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Commémoration Jean-Catelas

Publié le par Patrick Kaczmarek

Je remercie beaucoup les organisateurs de cette commémoration de m’avoir invité à être parmi vous ce matin en tant que responsable national et départemental du mouvement de la Paix qui lui fête son 60ème anniversaire en cette année.

Le berceau dans lequel est né le mouvement de la Paix est celui de la France de 1948. Un moment crucial dans l’histoire de notre pays, imprégné de l’esprit de Résistance, alors que se dessinent les prémices d’une guerre mondiale d’un nouveau genre : la guerre froide.

Il y a trois piliers fondateurs du pacifisme en français:la résistance, les chrétiens, le Parti Communiste j’ajouterai les anciens combattants de 14-18.

On croit à tord mais c’est lui-même qui voulait que l’on rétablisse les faits historiques – que Frédéric Joliot Curie est le fondateur du mouvement. Il siégeait au congrès Mondial de la Paix mais celui qui a inventé le mouvement en France c’est Yves Farge. Un grand résistant de la race d’un Catelas, directeur du progrès de Lyon qui collabora avec Jean Moulin à l’organisation de la résistance en zone sud et du maquis du Vercors.

Il crée des imprimeries de faux papiers dans la région parisienne ; il a en charge le comité d’action contre la déportation… Bref c’est une pointure reconnue par les communistes, les gaullistes et les chrétiens.

En 1946 il est envoyé par le gouvernement français à Bikini  assister aux essais nucléaires réalisés par les Etats-Unis. A son retour il écrit : « il faut détruire la bombe atomique ». Je vous renvoie pour approfondir ce point d’histoire à notre revue « Planète Paix ».

 

La mobilisation pacifiste connaît des flux et des reflux ; nous sommes à marée haute. Le contexte international aiguise notre sens de la sécurité. Nous sommes tous préoccupés par des bruits de bottes en Irak et en Afghanistan bien sûr aussi par l’OTAN qui installe des missiles en Pologne des radars en Tchécoslovaquie, le conflit Israélo-Palestinien qui est une blessure à vif pour des générations et des générations mais aussi par la guerre au Congo qui a fait pour l’instant cinq millions de morts en dix ans.

L’Huma fait sa une dernièrement sur l’Afghanistan: France go home, rendez-nous nos enfants, cessez de jouer les gendarmes de l’OTAN. Le consensus de 2001 a volé en éclat. Dominique de Villepin dans Le Parisien a critiqué l’alignement atlantiste du président Sarkosy : « Il est indispensable d’accompagner toute intervention de ce type d’un calendrier de retrait. Car nous savons que l’intervention de troupes étrangères nourrit des réactions profondes contre ceux qui sont perçus très vite comme des occupants ».

 

        Une mère de soldat s’est exprimée avec courage et dignité : « Je suis la maman d’un jeune soldat envoyé en Afghanistan. Allons-nous devoir apprendre à vivre comme des dizaines de familles américaines qui vivent dans la hantise de voir arriver deux hommes en uniforme devant leur porte? Ce n’était que des enfants pour la plupart, ils n’étaient pas prêts à subir « l’enfer » afghan. Nous sommes d’accord pour que nos hommes défendent la France. Quels sont nos vrais intérêts en Afghanistan? Vous parlez de terrorisme - encore une fois M.Sarkosy vous nous mentez. Vos intérêts sont tout autres, plutôt stratégiques. Où est le patriotisme dans tout cela? Rendez-nous nos enfants, cessez de jouer les gendarmes pour l’OTAN, rendez l’honneur à nos soldats, à la France, nous ne sommes pas les gardes-chiourmes pour le compte des Etats-Unis. »

 

Yves Farge comprenait déjà en 1948 qu « on n’organise pas la paix mondiale en formant dans une partie du monde une croisade contre une autre partie du monde…l’idée de guerre et les préparatifs de la guerre sont la source de la tyrannie, de l’oppression, de la misère… la paix se gagne. Elle est la récompense du clairvoyant courage… ».

 

J’ai lu dans les textes préparatoires du 34ème congrès du PCF des passages très intéressants. En gros il est dit que dans : « la mondialisation, les rapports au temps et à l’espace se transforment. Les migrations humaines s’amplifient, charriant le brassage des cultures et le choc des inégalités. Les forces capitalistes s’emploient à imposer leur vision du monde et leurs valeurs. La mondialisation a pris des formes d’ « occidentalisation » du monde avec des stratégies et des processus néo-impérialistes d’hégémonie économique, sociale, culturelle, idéologique. Une culture de guerre  permanente, la fameuse thèse du « choc des civilisations », avec en effet miroir l’irruption de l’intégrisme et du fondamentalisme instrumentalisant les questions des identités, des religions, nourrissent de prétendues oppositions civilisationnelles entre des « communautés » présentées comme antagoniques, avec comme corollaire des affaiblissement démocratiques, un recul des valeurs universelles d’émancipation humaine, un refus mutuel de la reconnaissance légitime de la diversité culturelle.

 

La confrontation russo-américaine dans la Caucase vient brutalement d’exacerber les tensions en aggravant les risques pour la sécurité internationale. Cette situation inédite depuis la fin de la guerre froide rappelle à tous, aux forces progressistes en France et en Europe, l’importance d’une mobilisation politique et citoyenne pour la paix à la hauteur des dangers et de ces nouveaux enjeux.

Dans le monde où les dépenses militaires atteignent à nouveau des chiffres record, les Etats-Unis restent dominants, mais, en dépit d’une puissance inégalée, ils ne sont plus en capacité de maîtriser à leur guise les relations internationales. Aussi, ils essayent comme jamais d’embarquer les puissances moyennes, comme celles de l’Union Européenne, sous l’étendard de l’OTAN, dans leur logique de guerre ».

 

Dès 1946 le préambule de l’UNESCO affirme : « c’est dans la tête des hommes que naissent les guerres. C’est dans la tête des hommes qu’il faut bâtir les défenses de paix ». Comme dit Pierre Villard notre co-président qui était parmi nous il y a une semaine dans les locaux du Courrier Picard : « il n’y a rien de fatal. Il y a toujours des hommes et des femmes, qui font des choix. Aujourd’hui, l’ONU définit la culture de la Paix comme un ensemble de valeur d’attitude, de comportement et de mode de vie qui rejette la violence et préviennent les conflits en agissant sur leurs causes profondes et en résolvant les problèmes par la voix du dialogue et de la négociation entre les personnes, les groupes et les nations… La paix est un véritable projet de transformation humaine de la société, du quartier à la planète…Il faut mondialiser la Paix »

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En matière militaire Sarkosy est non seulement le larbin des américains, il voudrait faire plus de militaire à moindre coût. Extension bien sûr du libéralisme. Ce qui pose des problèmes aux militaires eux-mêmes, qui comme tous ceux qui sont attachés aux services publics constatent qu’ils ne  peuvent plus menés à bien leur mission. Le rapport de l’OTAN publié au Canada illustre cette réalité. Le mouvement de la Paix demande au président de la République de rapatrier les troupes françaises d’Afghanistan et de prendre des initiatives pour aider au développement de ce pays, en consacrant l’argent destiné à la guerre, pour la reconstruction et la viabilité sociale, économique et démocratique. Le conflit en Ossétie, suite à l’agression géorgienne et à la riposte disproportionnée russe, est un résultat concret des risques que comporte l’élargissement de l’OTAN dont le développement est un élément essentiel de la déstabilisation de la Planète. Pour tous les observateurs, le gouvernement géorgien a bénéficié du soutien politique et logistique des Usa.

La reconnaissance précipitée par la Russie de l’indépendance de l’Ossétie du sud et de l’Abkhnazie contribue à l’escalade. Si l’expression par deux fois des Ossètes d’un statut d’autonomie  doit être respectée, tout processus d’indépendance doit se faire dans un cadre validé par la communauté internationale. C’était vrai pour le Kosovo, c’est vrai pour l’Ossétie, l’Abkhnazie ou toute autre partie du monde.

L’intérêt national de la France, comme sa responsabilité liée à la présidence française actuelle de l’Union européenne, exigent que des interventions énergiques en faveur de la paix et de la résolution pacifique des conflits soient menées par le président Nicolas Sarkosy. La France, comme l’Union européenne, n’a rien à gagner de la survivance de l’OTAN et tout à craindre de son élargissement et de sa doctrine interventionniste.

 

Alors que doit faire la France ? Alors que doit imposer la mobilisation populaire ?

1) Le Parlement ne doit pas seulement être consulté, il doit être le lieu d’élaboration de la défense républicaine de la sécurité internationale et octroyer les moyens en rapport avec ses missions clairement définies.

2) Il faut contribuer à exiger le retour de nos troupes actuellement dangereusement investies à perte en Afghanistan.

3) Profiter de la relecture ou révision selon les écoles linguistiques du TNP pour populariser et faire avancer notre projet déjà internationnellement soutenu de convention internationale pour la suppression des armes nucléaires.

4) Il faut exiger la suppression de l’OTAN qui n’a plus de raison d’être et qui est un boulet pour les économies des alliés.

5) Halte à l’inflation des dépenses militaires qui ne garantissent en rien la sécurité.

6) Faire de la culture de Paix un enjeu idéologique au même titre que la défense de l’environnement.

 

Avec les anciens qui restent jeunes au sein du mouvement nous avons mené des combats que nous avons gagnés. Après Hiroshima la bombe n’a plus été utilisée, l’Algérie et le Vietnam ont accédé à l’indépendance, les perchings et SS20 ont été détruits, les essais ne se font plus en Polynésie, la France n’est pas en Irak. Mais attention les faucons sont revanchards il ne faut pas faire avaler des couleuvres aux colombes.

De Jean Catelas à nous en passant par Yves Farge et Joliot Curie il y a une continuité dont nous devons nous montrer dignes.

                                              
                                                                                  P.KACZMAREK

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Article de presse POUR ou CONTRE le maintien des troupes en Afghanistan

Publié le par Patrick Kaczmarek

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Compte rendu de la réunion publique du 19 septembre pour le 60éme anniversaire du mouvement de la Paix avec la participation de Pierre Villard co-président

Publié le par Patrick Kaczmarek

Comme en témoignent les photos ci-jointes la salle était pleine. Le Courrier Picard à l’occasion du 60ème anniversaire du Mouvement de la Paix avait prêté son salon d’honneur le vendredi 19 septembre.

Les thèmes abordés ont permis un débat très riche : Histoire du Mouvement, actualité du pacifisme, culture de Paix, désarmement, actions à venir et objectifs à gagner.

L’assistance très diversifiée est composée d’élus locaux, de responsables d’associations, de syndicalistes, de sympathisants, beaucoup de têtes nouvelles particulièrement attentives aux propos de Pierre Villard lorsqu’il aborde la Culture de Paix. Les participants ont découvert avec enthousiasme la revue du Mouvement « Planète Paix » excellent outil de communication et d’information. L’engagement a été pris d’en développer la diffusion. Le porte Folio (15 affiches historiques du mouvement) a été massivement commandé (20 euros).

L’accent a été mis sur la préparation de la manifestation de Strasbourg, le retrait des troupes d’Afghanistan et la préparation du congrès national qui dans notre département sera précédé d’une assemblée départementale le 25 octobre à 14h30 salle Maurice Honest boulevard du Cange à Amiens, ouverte à tous.

Cette initiative du 19/09/08 a contribué incontestablement au développement du Mouvement.



                                                                                                                       LARVOR Jean






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Article de presse à l'initiative de la réunion publique du mouvement de la paix le 19 septembre à 18h30 salle d'honneur du Courrier Picard

Publié le par Patrick Kaczmarek

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Réunion publique le 26 juin pour le mouvement de la Paix avec la participation d'Arielle Denis la co-présidente

Publié le par Patrick Kaczmarek

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Oraison à l'occasion de l'incinération d'Alain Fremaux au cimetière de la Madeleine

Publié le par Patrick Kaczmarek

Le chagrin et la pudeur m’imposent la sobriété et la brièveté tout en n’excluant pas l’intensité de l’émotion.

 

Les phrases qui vont suivre sont les plus difficiles qui m’ont été proposées de prononcer.

 

Ce n’est pas l’ami, le camarade, le médecin d’Alain qui va parler. Je vais essayer d’être le porte parole de tous ceux ici présents qui l’ont connu. Je me méfie de l’expression « bien connu » je serais le porte parole de ceux qui l’ont connu, aimé, apprécié. Il arrive en évoquant un défunt – tous les défunts ne sont pas des disparus – qu’un sourire plisse le coin des lèvres  en se souvenant d’un heureux moment en écoutant du jazz dont il était friand, d’un bon mot, d’un imprévu, d’un pot autour d’une frite merguez après une réunion plus ou moins houleuse.

 

Alain n’est pas prêt de disparaître.

Alain est apparu le 18 octobre 1949 à Paris, issu d’un ingénieur ch’ti et d’une secrétaire auvergnate. Il était le benjamin d’une fratrie de trois : Jacques l’aîné, Jean le cadet dit le corse. C’est chez Jean que Yanis le fils de 15 ans apprend le décès de son père. A cette heure Yanis commence son deuil à l’écart chez son oncle en pleine communion de pensée avec sa mère qui doit respecter le droit de papa. Né en octobre c’est une balance. Certains prétendront que c’est à cause de son signe zodiacal qu’il a toujours su en tant que secrétaire de section à la Courneuve  dans une période, de crise, être une charnière à l’écoute respectueuse des avis divergents. Ce fut comme le disent ses camarades, un pacificateur des différences qui a su répondre dans l’urgence à une demande de prompte relève. Cette relève est maintenant confirmée.

 

Que ce soit en tant que secrétaire de la Courneuve disais-je où il a innové en mettant en place l’Observatoire de la démocratie locale ou en tant que membre du comité fédéral de Seine st-Denis ou en tant que chef de service de la promotion à l’humanité il a toujours inspiré le respect, lui qui a consacré toute sa vie au parti. Parti dont-il venait de recevoir la carte de vétéran.

 

Le respect, il l’a toujours inspiré sauf en tant que tricheur invétéré au trivial poursuite et au 421 comme ses proches vous le confirmeront avec indulgence.

 

Alain c’est avant tout un grand gaillard aux allures d’aristo anglais, les cheveux argentés élégamment débraillés, le regard bleu clair grand ouvert sur vous, beau comme un estuaire. Il en a parcouru des estuaires, des horizons, des pays cet homme fou de voyages véritable citoyen de la terre : USA, Canada, Europe. Ils s’en souviennent encore au Conseil Général du 93 où il était accompagnateur de Passeport Monde.

 

Alain, c’est aussi et surtout comme disait de lui Patrick le Hyaric, un grand humaniste, révolté par l’injustice conscient que le parti communiste n’est pas de l’ordre de l’éventuel mais de l’ordre de la nécéssité.

Ce regard n’a pas été abîmé par la maladie. La voix a toujours été douce même quand elle assénait une vacherie. Car comme tous ceux qui aiment bien et qui châtient bien, il était d’une lucidité placide éclairée par une grande expérience de la vie, des hommes de la société. Il y a chez lui du Devos, du Pierre Dac, du Desproges. Alain sera serein jusqu’à l’ultime, accompagné dans la dignité et l’amour par une femme remarquable digne de la Kahina, Soraya.

 

Alain, l’ami, le camarade, le père, l’époux est quelque part au Panthéon. Quant à nous, il nous reste à vieillir, c'est-à-dire apprendre non pas  à perdre mais à gagner nos proches.

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Compte rendu de la réunion PCF santé

Publié le par Patrick Kaczmarek

Compte rendu de la réunion PCF santé

du 27 juin 2008 salle Maurice Honest Amiens 18h30

organisée par la section d'Amiens et la fédération

avec la participation d'Isabelle Lorand

 

 

Alors que les développements techniques sont fabuleux on est obligé de constater que la population se soigne de moins en moins bien (accès difficile à cause du coût, de la non prise en compte de la proximité en pédiatrie, en gériatrie, en urgence, orientation abusive vers des filières privées lucratives, liquidation de la médecine scolaire, de la psychiatrie, de la médecine du travail, dégradation du niveau de vie). On constate cependant un allongement de l’espérance de vie qui lui-même entraîne de nouveaux besoins qui ne sont pas satisfaits (liste d’attente en maison de retraite, coût des placements, aide insuffisante à domicile). La crise du système sanitaire va en s’aggravant. Les lois du grand capital à la recherche du profit maximal en un minimum de temps sont à l’origine de cette crise : Elles tendent à  diminuer les sommes qui sont consacrées aux soins et à la protection sociale dans le but de libérer du capital, de trouver des liquidités afin de spéculer. Elles veulent que la santé en elle-même devienne une marchandise source de profit pour les grandes entreprises pharmaceutiques, les mutuelles privées mais aussi on l’oublie trop souvent, les grandes multinationales de l’électronique et du bâtiment.

 

Ces nécessités vont à l’encontre des besoins légitimes des populations, qui savent qu’elles pourraient accéder à des soins de qualité qui certes ont un coût mais dont le prix doit être socialement acquitté. Disons-le clairement il faut dépenser plus et mieux pour la santé.

 

La dégradation du système sanitaire n’est pas nouvelle. On peut dire que la crise a commencé avec les ordonnances Pompidou contre la sécurité sociale 1968 puis la réforme Boulin, la loi Evin et enfin la loi Douste-Blazy. Quatre éléments sont constants démanteler la sécurité sociale tout en favorisant les assurances privées, restructurer le secteur public en favorisant les concentrations techniques en dépit des besoins et en aggravant les conditions de travail du personnel, favoriser le privé au détriment du public dans le cadre du SROS. Ce qui revient à faire baisser le niveau de qualité, tenter de diviser le milieu professionnel (médical, paramédical, technique et administratif)) en essayant d’amadouer les médecins qui malgré un bon nombre de cadeaux dénoncent les incohérences ou le cynisme des mesures préconisées.

 

Faut-il réformer le système sanitaire et la protection sociale ? Bien sûr. Mais ces réformes sont à faire en préservant les acquis et en développant ce qui va dans le sens de la satisfaction des besoins grandissants de la population, dans le respect des intérêts des personnels, en développant les soins et les techniques. Les réformes proposées actuellement sont des contre-réformes. Les restructurations qui sont proposées ne vont pas dans le sens de la modernité. Elles sous-emploient les produits du progré en méprisant les besoins fondamentaux de la population. Cette logique est parfois argumentée par des pseudo spécialistes qui par intérêt ou par simple méconnaissance des choses du monde vendent ou prêtent leur âme à cette néfaste manipulation. C’est pour cela qu’il faut imposer et développer le débat citoyen sur la santé. Les choix stratégiques qui ont été politiquement choisis sont catastrophiques. Ils engagent une dégradation qui opérera pendant une trentaine d’années. Il est plus que temps d’agir.

 

C’est dans ce cadre qu’a été conçu depuis des années par des gouvernements différents de droite et de gauche, la réforme hospitalière. L’« Hôpital – Entreprise » avec sa nouvelle « gouvernance », ses « pôles » d’activité, sa « tarification à l’activité » et la « contractualisation » de ses missions comme de ses personnels a pour seul objectif la rentabilité.

 

Le 1er mars 2004, 1160 chefs de services et praticiens hospitaliers de toute la France ont signé une lettre ouverte au président de la République Jacques Chirac, restée sans réponse et néanmoins restant d’actualité pour l’alerter sur la dégradation de l’hôpital public et le manque de moyens : « L’augmentation des besoins de santé de la population… appelle à l’évidence une redéfinition des fonctions et des structures de l’hôpital… le pire serait d’utiliser cette crise pour restructurer l’hôpital, non pas en fonction de projets médicaux, mais en fonction de critères purement gestionnaires » ; et « Il ne nous appartient pas de gérer la pénurie en restreignant l’accès aux soins ».

 

Le Pr. André GRIMALDI précisera : « Le but ultime de la réforme des hôpitaux est d’en finir avec le statut de la fonction publique en permettant aux hôpitaux déficitaires d’élaborer des plans sociaux ou de déposer leur bilan. Pour mener à bien une réforme aussi brutale, il faut passer par une phase intermédiaire où les hôpitaux, tout en gardant un statut public, devront être gérés en fonction de leur rentabilité ».

 

L’hypertechnicité est une aberration en médecine. La médecine est globale, il n’y a pas de bobologie, de petites pratiques, de malades mineurs; avant de dire que les gens n’ont rien, il faut avoir envisagé beaucoup de pathologies compliquées. Prenons l’exemple de la mortalité périnatale. Il est prouvé que ce n’est pas le manque de technicités ou de compétences qui en est responsable. C’est clairement corrélé au niveau de pauvreté d’où l’importance de maintenir les maternités de proximité qui sont qui sont au cœur même de la niche écologique des femmes concernées. On avait dit après la cité hospitalière de Lille «plus jamais ça»: déshumanisation, maladies nosocomiales plus facilement diffusables…Où nos étudiants vont-ils apprendre les bases de la médecine si le public n’est réservé qu’aux cas lourds et si peu rentables expliquant en partie l’asphyxie comptable des centres hospitaliers? Il faudra un jour très prochain se poser la question du financement de nos établissements. A ce propos nous devons citer Alain Lhostis adjoint communiste au maire de Paris chargé de la santé, Président délégué du conseil d’administration de l’AP-HP: « Aujourd’hui, le budget consacré aux hôpitaux ne dépend pas de leur activité, et encore moins des besoins de santé de la population. Il dépend uniquement  de l’ONDAM (Objectif National de Dépenses de l‘Assurance Maladie), c’est-à-dire de l’enveloppe limitative crédits votée chaque année par le Parlement dans la loi de financement de la sécurité sociale. Celle-ci exprime donc ce que la majorité au pouvoir accepte de consacrer à la santé de nos concitoyens, en d’autres termes à la solidarité nationale. Or celle-ci est mise à rude épreuve, pour le plus grand profit des cliniques commerciales.

D’abord, parce que l’ONDAM est régulièrement sous-évalué, comme le dénonce année après année la Fédération Hospitalière de France (FHF). Celle-ci évalue aujourd’hui le sous-financement des hôpitaux publics à plus d’1 milliard d’euros!

Ensuite, parce la T2A organise une concurrence généralisée entre l’ensemble des hôpitaux publics et privés qui doivent se partager cette enveloppe fermée. Chacun devant chercher à faire le plus d’activité possible rapportant le plus d’argent possible. Le résultat de ce système pervers, c’est que certains malades deviennent plus « rentables » que d’autres et que chacun cherche à conquérir des « parts de marché » au détriment des autres! Nous voilà bien loin des missions de l’hôpital! Avec la T2A, la santé n’est plus qu’une simple marchandise et l’on a pu ainsi voir nommer à la tête du plus grand CHU de France, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), une ancienne dirigeante de Danone!

Ajoutons à cela que ce système est détourné pour avantager ouvertement le secteur lucratif : dans un récent rapport, la Cour des comptes montre que 170 M€ pris sur l’enveloppe du service public hospitalier ont été transférés au profit des cliniques privées pour financer le dépassement de leur objectif d’activité!

Car tel est bien le but de la T2A : installer toutes les conditions pour une privatisation rampante du service public hospitalier. En sous-finançant les hôpitaux et en leur appliquant les mêmes tarifs qu’aux cliniques privées, qui n’ont pourtant pas les mêmes obligations de services publics, on organise délibérément leur « faillite » budgétaire, les obligeant ainsi à supprimer du personnel, à abandonner des activités, à fermer des services et à multiplier les plans d’économies. »

 

Supprimer l’hôpital nord à Amiens, c’est supprimer un hôpital de proximité au service des quartiers les plus populaires près de 40 000 personnes, mais aussi toute proche de la zone industrielle où les accidents du travail sont fréquents et parfois graves. Dans un dossier que j’ai eu entre les mains sur ce projet il était clairement dit que ce qui était recherché c’était des économies à tous les niveaux et non le confort des malades qui d’usagers ne sont plus que des clients. Le public supprime des lits et fait celui du privé qui se construit à quelques minutes de SAMU en cas de problèmes. L’hôpital est la  plus grosse entreprise de la ville. Déplacer les locaux, c’est aussi induire des modifications déstructurantes au niveau de l’urbanisme et des transports? Où est l’intérêt de la population? A-t-on consulté les personnels? J’ai assisté à une réunion qui a consisté à informer et si on était contre il fallait que l’on nous explique mieux. Les gens ont peur devant le gigantisme et l’étendu du fiasco, ils sont comme  paralysés. Il y a du travail c’est sur. Il est possible toujours de combattre toute impression de fatalité. Nous allons faire des propositions:geler la destruction de l’hôpital nord organiser une véritable concertation sur les conditions de modernisation du centre hospitalier régional, pourquoi pas proposer un référendum,demander à l’état de s’investir à la hauteur des nécessités. Il est encore temps de sauver la situation et même de saisir cette  occasion pour progresser d l’hôpital. Il est par exemple absurde de déplacer la maternité du CHU.

 

La dimension européenne est aussi à prendre en compte. Cette dimension fait le lien avec la mondialisation libérale. Sa prise en compte est essentielle pour mesurer la nature du rapport de force qu’il convient d’affronter si on souhaite résister aux effets des réformes en cours et proposer d’autres alternatives.

 

La perspective ne peut être ouverte que par les luttes. La santé depuis les origines de l’histoire est un enjeu de civilisation. Elle est à présent un enjeu de classe. Son niveau de qualité pour une société donnée dépend des rapports de forces entre le capital et le monde du travail (en formation, en activité, en retraite, au chômage). La santé est le quotidien, le futur possible, le maintien ou le développement des capacités physiques, psychologiques et intellectuels des populations. C’est la préoccupation la plus proche de chacun de nous et la plus proche de nos proches pour maintenant et demain. Il n’en reste pas moins que cette préoccupation qui doit être un axe prioritaire qui du reste se relie à toutes les autres préoccupations (stabilité de l’emploi, qualité de formation, qualité de logement, qualité de l’école, médecine scolaire, médecine du travail, culture…) n’est pas prise en compte au niveau où elle devrait être par la société dans son ensemble. Il faut le reconnaître paradoxalement il est difficile de déclencher au grand mouvement populaire.

 

La santé n’est pas que l’affaire des blouses blanches. Le mouvement social doit peser de tout son poids pour que les politiques fassent le bon choix. Tout dépendra de la mobilisation populaire des exemples récents l’ont prouvé, des hôpitaux ont été sauvés. Il faut que les citoyens sachent qu’on leur ment. Il faut absolument en priorité alors que chacun et chacune connaît les difficultés à se soigner légitimement, réaffirmer que la nation française, septième puissance capitaliste au monde, à les moyens d’assumer cette mission. N’a-t-elle pas créé la Sécurité Sociale en 1947 alors que la France était ravagée par la guerre. La question des moyens, du financement doit être au coeur même du débat autour de nos propositions.

 

 

 

 

 

                                                                       Patrick KACZMAREK

                                                                 Responsable secteur santé

 

Publié dans SANTE

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A la mémoire d'Alain FREMAUX

Publié le par Patrick Kaczmarek

« C’est avec beaucoup d’émotion et de chagrin que j’ai accompagné Alain Fremaux jusqu’à la mort.

Alain avait mis toutes ses compétences, son énergie et sa sympathie à la création et à l’actualisation de ce blog.

Il n’est plus mais le travail continue grâce entre autre à Soraya qui assure la relève. »

 

                                                                                  Patrick KACZMAREK

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