtant ce qui est prévu et annoncé dans ce communiqué de presse. D’autres moyens éducatifs sont à concevoir en collaboration avec la firme, qui pourra les annoncer sur son site en même temps que le site officiel de la Fondation Nobel.

On voit donc que les conflits d’intérêts – qui ne sont pas que financiers, loin de là – n’ont rien d’imprévu et ne sont pas des dérapages isolés des deux filiales de la Fondation Nobel, mais répondent à un programme délibéré de celle-ci de coopérer avec les firmes pharmaceutiques, quitte à leur servir de faire-valoir. Par ailleurs, la bonne entente avec les firmes et la promotion réciproque est monnaie courante chez les membres du comité qui attribue le prix Nobel de médecine, comme nous le verrons en nous penchant sur les investissements qu’ils font.

Au mois de novembre, la « coopération » avec Astra Zeneca allait de soi. Un mois plus tard - et suite au tollé médiatique et à l’enquête du parquet anticorruption -, Hans Jörnvall, le secrétaire du comité Nobel du Karolinska Institutet, s’est dit inquiet de ces connivences. Cependant, vu son implication personnelle dans un fonds d’investissements pharmaceutiques, cela sonne un peu faux et arrive un peu tard… De surcroît, le Karolinska Institutet est une passerelle obligée dans ces histoires de conflits d’intérêts et de liens avec les firmes, au moyen d’investissements réciproques.

 

Quelle que soit sa conviction de départ, Jörnvall dit maintenant que ces financements créent une trop grande proximité entre le prix Nobel et les intérêts économiques : « c’est une première de voir un grand sponsor [Astra Zeneca] se rapprocher autant de nos activités. A l’avenir, nous devrons prendre en compte cette question ». Ses propos sont cités par le journal allemand Die Tageszeitung.

La firme a des représentants jusque dans le comité chargé de désigner les lauréats du Nobel de médecine, par l’intermédiaire du prestigieux Karolinska Institutet

Mais les liens financiers d’Astra Zeneca ne s’arrêtent pas au financement de ces deux sociétés de la Fondation Nobel ; les conflits d’intérêts créés par l’argent de la firme vont jusqu’au saint des saints, à savoir le comité Nobel lui-même. Et, comme par hasard, les liens concernent tout particulièrement le prix Nobel de médecine et physiologie, dont le lauréat est désigné par plusieurs sous-comités, parmi lesquels celui du Karolinska Institutet (Nobelförsamlingen vid Karolinska Institutet) joue un rôle essentiel, comme on l’apprend en lisant l’organigramme de la Fondation Nobel.

Et voici comment : tout d’abord à travers Bo Angelin, professeur d’endocrinologie et métabolisme au Karolinska Institutet et ayant pas mal de fonctions honorifiques au plus haut niveau de la recherche médicale suédoise, jusqu’à l’Académie des sciences dont il est membre. Ce professeur fait non seulement partie du comité scientifique d’Astra Zeneca, selon la "biographie" faite par Business Week, mais carrément du conseil d’administration de la firme, comme on peut le voir sur la page détaillant les dirigeants de cette multinationale. Selon le profil établi par Forbes, Bo Angelin a reçu 42.000 dollars d’honoraires d’Astra Zeneca, mais le site ne précise pas si c’est pour l’ensemble de ses activités ou uniquement pour la dernière année considérée ou alors pour un projet précis. Vu les sommes qui circulent habituellement dans ce milieu et les fonctions de ce médecin, il est peu probable qu’il s’agisse du total…

Et le même Pr Bo Angelin fait aussi partie du Nobel Medical Institute (selon la page 53 de l’organigramme de la Fondation Nobel), ainsi que de l’Asemblée Nobel et de son comité qui décerne le prix de médecine et physiologie du même nom…Il prétend n’avoir jamais considéré cette double appartenance comme un conflit d’intérêts, avant que les journalistes de la radio suédoise ne lui posent la question…

Selon le journal Neue Zürcher Zeitung, le secrétaire du comité Nobel du Karolinska Institutet, Hans Jörnvall, affirme que les relations de Bo Angelin avec Astra Zeneca étaient connues. Il s’agirait maintenant de savoir si la décision de les ignorer a été la bonne et s’il y a besoin de changer certaines choses dans l’organisation d’ensemble.

L’un des membres du comité Nobel du Karolinska Institutet est le professeur de pharmacologie Bertil Friedholm, qui a dirigé le comité d’attribution du prix Nobel de médecine en 2008 (selon la page 51 de l’organigramme). Or, selon le journal allemand Heidenheimer Zeitung, Bertil Friedholm a été conseiller scientifique d’Astra Zeneca jusqu’en 2006. Le journal suisse Neue Zürcher Zeitung parle dans cet article de deux contrats de consultant liant Friedholm à Astra Zeneca en 2006.

Une autre connexion financière entre des membres des comités Nobel et des firmes pharmaceutiques et de biotechnologie

Bo Angelin est membre du conseil scientifique du Fonds d’investissement du Karolinska Institut (cf. cette page), qui se propose de « générer des profits importants pour ses investisseurs » en investissant « dans des compagnies pharmaceutiques, de biotechnologie et de matériel médical qui ont un potentiel commercial substantiel ».

Le Fonds contribue à ces activités par « ses réseaux et son expertise scientifique, financière et industrielle ». On peut imaginer que le réseau Nobel est un très bon carnet d’adresses et une bonne rampe de lancement pour ceux qui veulent profiter encore plus…

Un autre conseiller scientifique de ce Fonds d’investissement est le Pr de chimie physiologique et médicale Hans Jörnvall, qui est membre du comité qui désigne les lauréats du prix Nobel de médecine et physiologie. Tout comme Bo Angelin. Plus précisément, le Pr Jörnvall est l’un des directeurs de la Fondation Nobel et remplit aussi les fonctions de secrétaire de l’Assemblée Nobel et du comité Nobel du Karolinska Institutet, selon l’organigramme de la Fondation Nobel (pp. 18 et 33 et cette page de la Fondation Nobel).

Le Pr de neuropharmacologie Torgny H. Svensson, qui est aussi un administrateur adjoint (deputy trustee) de la Fondation Nobel (page 26 de l’organigramme), fait lui aussi partie des conseillers scientifiques de ce fonds d’investissement.

 

Le professeur de bactériologie Staffan Normark est dans la même situation. Svensson et Normark sont élus par le Karolinska Institutet pour siéger en tant qu’administrateurs adjoints (deputy trustees). N’oublions pas non plus le spécialiste en maladies infectieuses, le Pr Jan Andersson, affilié au Karolinska Institutet et conseiller scientifique du Fonds d’investissement de ce dernier. Lui aussi siège dans le Comité Nobel (p. 51 de l’organigramme). A la même page, on apprend qu’un autre conseiller scientifique du Fonds, le professeur de neurobiologie Olaf Larson, a dirigé le comité Nobel 2008 du Karolinska Intitutet…

D’autre part, ce fonds d’investissement du Karolinks Institutet est géré en exclusivité par la société d’investissement KI Management AB, parmi les dirigeants duquel on retrouve Bo Angelin et d’autres membres des divers comités Nobel. KI Management AB est décrite par Business Week comme étant le bras financier du Karolinska Institutet, spécialisé dans les firmes du secteur pharmaceutique.

III. L’enquête suédoise et les dénégations d'Astra Zeneca ou le commerce présenté comme une activité éducative désintéressée

 

Pour résumer : c’est le grand amour entre les divers comités Nobel et les firmes pharmaceutiques, soit par leurs activités directes de consultants ou membres du conseil d’administration, soit par le biais du fonds qui investit dans les firmes pharmaceutiques et de biotechnologie, telles Astra Zeneca et MedImmune… Et d’ailleurs rien n’empêche ce Fonds d’investir dans Merck, Sanofi Pasteur et d’autres. On ne saura peut-être jamais s’il y a de tels investissements. On a pu le savoir pour Astra Zeneca à cause de l’implication financière de la firme dans les deux filiales Nobel Web et Nobel Media, implication considérée comme passible de poursuites pénales, puisque relevant de la corruption.

Au-delà des conflits d’intérêts, il est question d’une possible mise en examen pour corruption

Le procureur général Nils-Erik Schultz a chargé le procureur Christer van der Kwast, qui dirige l’unité de lutte contre la corruption, de mener une enquête préliminaire examinant de plus près les éléments révélés par les media afin de décider d’une éventuelle inculpation des deux parties en présence, avec la corruption pour chef d’accusation. C’est ce que van der Kwast a déclaré à la Radio suédoise (Sveriges Radio). Ses propos ont été repris par le journal médical Dagens Medicin, l’un des premiers à révéler l’affaire et à briser le silence des grands journaux suédois. Puis les journaux allemands se sont emparés des faits, et la nouvelle s’est répandue très rapidement.

Comme nous l’apprend le journal Neue Zürcher Zeitung, le procureur prend en compte d’autres éléments qui peuvent être interprétés comme de la corruption ou des tentatives de corruption : il s’agit d’un voyage en Chine effectué par plusieurs membres de l’Assemblée Nobel, tous frais payés par les hôtes chinois. Cela contrevient aux dispositions suédoises de lutte contre la corruption, qui stipulent que les membres de l’Assemblée Nobel sont assimilables à des représentants officiels du pays, qui doivent dès lors refuser tout cadeau et payer eux-mêmes d’éventuels voyages.

A propos, la Chine est elle aussi très impliquée dans le développement des vaccins anti-HPV. Je le précise même si les sources ne disent pas si le voyage en question avait un rapport avec les vaccins.

Astra Zeneca clame son innocence et son désintéressement

Le même porte-parole d’AstraZeneca cité plus haut par Newsmax prétend que la firme n’a aucune influence sur le choix du lauréat, malgré toutes ces « entrées » au Nobel et les profits directs et indirects tirés du Gardasil comme du Cervarix grâce à la copropriété des brevets. Elle ne saurait même pas si Bo Angelin a voté ou non pour Harald zur Hausen.

Un porte-parole d’Astra Zeneca répond à Ed Silverman, éditeur du site Pharmalot, en tenant le même discours : « Astra Zeneca a signé un accord avec Nobel Media et Nobel Web, destiné à accroître la compréhension et l’intérêt du public pour les accomplissements des lauréats des prix Nobel de médecine et de physiologie. Nous espérons que ces efforts de coopération contribuent à mieux faire comprendre à quel point les découvertes médicales et les nouveaux traitements peuvent améliorer la santé des patients et leur qualité de vie. C’est le comité Nobel du Karolinska Institutet et non les filiales de la Fondation Nobel qui désignent les candidats, donc Astra Zeneca n’est pas en mesure d’influencer le choix du comité et n’a d’ailleurs aucune intention d’exercer une telle influence ».

Un tel amour désintéressé et un tel dévouement à la santé de l’humanité se passent de commentaires.

Publié dans SANTE

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MESSAGE DE MUMIA

Publié le par Patrick Kaczmarek

Je me permets d'utiliser cette liste de diffusion pour vous faire part d'un message que Mumia m'a chargé de transmettre à tous ses soutiens, dans une lettre qu'il m'a écrit. Voici l'extrait :
 
"Please convey my deepest thanks to your friends and colleagues and especially your neighbors in Saint-Denis, and in all of France.
  I am moved beyond measure by the sweet sentiments of the people of France.
  I wish I could embrace the hundreds of french men, women and children who have written to me in the past few days, sending love and support.
  Merci, mes amis !
  Mumia" (la dernière phrase est bien écrite en français dans la lettre).
 
Une traduction (désolé pour mon français parfois douteux) :
 
" Pourrais tu s'il te plait adresser mes plus profonds remerciements à tes collègues et amis, et plus particulièrement à tes voisins de Saint Denis, et de la France entière.
  Je suis immensément ému par les pensées affectueuses du peuple de France.
  J'aimerais pouvoir étreindre les centaines d'hommes, de femmes et d'enfants français qui m'ont écrit ces derniers jours, m'envoyant amour et soutient.
  Merci, mes amis !
  Mumia"
 
Merci de faire passer ce message important à tous ses soutients.
 
FREE MUMIA! On peut tuer un révolutionnaire, mais pas la révolution.
 
Bonne soirée à tous,
Thibaut Desguers

Publié dans FAITS DE SOCIETE

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ANTI G8 AU HAVRE

Publié le par Patrick Kaczmarek

Il est bon de rappeler que les Huit chefs d'Etat qui vont se retrouver à Deauville représentent environ 90% des dépenses militaires mondiales, 90% des armes nucléaires et 90% des exportations d'armements. Ces données expriment la réalité d'une militarisation des relations internationales dont le moteur est la volonté de main mise d’une étroite couche de milliardaires sur les richesses, les richesses naturelles comme sur celles qui sont produites par le travail humain. Et ce, grâce à la domination des grandes puissances qui sont gouvernés par leurs marionnettes ou leurs complices. Les puissances occidentales, dont le bras armé est l’Otan, savent instrumentaliser les Nations Unies par son Conseil de Sécurité qu’elles dominent ; elles l’ont fait en particulier pour déclancher des guerres. C’est aussi grâce à l’utilisation par les USA d’un droit de veto qui paralyse les Nations Unies qu’Israël opprime le peuple palestinien depuis des décennies tandis qu’avec le soutien, le Maroc opprime le peuple sahraoui.

 

Les dépenses militaires, les armes nucléaires et le commerce des armes sont trois cancers qui nuisent gravement à la sécurité humaine.

 

La logique des relations internationales est toujours une logique de la guerre, guerre économique des puissances financières entre elles et contre les peuples, et guerre stricto sensu comme en Afghanistan, en Irak, en Libye.

Pour les puissances dominantes, les dépenses militaires servent avant tout à étayer leur domination économique par la menace d’utilisation de la violence armée et par son utilisation.

 

L’arme nucléaire en est l’expression la plus extrême, c’est pourquoi elle est une arme de domination politique. Les puissances nucléaires prétendent conserver leurs arsenaux sous prétexte de dissuasion nucléaire, prétention qui engendre aussi l’immense risque de la prolifération.

 

Le juteux commerce des armes est la cause de centaines de millions de morts, de destructions inimaginables, de violences sur les populations civiles à commencer par les femmes et les enfants, car il alimente les nombreux conflits armés dits « de basse intensité » dans lesquels des peuples sont pris comme dans des pièges : Ethiopie, Soudan, Somalie, Kivu, Côte d’Ivoire. Il donne également les armes dont ils ont besoin aux régimes dictatoriaux pour mater les révoltes populaires ainsi qu’aux militaires en mal de pouvoir qui organisent des coups d’état contre les autorités élues démocratiquement.

 

Les dépenses militaires ne sont certes pas « la » première cause de la misère humaine. Mais, en Afghanistan comme en Irak, l’expérience nous a suffisamment montré que les guerres n’apportent aucune solution, qu’elles sont un fléau qui s’ajoute à d’autres fléaux. Et, même quand il n’y a pas de guerre, elles plombent les budgets sociaux de tous les pays, et avant tout ceux des pays les plus pauvres. De même, il n’y aura pas de solutions pour les grands problèmes auxquels l’humanité doit faire face (énergie, climat, eau, faim, environnement etc) sans remettre en cause les dépenses militaires mondiales pour le gaspillage que cela représente.

 

Elles sont estimées pour 2010 à 1.630 milliards de dollars, en hausse de 1,3 % en termes réels par rapport à 2009 malgré la crise, mais de 60 % depuis leur point le plus bas de 1998. Il faut savoir que le différentiel d'augmentation entre 2 années consécutives équivaut au budget des Objectifs du  Millénaire pour le Développement.

 

Un petit pourcentage des dépenses militaires des pays riches ferait, s’il était attribué de manière appropriée, une différence substantielle pour la lutte contre l’extrême pauvreté.


Sachant cela, personne ne peut contempler leur forte progression annuelle sans s’en révolter et sans imaginer comment ce vaste trésor pourrait être utilisé différemment : pour sauver des vies, pour développer des collectivités humaines pauvres, développer les services publics d’éducation, de santé, la protection sociale,…, protéger l’environnement, promouvoir les sources d’énergie renouvelables et plus encore.

 

L’expérience nous a appris que nous ne pouvons rien attendre des oligarchies qui nous gouvernent. D’où l’urgence d'une mobilisation citoyenne en général, et d’une mobilisation portant en particulier l'exigence de la paix et du désarmement comme une des matrices de cet autre monde auquel nous aspirons et travaillons, et aussi l’exigence d’une instance de régulation des relations internationales mettant réellement en œuvre les principes de la Charte des Nations Unies. Cette matrice, nous l’appelons la Culture de la Paix. La culture de la paix dans les relations internationales, c’est une autre logique fondée sur la solidarité, la coopération, la réduction des inégalités, le développement durable, la résolution pacifique, politique et diplomatique des conflits. Mettre fin aux guerres et adopter une convention pour l’élimination des armes nucléaires permettrait d’aller vers une réduction rapide des dépenses militaires qui, en retour, génèrerait la confiance indispensable à son accélération et au recul du commerce des armes.

 

Il est urgent d’asseoir la sécurité sur une logique de sortie des conflits armés par des voies diplomatiques, de réduction contrôlée des moyens militaires dans tous les domaines et d’élimination des armes nucléaires.

 

Au nom du Mouvement de la Paix j’invite chacun à intégrer cette dimension de la construction d’un monde de paix dans les initiatives qu’il porte, ce qui peut se faire dès aujourd’hui en soutenant les campagnes pour le contrôle du commerce des armes d’une part et pour l’élimination des armes nucléaires d’autre part.

Publié dans POLITIQUE

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LE 21 MAI 2011 LE HAVRE CONTRE LE G8

Publié le par Patrick Kaczmarek

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LE COMBAT CONTRE LA BOMBE NE DESARME PAS

Publié le par Patrick Kaczmarek

Déclaration de plusieurs ministres des Affaires étrangères et représentants de haut rang de dix États qui se sont réunis à Berlin pour s’engager en faveur d’une nouvelle dynamique du désarmement et de la non-prolifération nucléaires. C’est la seconde réunion du groupe fondé le 22 septembre 2010 en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.


1. Nous, ministres des Affaires étrangères de l'Australie, Canada, Chili, Allemagne, Japon, Mexique, Pays-Bas, La Pologne, la Turquie et les Émirats arabes unis réaffirmons notre volonté commune de travailler à la réalisation du désarmement nucléaire et le renforcement du régime international de non-prolifération, comme indiqué dans la déclaration conjointe adoptée lors de notre première réunion à New York le 22 Septembre 2010. Reconnaissant le danger pour l'humanité posé par la possibilité de l'utilisation des armes nucléaires et la nécessité de faire face à l'augmentation des risques de prolifération, de réduire les arsenaux nucléaires, de renforcer la sécurité nucléaire et pour améliorer la sécurité nucléaire, nous estimons qu'il est urgent de réduire les risques nucléaires et atteindre des résultats tangibles pour progresser sur la voie d’un monde exempt d'armes nucléaires.

2. Nous basons nos efforts sur le Traité de la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme le
fondement essentiel de la réalisation du désarmement nucléaire, la pierre angulaire de l'économie mondiale nucléaire du régime de non-prolifération, et la base pour le développement des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire. Le résultat du consensus de la Conférence d'examen du TNP 2010 définit un programme pratique avec un Plan d'action couvrant les trois piliers du Traité, ainsi que l'objectif d'un Moyen-Orient exempt d’armes nucléaires et toutes autres armes de destruction massive. Nous sommes déterminés à promouvoir et mettre en œuvre les engagements pris par tous les Etats membres du TNP, et de plaider en outre pour  un progrès grâce à des contributions et des propositions concrètes.

3. Nous saluons et soutenons l'appel renouvelé à l'élimination totale des armes nucléaires comme la seule garantie contre leur utilisation ou la menace d'utilisation, et par conséquent la nécessité de réduire davantage le nombre d'armes nucléaires ainsi que leur rôle dans les stratégies de sécurité, des concepts, de doctrines et politiques. Nous sommes encouragés par les récents développements, en particulier l'entrée en vigueur du nouveau traité START entre les  EU et la Russie et de l'intention déclarée des deux parties à poursuivre le processus de réductions, en soulignant la nécessité d'inclure toutes les catégories d'armes nucléaires. Nous espérons vivement que tous les autres Etats dotés d'armes nucléaires suivront, tout en appliquant les principes des irréversibilités, de vérifiabilité et de transparence au processus de désarmement nucléaire.

4. Nous reconnaissons le droit des États parties à élaborer et à utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques énoncés dans le TNP. Nous nous associons à l'appel international pour l'élévation de la sûreté des centrales nucléaires au plus haut niveau et le renforcement des mesures de sécurité nucléaire dans le monde en raison du récent événement à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Nous soutenons les discussions qui ont déjà commencé aux niveaux national et régional ainsi que dans les instances internationales et organisations, en notamment à'AIEA. Nous nous félicitons de l'invitation par Directeur général Amano  de l'AIEA à un Conférence  ministérielle sur la sûreté nucléaire qui se tiendra à Vienne du 20 au 24 juin 2011.

5. Il est maintenant temps de revitaliser et de renforcer les efforts multilatéraux, en reconnaissant qu’aujourd'hui les problèmes de sécurité mondiale ont plus que jamais besoin de solutions coopératives et multilatérales. De nombreux articles du programme énoncé dans le plan d'action de la Conférence d'examen de 2010 ne peuvent être mis en œuvre que grâce à un effort multilatéral utile. Pour plus d'une décennie, la machine de désarmement multilatéral n'a pas répondu aux attentes de la communauté internationale dans la lutte contre les problèmes de sécurité par le biais de contrôles efficaces multilatéraux des armements et du désarmement, qui prélude d'énormes possibilités pour promouvoir la stabilité internationale, de faciliter le développement et l'augmentation de la sécurité pour tous. Le message de haut niveau de la réunion convoquée par le Secrétaire général de l’ONU le 24 septembre 2010 à New York est clair : la communauté internationale n'acceptera pas de perdre plus de temps. Nous sommes unis dans la demande de revitaliser le mécanisme de désarmement multilatéral.

6. Le consensus atteint l'an dernier par la Conférence d'examen du TNP sur les prospectives du plan
d’action prouve que la coopération, les efforts multilatéraux de désarmement et de non-prolifération ne peuvent fonctionner que s’il ya la volonté politique nécessaire. Notre objectif est de maintenir l'élan du succès de ces résultats et d'accélérer sa mise en œuvre. Dans ce but, nous avons adopté les propositions concrètes d'action suivantes sur des éléments clés du plan d'action.

Proposition I : Il ya consensus parmi les Etats membres du TNP que la production de matières fissiles pour les armes nucléaires doit être arrêtée. Un traité sur la production de matières fissiles (FMCT) devait réduire le risque de futures courses aux armements nucléaires et de réduire le danger que des acteurs non étatiques aient de tels éléments entre leurs mains. Un tel traité viendrait compléter les efforts en cours pour sécuriser des matières nucléaires vulnérables à travers le monde entier. C'est une étape indispensable sur la voie d’un monde exempt d'armes nucléaires. Nous sommes
profondément déçus qu'un an après la Conférence d'examen du TNP, qui appelle dans son plan d'action pour la négociation immédiate d'un tel traité à la Conférence du désarmement, cela n'ait pas été mis en œuvre. Tout en reconnaissant que les exigences de sécurité de tous les Etats doivent être abordées au cours de négociations, nous soulignons qu'il n'y a aucune raison et aucune excuse pour tarder plus.

Le 26 janvier, le Secrétaire des Nations Unies Ban Ki-moon a appelé à la création d’un processus informel pour aider à bâtir la confiance pour un tel traité, et renvoyer la CD à son programme. Nous avons entrepris des efforts intensifs pour surmonter l'impasse actuelle. A Genève, en marge de
la CD, l'Australie et le Japon ont co-organisé une série de discussions entre experts pour examiner les aspects techniques d'un tel traité, afin de créer une dynamique en vue de négociations. Lors de travaux à Vienne, dans un effort mené par l'Allemagne, nous avons élaboré un document sur la vérification effective sur les matières fissiles, qui énumère les questions qui seront abordées par des experts scientifiques et qui contient des contributions à leurs débats. Nous considérons que la création d'un groupe d'experts scientifiques dont les attributions sont d’examiner les aspects techniques d'un FMCT pourrait faciliter et contribuer au début des négociations. S'appuyant sur ces initiatives, nous continuerons à faire pression pour l'ouverture immédiate de négociations. Notre préférence reste à négocier un tel traité au sein de la CD. Toutefois, si la CD, dans
sa session de fond de 2011, reste incapable de trouver un accord sur le lancement de négociations sur le traité, nous demanderons à l'Assemblée générale des Nations Unies, qui est déjà saisie de la question sous le point 162 intitulé «Suivi de la réunion de haut niveau qui s'est tenue le 24 septembre 2010 : la revitalisation des travaux de la Conférence sur le désarmement et la poursuite des négociations multilatérales sur le désarmement », à aborder la question et de procéder à l’examen de moyens dans le but de commencer les négociations.


Proposition II: L’entrée en vigueur du Traité d'interdiction des essais nucléaires (TICE) est un autre objectif majeur sur la scène multilatérale. Nous appelons tous les États qui ne l'ont pas encore fait, à signer et à ratifier le TICE. Nous sommes encouragés par l'engagement exprimé par les États-Unis et L'Indonésie pour assurer la ratification du traité. Nous croyons que la fin effective des essais nucléaires renforce et n’affaiblit pas notre sécurité nationale ainsi que la sécurité mondiale et renforcerait considérablement la non-prolifération et le désarmement. Il y a 15 ans, le Traité a été ouvert à la signature, et le nombre de signataires et de ratifications a augmenté de façon constante. Nous nous engageons à l'universalisation du Traité et à la promotion de son entrée en vigueur. Utilisant diverses possibilités diplomatiques, nous exhortons les États qui ne l'ont pas encore fait, à signer et ratifier le Traité sans délai et compléter les mesures nécessaires pour son entrée en vigueur. Nous nous engageons à soutenir la préparation de la Commission du TICE à mettre en place un  système de surveillance efficace et nous saluon le travail déjà accompli.

Proposition III: A la Conférence d'examen de 2010, les États dotés d'armes nucléaires se sont engagés
à accélérer le progrès sur des étapes concrètes menant au désarmement nucléaire et d’en faire un rapport aux États membres au NPT.

En outre, comme mesure de confiance, la Conférence a encouragé les États dotés d'armes nucléaires de se mettre d'accord dès que possible sur un formulaire normalisé.

Nous développons un projet de format standard de déclaration qui pourrait être utilisé par les États dotés d'armes nucléaires en réunion comme engagement.  Nous allons inviter les États dotés d'armes nucléaires à examiner notre proposition lors de la réunion à Paris en juin. Ce format définit les attentes en matière d'information que nous aimerions que tous les États dotés d'armes nucléaires fournissent. Nous croyons que les rapports sur la base d'un format standard, comme préconisé dans le plan d'action adopté par la Conférence d'examen, pourrait s'appuyer sur la confiance internationale et contribuer à créer un climat propice à la poursuite du désarmement. Nous considérons qu'il est essentiel d'accroître la transparence et la responsabilisation dans le processus de désarmement nucléaire.

Proposition IV: Nous soulignons que l'efficacité du régime de non-prolifération est un intérêt de sécurité commune de toutes les nations. Nous reconnaissons le rôle important de l'AIEA pour vérifier le respect par les États nucléaires de leurs obligations de non-prolifération. Nous soulignons le fait que, avec l'entrée en vigueur des Protocoles additionnels de l'AIEA pour les Emirats Arabes Unis en décembre 2010 et pour le Mexique en mars 2011, tous les pays appartenant à notre initiative interrégionale doivent mettre totalement en œuvre les accords de garanties et de protocoles additionnels que nous considérons comme les vérifications nécessaires standards. Nous appelons tous les Etats, en conformité avec le Plan d'action de la Conférence d'examen de 2010, à conclure et mettre en vigueur des protocoles additionnels afin de donner à l'AIEA l'autorité et la crédibilité dont elle a besoin pour dissuader et détecter les violations des obligations de non-prolifération.

De continuez à préconiser bilatéralement et multilatéralement l'application universelle du protocole additionnel dans nos régions respectives.  Nous vous proposons de partager les expériences et les meilleures pratiques dans la conclusion et la mise en œuvre du protocole additionnel avec toutes les parties intéressées, et sommes prêts à fournir l’aide des services juridiques et autres.

7. Nous ferons le point des progrès sur les propositions d'aujourd'hui à notre prochaine réunion en marge de l’Assemblée générale de l'ONU en septembre. La réunion ministérielle 2012 de notre initiative sera accueillie par Turquie.

Nous allons continuer à travailler sur d'autres éléments clés du plan d'action adopté par la Conférence d’examen du TNP de 2010, comme indiqué dans notre déclaration commune du 22 septembre 2010. En particulier, nous avons l'intention de promouvoir l'établissement de zones franches d'armes nucléaires internationalement reconnues, sur la base de dispositions librement conclues entre les États de la région concernée, et conformément aux lignes directrices de 1999 de la Commission de désarmement de l'ONU, convaincus que de telles zones renforcent aussi bien la paix régionale et la sécurité mondiale et  renforcent le régime de non-prolifération nucléaire et contribuent à l'accomplissement du désarmement nucléaire.

À cet égard, nous soulignons la nécessité cruciale de promouvoir la création d'une zone exempte d'armes nucléaires et toutes autres armes de destruction massive dans le Moyen-Orient, conformément aux exigences de l'attente de l'organisation en 2012 de la conférence la spéciale convenue à la Conférence d'examen de 2010.

Nous allons également travailler sur des actions spécifiques visant à renforcer les systèmes de commande et d'exportation des Etats qui jouent un rôle de non-prolifération important.

Nous allons promouvoir activement le désarmement et l'éducation à la non-prolifération, fondée sur notre conviction que l'éducation est un outil puissant de mobilisation de la poursuite du désarmement et la non-prolifération à  l'échelle mondiale en améliorant la sensibilisation et la compréhension entre nos citoyens.

8. Nous sommes encouragés par l'intérêt qu’a suscité notre initiative à travers des régions et pour nos citoyens. Nous sommes reconnaissants à tous les Etats qui veulent joindre leurs efforts aux nôtres et soutenir nos propositions. C’est seulement un effort aussi large qui réussira dans la construction des ponts nécessaires et dans la réalisation du progrès significatif vers le renforcement mutuel des objectifs de désarmement nucléaire et de non-prolifération.

Berlin, le 30 avril 2011

Publié dans PAIX

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