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GOODYEAR VALLS

Publié le par Patrick Kaczmarek

Publié dans POLITIQUE

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LES GOODYEAR A RUEIL AVEC DES ROSES

Publié le par Patrick Kaczmarek

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on est dedans ... c'est clair !

Publié le par Patrick Kaczmarek

Les 10 stratégies de manipulation des masses

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by globalpresse Monde

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.

 

1/ La stratégie de la distraction Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. »

Noam CHOMSK

Publié dans INFOS DIVERSES

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Les médecins prescrivent hors AMM | L’ANSM pourra-t-elle être condamnée ?

Publié le par Patrick Kaczmarek

 

A LA UNE

 

 

Exclusif : les trois quart des médecins prescrivent hors AMM

 

Paris, le mardi 19 mars 2013 – Depuis plus d’un an, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a multiplié les mises en garde, parfois sévères, concernant des prescriptions hors autorisation de mise sur le marché (AMM). Qu’il s’agisse de s’inquiéter de l’utilisation du baclofène dans le sevrage alcoolique, de la recommandation assez stricte d’éviter les prescriptions hors AMM dans la prise en charge du surpoids de critiquer l’emploi fréquent du misoprostol pour le déclenchement des accouchements ou de Diane 35 comme contraceptif, l’ANSM s’est montrée à chaque fois très sourcilleuse. Au-delà de l’analyse particulière de chaque cas, cette attitude semble pourtant aller... >>

   

 

POLEMIQUES

 

 

Assistance sexuelle aux handicapés : débats sur les ébats au Conseil général de l'Essonne

 

Paris, le vendredi 22 mars 2013 – Sous des appellations et des statuts divers, les « assistants sexuels » pour personnes handicapées existent dans de nombreux pays : de l’Allemagne à l’Autriche en passant par certains états américains. En France, plusieurs associations, telles que l’Association des paralysés de France (APF), l’Association française contre les myopathies (AFP) ou encore la Coordination handicap et autonomie réunies au sein d’un collectif baptisé CH(o)SE militent pour que notre pays évolue également sur ce point. Elles appellent notamment à la mise en place d’une exception à la loi pénale interdisant le proxénétisme afin que... >>

   

 

 

La dangerosité du Wifi en passe de devenir un cas d’école !

 

Paris, le jeudi 21 mars 2013 – Fin janvier, les députés écologistes se réjouissaient de l'examen de leur proposition de loi concernant l’implantation des « antennes relais » qui visait à reconnaître la nécessité d’appliquer le « principe de précaution » en la matière. Obligation de réaliser une étude d’impact sanitaire lors de l’arrivée de nouvelles applications technologiques (disposition qui semblait viser notamment la 4G) et recommandation de limiter l’exposition au Wifi dans les crèches et les écoles comptaient également parmi les dispositions phares de ce texte. Très critiquée par certaines instances scientifiques (l’Académie de médecine en tête qui rappela que la nocivité des ... >>

   

 

EPIDEMIE

 

 

Cette année, la grippe a fait de vieux os

 

Paris, le jeudi 21 mars 2013 – Vos patients sont satisfaits d’être passés entre les griffes de la grippe et veulent croire que les risques d’être touché par un virus grippal en ce début de printemps sont minimes ? Pour les conforter, lisez le dernier bulletin des Groupes régionaux d’observation de la grippe (GROG). A leurs yeux, « le seuil épidémique (…) n’est plus franchi au plan national, mais la grippe reste épidémique dans sept régions : Auvergne, Aquitaine, Bourgogne, Bretagne, Languedoc Roussillon, Pays de la Loire et Picardie ». Mais si au contraire, ne redoutant pas ses complications, vos patients ne seraient pas contre une petite fièvre pour prolonger leurs vacances consultez le bilan ... >>

   

 

JUSTICE

 

 

Mediator : mise en examen, l’Agence du médicament pourra-t-elle réellement être condamnée ?

 

Paris, le mercredi 20 mars 2013 – Sans surprise, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a été mise en examen hier dans le volet « homicides et blessures involontaires » de l’instruction menée à Paris dans l’affaire dite du Mediator. L’institution est poursuivie pour « homicides et blessures involontaires » provoqués par de possibles « fautes de négligence commises entre 1995 et 2009 ». La mise en examen a été notifiée au patron actuel de l’ANSM, le professeur Dominique Maraninchi nommé à ce poste en février 2011 soit au moment où était ouverte l’instruction. Cette étape judiciaire avait été annoncée dans l’après midi par l’ANSM elle-même qui dans un communiqué ... >>

   

 

 

Accident mortel de perfusion : trois professionnels et l’AP-HP renvoyés en correctionnel

 

Paris, le mercredi 20 mars 2013 – Il s’agit sans doute de l’un des derniers actes officiels du juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy au sein du pôle judiciaire de santé de Paris. Un cadre de santé et un pharmacien exerçant à l’hôpital Saint-Vincent de Paul en 2009 (avant sa fermeture) seront renvoyés devant le tribunal correctionnel pour « faute caractérisée », tandis qu’une infirmière et l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) y comparaîtront pour « faute simple ». Les faits remontent à la fin 2008 et avait grandement ému l’opinion ainsi que la communauté médicale. La veille de Noël, Ilyès, trois ans, est admis aux urgences de l’hôpital Saint-Vincent de Paul ... >>

   

 

 

Mort in utero d’un fœtus à terme : aucune « faute » de Port Royal

 

Paris, le mercredi 20 mars 2013 - Début février, un couple pris en charge à la maternité Port Royal, a reproché à l’établissement un défaut de soins. Les parents, dont le fœtus est mort in utero, ont en effet indiqué avoir été renvoyés chez eux à plusieurs reprises, alors qu’un déclenchement (apparemment sans cause médicale) avait été programmé et que la mère s’inquiétait de mouvements plus rares du bébé. Le couple avait vu dans cette attitude le signe de dysfonctionnements liés à une surcharge de l’établissement. Une première enquête avait rapidement contredit cette présentation niant l’existence d’une sur activité. Lundi 18 mars, l’Assistance publique des hôpitaux ... >>

   

 

SOCIETE

 

 

L’hôpital oui, mais pas pour y mourir !

 

Paris, le mardi 19 mars 2013 – L’Observatoire national de la fin de vie rend public aujourd’hui un rapport intitulé « Vivre la fin de vie chez soi ». Ce travail s’ouvre sur les résultats d’un sondage IPSOS révélant que 81 % des Français aspirent à quitter ce monde de chez eux. Une proportion qui contraste avec le fait qu’aujourd’hui 25,5 % des décès surviennent effectivement à domicile. « Pourquoi existe-t-il un tel écart entre les souhaits des français et la réalité des faits ? » s’interroge l’Observatoire.

Le vrai désir : ne pas mourir ...
>>

   

 

MEDICAMENT

 

 

Pénuries de médicaments : le casse tête des pharmaciens

 

Paris, le lundi 18 mars 2013 – Ces dernières années, les problèmes soulevés par les pénuries de médicaments sont devenus un sujet de préoccupation croissant des pouvoirs publics et des pharmaciens. A la fin février 2013, on comptait ainsi en France une soixantaine de médicaments en rupture de stocks ou en grand risque de l’être selon le recensement qu’en propose l’Agence nationale de sécurité du médicament, comme le rappellera David Simonet (responsable d’un laboratoire pharmaceutique) ce mercredi 20 mars à l’occasion d’une séance de l’Académie de pharmacie dédiée à cet enjeu majeur de santé publique
Mieux structurer les remontées d’information ...
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EN BREF

 

 

Diplôme européen infirmier : la marche à suivre

 

Paris, le lundi 18 mars 2013 - Une directive européenne a confié à l’Ordre des infirmiers la mission d’assurer la reconnaissance des diplômes infirmiers délivrés dans l’Union européenne en France. Ce texte européen ainsi que les précisions établies fin février par le conseil départemental de l’Ordre des infirmiers de Paris prévoit quatre étapes pour la reconnaissance des diplômes. Un infirmier européen souhaitant exercer en France doit ainsi d’abord s’assurer auprès de la Direction régionale de la jeunesse de la conformité de la formation reçue « aux exigences » de la directive européenne. Un entretien est ensuite programmé avec les responsables de l’Ordre afin de ... >>

   

Publié dans SANTE

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Des roses à Rueil-Malmaison

Publié le par Patrick Kaczmarek

Publié dans POLITIQUE

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RAPPORT 2012 DE SANTE AU TRAVAIL

Publié le par Patrick Kaczmarek

CONCLUSION COMMUNE DU COLLECTIF DES MEDECINS DU TRAVAIL DE BOURG EN BRESSE

 

19ème rapport annuel commun d’activité d’un groupe de pairs

 

 

 

 

 

LE TRAVAIL, LA SANTE, ET LA MEDECINE DU TRAVAIL ABANDONNES A LA PREDATION ET AUX CONFLITS D’INTERETS

 

 

 

 

 

 

 

 

Docteurs CELLIER, CHAPUIS, CHAUVIN, DELPUECH, DEVANTAY, GHANTY, LAFARGE

 

1 rue A. Bertholet 01000 Bourg en Bresse - tél 04 74 23 66 30

 

Février 2013


 

Dans notre rapport 2011, nous avons particulièrement développé l’oppression du contraste entre les constats tellement graves en santé au travail, liés aux organisations de travail délétères et l’inadéquation totale de la réforme qui aggravait encore l’aliénation des médecins du travail et des préventeurs à ceux qui génèrent les risques, en leur confiant même la mise en place des orientations de prévention dans un conflit d’intérêt sans précédent et sans qu’aucune piste de transformation ne voie le jour. Nous avions dit notre écœurement alors que malgré tous les empêchements structurels et les difficultés, une frange active de notre profession avait développé une activité très pertinente, la clinique du travail, permettant la compréhension des mécanismes d’atteintes à la santé dues au travail, l’accompagnement des blessés et malades du travail et la construction de vraies pistes de solution (cf. nos propositions de 2011 en annexe). Il ne manquait plus que les moyens effectifs de la mise en œuvre de ces solutions dans les entreprises, ce qui passait nécessairement par une indispensable coercition puisque notre expérience montrait bien que ce n’est pas par manque d’information mais par manque de volonté que les améliorations ne voyaient pas le jour dans les entreprises. Bien au contraire, suite à la dernière réforme, la déprofessionnalisation s’installe au mépris de cette construction très professionnelle et pertinente, pour partir vers des orientations bien en deçà des constats. Rien d’étonnant puisque la décision politique a été de prendre le parti des logiques financières et des tenants du système en refusant de remettre en question les organisations de travail générées par celui-ci. Or ce sont ces organisations qui sont pourtant à l’origine de l’essentiel des pathologies dues au travail. La déprofessionnalisation de la prévention en santé au travail est un moyen de ce camouflage ; celle-ci frappe d’ailleurs l’ensemble du monde du travail dans cette volonté d’asservissement qui tourne au drame puisqu’elle est en train de déstructurer le travail, les liens sociaux et le tissu social.

Nous l’affirmons ! Le coup fatal a été porté à la prévention en santé au travail dans une grande irresponsabilité de l’Etat et des décideurs.

Un espoir se dessinait en 2012 avec le changement de gouvernement qui en appelait à plus de justice sociale et de préoccupations des réels problèmes des français. Mais quel espoir déçu ! Malheureusement l’évènement majeur de 2012, c’est que ce gouvernement a tourné le dos au drame du travail et on peut même se demander si ce n’est pas son attitude par rapport à l’intérêt général. Et tout ça au cœur d’une expérience que nous ne connaissons que trop bien qui est que l’urgence de se préoccuper de la question du travail est une énième fois enfouie dans l’angle mort du débat public !!! Or il n'y a pas plus réel, plus aigu et plus délétère actuellement que le problème du travail pour chacun de nos concitoyens. Nous ne parlons pas de l'emploi, problème gravissime également, mais qui n'est pas directement l'objet de notre responsabilité ; mais de ce travail que nous avions décrit comme contaminé et qui gangrène la vie, le psychisme, la santé, les liens sociaux.

2012 aura été l'année de la NON REPONSE à ces besoins urgents alors que cela fait des années que nous ne cessons d' alerter sur le drame de la faiblesse de régulation par l'Etat ; il était alors légitime d'espérer d'un gouvernement, a priori porté par les questions humaines, qu'il aille vers une dénonciation de la Réforme en santé au travail - c'était l'objet de notre demande dans une lettre à François Hollande en juillet 2012 (en annexe) -, et repense en profondeur ce qu'il était juste et efficace de mettre en place compte tenu de l'apocalypse des constats.

Mais très curieusement, avant même la santé au travail, le travail lui-même est traité en quantité négligeable, alors que c'est pourtant le lieu du cancer qui mine les individus et la société. Nous avons lu avec stupéfaction dans la presse, de façon très lapidaire, que notre ministre actuel trouvait que la réforme en santé au travail «avait le mérite d'avoir été faite», et qu’il s'engageait seulement à en faire le bilan ! Mais quel peut bien être le bilan d’un système aussi gangréné que le sinistre Comité Permanent Amiante qui a donné le drame que l’on connait, sinon encore des morts et des blessés au travail ; car les capacités d’actions des préventeurs sont annihilées par leur mise sous tutelle par ceux qui génèrent les risques. Nous voulons dire que maintenant, après toutes ces leçons qui n’auront pas été tirées, les décideurs pourraient bien être considérés comme responsables ET coupables car ils ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas été éclairés et alertés par les professionnels de la gravité de leur décision à laisser perdurer un tel conflit d’intérêt dans les services et finalement d’avoir organisé sciemment l’amputation du pouvoir d’agir des médecins du travail et des autres préventeurs. Notre diagnostic est fait : les bilans de la santé au travail sont faits depuis des décennies et sont catastrophiques ; la réforme n'apportera aucun remède, bien au contraire. Le paritarisme dans la gestion des SST reste bien en deçà des besoins. Les fausses réponses sont maintenant à l'œuvre dans nos services de plus en plus dans le chaos et en inadéquation avec les constats, comme c’est aussi le cas pour leurs partenaires de la CARSAT et de la DIRECCTE, dépossédés des vrais moyens de traitement pour répondre aux vrais diagnostics. D'ailleurs, personne ne parle de traitement et donc de transformation mais seulement d'évaluation. Quant à la vraie pluridisciplinarité, nous ne cessions de souligner que ces organismes, à condition d'être vraiment légitimés sur le plan de leur mission et de leur autorité, y ont leur place, juste et essentielle, en coopération avec les médecins du travail ; nous sommes témoins que cette synergie, lorsqu'elle peut s'appliquer, est tout à fait efficace à faire avancer les mesures basiques de prévention dans les entreprises et nombre de problèmes restés irrésolus depuis des décennies par le refus de la part des employeurs de faire les transformations nécessaires et par l’absence de coercition pour les y forcer dans l’intérêt du bien public. Ceci est une réalité centrale à laquelle, malheureusement, tournent le dos toutes les gesticulations périphériques que nous voyons à l'œuvre dans la mise en place de la réforme qui fait semblant de tout solutionner alors qu’elle recommence une évaluation globalement faite depuis des décennies.

Au chevet de la France malade du travail, les médecins sont relégués au rang d'exécutants alors que c’est l’exact contraire qu’il aurait fallu faire à savoir tout mettre en œuvre pour le développement de leur point de vue spécifique, très pertinent et très efficace, qu’est la clinique médicale du travail.

Nous ne voyons pas d'autre explication à la démission du gouvernement vis à vis de cette urgence de santé publique, la santé au travail, que la confirmation qu'il est lui aussi soumis à la doctrine dite libérale, et il est bien vrai que soigner le travail et les travailleurs, c'est forcément oser remettre en question ce qui n'est pourtant pas du tout une fatalité mais un choix de société.

Que le lecteur et toutes les instances responsables sachent bien les ravages de ce désengagement de l'Etat, car, outre l'absence de décisions thérapeutiques, il donne l'exemple, le mauvais exemple, que rien ne doit s'opposer à la folie de la rentabilité à tout prix et à ses conséquences humaines.

Nous voyons l’escalade de la violence au travail se poursuivre puisque l’Etat ne joue plus son rôle de garant de la dignité des personnes. Nos consultations sont essentiellement axées sur la prise en charge des décompensations psychiques et physiques liées à la maltraitance au travail permise par un système indigne d’une démocratie.

Bien au contraire, nous sommes les témoins et victimes des incroyables renversements de valeurs décrits dans nos précédents rapports avec des niveaux d’aggravation avancée. Ce sont les médecins qui se mettent au service de la santé et des blessés qui se retrouvent malmenés et accusés par les instances mêmes qui devraient garantir la préservation de la santé. Un de nos confrères a été poursuivi et jugé par la Chambre Disciplinaire du Conseil de L’Ordre sur plainte d’un employeur concernant l’affirmation du diagnostic de souffrance au travail établi dans un certificat alors que cet employeur a pourtant été reconnu coupable par les Prud’hommes de harcèlement des cinq salariés de son entreprise. Une autre collègue est elle-même mise à mal par un DRH qui la considère comme un obstacle à son management et il faut déployer des trésors d’énergie pour que le contrôle social et l’Inspection du Travail puissent remplir leur rôle et maintenir le médecin dans sa fonction.

Et l'indépendance du médecin du travail nous direz-vous? Et bien oui, sans les moyens précis prévus dans la loi pour la défendre, avec une Inspection du travail sérieusement délégitimée dans son rôle de coercition et non soutenue par l'Etat qui se détourne lui-même de l'intérêt général, notre fragilisation est à son comble.

 

Tout ce gâchis est bien le témoin de ce grand mal idéologique avec la participation de tous et de chacun (il faut bien le reconnaitre). Il laisse perdurer l’insoutenable tout en portant en lui-même les ferments de sa propre destruction, en particulier par cette contamination radicale de la destruction du sens du travail et de son rôle dans la construction identitaire des individus et des sociétés. Dans l’absence de ressaisissement nous voyons malheureusement actuellement dans le monde du travail, comme dans nos services, les ingrédients d’un effondrement sociétal très inquiétant.

 

POUR CONCLURE, notre génération de professionnels en santé au travail a vu monter en puissance le faux discours sur le coût du travail, sur la compétitivité à tout prix, même à celui de la vie, alors que les dégâts de cette précarisation sur la santé et finalement sur le contenu du travail n'ont jamais cessé de s'aggraver et que cela a un coût humain et financier considérable, nullement relayé par les médias au niveau où il devrait l’être. Nous savons que porter soins aux travailleurs et au travail, cela passe par la régulation de ces dérives, réel gisement de potentiel du côté de la vie : la vraie compétitivité serait de faire du travail de qualité et ainsi améliorer la santé, la société, l'économie, la civilisation.

Dans cette volonté de défendre les vraies valeurs du travail, la dignité des personnes et la santé publique, l’Etat se devrait de réinvestir avec force son autorité régalienne pour arrêter la logique d’asservissement et donner pleine légitimité à ses représentants que sont les Inspecteurs du travail pour qu’ils puissent réellement s’interposer dans toutes les formes de violence et maltraitance au travail ; c’est notre constat de très longue date que cela serait déjà une étape essentielle à la prévention en santé au travail. Il devrait confier la santé aux professionnels de celle-ci, en mettant l’accent sur leur formation, leur légitimation et leur indépendance.

 

A ce jour, il faut bien savoir que l’Etat français a abandonné le travail au chaos déclenché par les logiques gestionnaires et la santé au travail au patronat assisté des spécialistes «de la communication», au cœur d’un conflit d’intérêt historique dans sa caricature et dans ses conséquences gravissimes, empêchant toute réelle prévention avec dans le même temps, la dégradation du système de soins, lui aussi de plus en plus abîmé et empêché par la pénurie médicale et les logiques gestionnaires.

 

Et pourtant ! Nous ne le dirons jamais assez, la France dispose de compétences immédiates en Santé au Travail ; il suffit pour cela de désenclaver l’Inspection du Travail, la Médecine du Travail, la CARSAT et de les mettre en synergie dans une réelle pluridisciplinarité partant des constats pour faire faire un bond en avant sans précédent et dans un minimum de temps à la Santé au Travail (cf. en annexe les fondamentaux de notre rapport de l’an dernier).

 

 

 

 

 

Annexes :

 

1.      Rapport 2011 de santé au travail – Fondamentaux

2.      Courrier au Conseil National de l’Ordre des médecins de février 2013

3.      Courrier à François Hollande de juillet 2012


 


 

RAPPORT 2011 DE SANTE AU TRAVAIL

CONCLUSION COMMUNE DU COLLECTIF DES MEDECINS DU TRAVAIL DE BOURG EN BRESSE

18ème rapport annuel commun d’activité d’un groupe de pairs

SANTE ET MEDECINE DU TRAVAIL :

APOCALYPSE NOW

Dans le mot apocalypse, il y a la notion de destruction (tellement présente à l’heure actuelle), mais il y a aussi, au cœur même de l’effondrement et «grâce» à lui, la notion de dévoilement, c'est-à-dire l’éclatement criant de la vérité sur les impasses où peuvent mener les conduites néfastes des uns, facilitées par l’indifférence, l’irénisme péjoratif ou la compromission des autres.

 

Pour la RECONSTRUCTION imminente, après le chaos et son paroxysme, au cœur des urgences, et à ne pas oublier pour ceux qui doivent rebâtir l’Etat Démocratique (acte premier) :

 

·         Repositionner l’Etat Régalien dans son rôle de régulateur imparable et impartial du monde et de la santé au travail.

·         Endiguer le travail dégradé et promouvoir impérieusement le travail décent pour tous.

·         Abroger la loi sur la santé et la médecine du travail de Juillet 2011 (et ses décrets d'application), qui institutionnalise la mainmise totale du patronat sur les acteurs de santé au travail.

·         Créer les conditions pour une indépendance réelle et non faussée des acteurs de santé au travail, dimension cardinale à l’efficacité.

·         Désenclaver la médecine du travail de ses liens incestueux avec le patronat pour permettre (enfin) le déploiement de la pertinence et l’efficacité de sa haute contribution possible dans les actions de transformations favorables à la santé au travail, en synergie avec les acteurs de coercition (Inspection du Travail -CARSAT) ; eux-mêmes pleinement légitimés dans leurs fonctions de protection de la santé des salariés et dans le cadre d’une authentique pluridisciplinarité protégée de tout conflit d’intérêts.

·         Déployer un sas totalement étanche entre la gestion des risques dans l’intérêt des employeurs et la prévention en santé au travail dans l’intérêt exclusif des salariés.

·         Créer les conditions pour une démocratie sociale optimale en sachant que l’Etat ne doit pas se défausser sur le paritarisme s’agissant des grands enjeux de santé au travail et de la question cruciale de l’indépendance des acteurs de prévention

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Docteurs CELLIER, CHAPUIS, CHAUVIN, DELPUECH, DEVANTAY, GHANTY, LAFARGE

 

1 rue A. Bertholet 01000 Bourg en Bresse - tél 04 74 23 66 30

 

Février 2012

COLLECTIF DES MEDECINS DU TRAVAIL DE BOURG EN BRESSE

 

A Monsieur le Docteur Michel Legmann, Président du Conseil National de l’Ordre des médecins.

A Monsieur le Docteur André Deseur, Président de la section Exercice Professionnel du Conseil National de l’Ordre des médecins.

 

Au sujet de l’affaire du docteur …, condamnée par la Chambre disciplinaire régionale : grandes stupéfaction et inquiétude pour la profession de médecin du travail

 

Le 14 février 2013

 

Messieurs les Présidents,

Voilà vingt ans que notre collectif décrit et alerte sur les incroyables atteintes à la santé au travail, leur dégradation en continu jetant une lumière crue sur les impossibilités toujours grandissantes de la prévention. Nous avons listé très précisément tous les verrous institutionnels à faire sauter et les leviers à actionner pour que les préventeurs, en particulier les médecins du travail, aient enfin les moyens de leur action. Nous nous sommes élevés encore dans notre rapport annuel 2011 sur la question de la responsabilité de l’Etat mettant en place, bien au contraire, de nouvelles règlementations pour «nous tirer loin de notre mission de santé du côté des intérêts financiers». Le conflit d’intérêt tourne à la caricature via la dernière réforme en santé au travail, qui dépossède les médecins de leur libre arbitre dans les décisions de prévention ainsi que d’autres mesures réglementaires dont cette choquante possibilité pour les employeurs de porter plainte devant le Conseil de l’Ordre départemental.

Nous vous avions mis en garde sur cet article du Code de la santé publique datant de 2002, offrant une possibilité aux employeurs d’entraver la mise en visibilité et la prévention en santé au travail. Nous renvoyons à notre courrier du 26 avril 2012 au Conseil National qui mettait en évidence toutes les confusions mises en place pour éloigner les médecins du travail et le Conseil de l’Ordre de l’esprit de la loi déontologique qui ne devrait pourtant qu’être au service de la santé, pour les attirer de manière pervertie et délétère via des règlementations (celles-ci désinsérées de l’esprit de la Loi) vers la défense des intérêts financiers. Pourtant la mission du médecin de travail n’est pas de s’occuper de la santé ou de l’intérêt des employeurs mais de la santé des salariés. Alors comment se fait-il qu’il doive rendre compte devant l’Instance Ordinale de son activité sur une plainte de l’employeur alors qu’il y a déjà des moyens de recours par la voie du Code du travail ?

Comment se fait-il qu’on laisse encore en l’état cette faille dans la règlementation, qui permet à l’employeur de dévoyer la mission du Conseil de l’ordre dans un objectif manipulatoire? Dans un glissement inquiétant, comment peut-il se faire que l’on en soit arrivé à mettre un blâme à un médecin qui a parfaitement développé toute sa professionnalité et sa responsabilité vis-à-vis de sa seule et unique mission, la santé des salariés ?

Nous vous avions alertés, via notre rapport 2011, sur cette brèche dangereuse pour la santé au travail et la mission de fond de l’Ordre des médecins. Vous nous aviez confirmé votre propre inquiétude et vous disiez «que la menace de plainte auprès de l’Ordre est parfaitement inacceptable dès lors qu’elle a pour objet d’aliéner l’indépendance professionnelle des médecins du travail et nous ressentons douloureusement le fait que nos instances ordinales puissent être utilisées, à leur corps défendant, à cette fin».

Et voilà que la condamnation de notre consœur le docteur …, prononcée par le Conseil régional disciplinaire, vient valider notre alerte par son avis choquant et inquiétant pour notre profession et notre mission de santé au travail, prouvant de sa part une vision très archaïque de la médecine du travail, et une grande méconnaissance de la gravité des enjeux , au cœur d’une hypocrisie sociétale qui déborde de toutes parts. Car il faut bien comprendre qu’il y a désormais une grande spécificité du métier de médecin du travail, c’est bien pourquoi depuis vingt ans nous avons tenu informé le Conseil de l’Ordre de nos constats, de nos travaux, et de la construction de notre clinique et de notre professionnalité, afin de nous mettre en adéquation avec notre obligation de moyens face à la gravité des constats. D’ailleurs, fort de cette connaissance, le Conseil départemental de l’Ain, se préoccupant beaucoup plus de la question de fond de prise en charge de la santé que de la forme des certificats, a lui, dans la procédure, défendu la posture du docteur ….

Les différentes étapes de l’intervention du docteur… (que nous avions débattues en groupe de pairs qui travaillent ensemble depuis vingt ans) ont prouvé, de notre point de vue, le haut niveau de professionnalité qu’elle a développé pour répondre à une situation où les atteintes à la santé étaient inédites et gravissimes. Ceci a d’ailleurs été validé par le jugement des prud’hommes qui a reconnu cinq salariés sur cinq harcelés au travail dans cette même entreprise. La grande spécificité (et aussi la grande force de notre métier que les employeurs n’auront eu de cesse d’attaquer et de vouloir détruire et faire taire), c’est notre diagnostic collectif via notre écoute clinique qui permet de faire les liens santé-travail et confirmer les diagnostics individuels. Nous avons validé dans notre travail de pairs que dans ces cas très graves où la santé et la dignité des personnes sont mises à mal, nous devons aller jusqu’au bout de l’alerte et donner des certificats qui se doivent d’être affirmatifs puisque le diagnostic est implacable et certain.

Que les membres du Conseil de l’Ordre comprennent bien que nous ne sommes plus dans la période précédente à ces vingt dernières années. Il y a eu une telle évolution dans les constats mais aussi un tel développement de notre métier et d’une clinique de haute volée que sortir du conditionnel et aller vers l’affirmation dans nos témoignages, sont devenus une exigence professionnelle et éthique. Quand on en arrive à un tel niveau délétère de dégradation de la santé au travail, il n’y a point de conditionnel à utiliser et il faut refuser à l’employeur les recours règlementaires qui ne sont que des moyens grossiers, et pour camoufler la vérité et pour annihiler l’efficacité du médecin par la recherche d’une sanction.

S’il était confirmé que notre consœur est répréhensible d’avoir défendu la santé, il faudra bien dire que l’on met le coup de grâce à ce beau métier déjà pleinement défiguré dans son cœur par les précédentes réformes, et que vraiment plus rien (nous n’avons déjà plus grand-chose) n’est possible pour être un tant soit peu efficace face à de telles maltraitances. Que l’on nous dise alors comment répondre dans le même temps à la nécessité de porter assistance à personne en danger et que le Conseil de l’Ordre se prononce sur la manière concrète de l’exercice de la responsabilité médicale dans ces cas de risque de suicide ou autres conséquences gravissimes pour la santé. Que l’on sache bien, en tous cas, que le corps des médecins du travail, tellement affaibli par toutes les attaques contre son efficience, ne se remettra pas d’une attaque portée par son Ordre, et finira par retomber dans le silence qui lui a pourtant été longtemps reproché.

Nous vous transmettons, Messieurs les Présidents, l’expression de nos respectueuses et confraternelles salutations.

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Docteurs Cellier, Chapuis, Chauvin, Delpuech, Devantay, Ghanty, Lafarge

Adresse: Docteur Mireille Cellier. 1, rue Alfred Bertholet 01000 Bourg en Bresse

Le collectif des médecins du travail de Bourg en Bresse

Immeuble Le Caravelle

1, rue Alfred Bertholet

01000 Bourg en Bresse

 

à

Monsieur François Hollande, Président de la République

Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier Ministre

Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé

Monsieur Michel Sapin, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social

 

Le 6 juillet 2012

 

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Madame Monsieur les Ministres,

 

Comme vous le savez, alors que la France est très malade du travail, la médecine du travail vient d’être mise, par la dernière loi de juillet 2011, sur la pente aggravée de son euthanasie.

La France est lanterne rouge en Europe concernant beaucoup d’indices de santé au travail ; on en arrive à une situation où le conflit inhérent à la relation salariale est maintenant empoisonnée dans notre pays comme nulle part en Europe. Faisant intrinsèquement partie de la nette aggravation du risque psycho-social en France, il y a le fait même de la démultiplication des fausses analyses et des fausses solutions. Il y a aussi un enracinement affligeant dans le faux semblant en lien avec l’invasion des dérives managériales, en complet déphasage avec les réalités, ayant pour conséquence un vécu de non-sens au travail (contaminant largement le hors travail) et ce, à un degré inédit dans la période contemporaine.

 

Qu’est-ce qui fait que l’on en est arrivé là ? C’est bien du côté de la longue tradition d’hypocrisie sociale en France qui a porté à son point maximum les occultations et dénis sur les atteintes à la santé au travail (après la silicose, l’affaire de l’amiante en est un sinistre exemple).

Cette spécificité française est notamment en lien avec la redoutable efficacité de longue date du patronat à freiner l’élaboration des liens entre santé et travail et à verrouiller et contourner tous les dispositifs et acteurs missionnés pour traiter ces questions ; une telle efficacité qui ne peut s’expliquer que par la faiblesse des acteurs de régulation : à savoir l’ambiguïté des pouvoirs publics et le peu d’intérêt des acteurs syndicaux (sûrement coincés dans la spirale négative d’une démocratie sociale anémiée) qui ont longuement sacrifié les questions du travail sur l’autel d’autres thématiques.

Dans notre pratique nous avons amplement expérimenté qu’il y a de belles lois qui ne sont pas appliquées, ou qui contiennent de jolies phrases qui pourraient avoir un contenu fort si cela ne masquait pas gravement la question de la violence des rapports sociaux au travail : c’est le cas par exemple de l’indépendance du médecin du travail qui ne peut pas exister dans les structures actuelles, ou du soi-disant équilibre par le paritarisme lui aussi totalement inopérant dans les services de santé au travail. Faisant partie intégrante de cette déréalisation et ce faux-semblant , depuis la création de la médecine du travail on a fait comme si il n’y avait pas de problème, et que nous allions pouvoir « éviter l’altération de la santé au travail » alors que, le lendemain du vote de cette loi de 1946, les médecins du travail étaient mis sous tutelle du patronat via la gestion des services, réalisant là un magnifique conflit d’intérêts que personne n’a dénoncé à la hauteur de ses graves conséquences. Or, compte tenu des énormes besoins de santé au travail, au lieu de nous donner les moyens, la dernière loi va complètement à contre-sens, nous aliénant encore plus. Faut-il s’étonner que le précédent gouvernement se soit empressé sous la forte pression du patronat de détruire ce métier à l’heure où malgré les obstacles, une frange active de la profession avait construit un cœur de métier efficace pour l’accompagnement des salariés et aussi pour renvoyer l’alerte grâce à l’établissement de liens entre santé et travail ?

Nous voulons vous rappeler là qu’il y a eu une levée de boucliers vis-à-vis de cette loi aussi bien à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat. Au début, l’ensemble des syndicats était unanime pour contrer cette réforme, sans compter une pétition comportant de nombreux professionnels qui a obtenu 22000 signatures dont 1100 Inspecteurs, contrôleurs, médecins du travail. L’opposition dans laquelle vous étiez avant était montée au créneau pour dire l’absurdité de cette loi qui malheureusement est passée en force.

 

Nous n’arrivons pas maintenant à penser une seconde que vous allez laisser cela en l’état, jouant de l’alibi que les décisions ont été prises par d’autres. Pour nous, praticiens de terrain qui démontrons que ces questions de santé au travail sont une dimension majeure de la santé des populations, nous pensons que ce serait une grave erreur de ne pas exercer votre fonction régalienne pour remettre tout cela à plat en reconstruisant une loi mettant pleinement en adéquation objectifs et moyens, et ceci de manière urgente. Nous pensons qu’il n’y a pas une minute à perdre pour abroger cette loi scandaleuse qui détourne les ressources médicales à la faveur de l’intérêt des employeurs au détriment de la santé des salariés.

Rappelons le, un cœur de métier a été construit par une frange active de la profession à partir des référentiels déontologiques, légaux et ceci malgré les obstacles. Il est tourné vers l’accompagnement de l’humain confronté aux difficultés portant atteinte à sa santé, et vers la fonction de veille et d’alerte : de telles postures sont justifiées car elles répondent aux critères d’adéquation, de pertinence et d’efficacité, compte tenu des constats de la très forte diffusion de la souffrance au travail qui ne peuvent être appréhendés que par les entretiens médicaux.

Comment interpréter cet empressement à vouloir tuer ce métier si ce n’est que justement il en était arrivé à une belle efficacité mais trop dérangeante pour le patronat.

Nous ne sommes pas dans l’ordre de l’idéologie quand nous en appelons à une loi qui soit en adéquation avec les besoins de santé et le Code de déontologie inscrit dans la loi, mais bien dans l’ordre de la justesse des choses. Or il est tout à fait anti-déontologique et très anormal que la dernière loi bride la capacité d’initiative des médecins, les empêche de faire les liens entre santé et travail, détruisant toute capacité d’initier de vraies pistes de transformations et de prévention, même si elle a l’aplomb de parler en même temps de l’indépendance des médecins.

C’est avant tout une question d’efficience en santé publique mais nous pensons aussi que cela est une question de justice sociale, que cela contribuerait à plus de cohésion sociale, à l’épanouissement de la vie au travail, à l’équilibre de la société, et même serait profitable à l’économie.

Vous savez très bien que notre intervention n’a rien d’opportuniste ; vous êtes les destinataires de nos écrits sur la santé au travail et nos tentatives pour sortir de l’amputation de notre pouvoir d’agir depuis près de deux décennies ; cette constance est bien le reflet de la dégradation en continu des conditions de travail et des atteintes à la santé dues au travail. Maintenant que vous êtes au pouvoir et avez réellement les moyens d’agir, nous ne pouvons pas ne pas vous solliciter à nouveau pour sauver notre métier en lui donnant enfin sa dignité et son envol, dans l’intérêt exclusif de la santé des salariés. Il s’agit donc de ne pas rater l’opportunité historique de s’atteler à ce pan majeur pour la reconstruction de notre pays.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Madame Monsieur les Ministres, l‘expression de nos respectueuses salutations.

 

Le collectif des médecins du travail de Bourg en Bresse :

Docteurs Cellier, Chapuis, Chauvin, Delpuech, Devantay, Ghanty, Lafarge

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AUTEUR ET ILLUSTRATRICE D UN LIVRE DE MAXIMES TUNISIENNES

Publié le par Patrick Kaczmarek

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SYRIE: DES DÉFIS HUMANITAIRES COLOSSAUX ALORS QUE LE CONFLIT ENTRE DANS SA TROISIÈME ANNÉE, SELON LE HCR

Publié le par Patrick Kaczmarek

SYRIE: DES DÉFIS HUMANITAIRES COLOSSAUX ALORS QUE LE CONFLIT ENTRE DANS SA TROISIÈME ANNÉE, SELON LE HCR
New York, Mar 15 2013  1:50PM
Alors que le conflit en Syrie entre dans sa troisième année, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), António Guterres, a réitéré vendredi son appel à la communauté internationale en faveur d';un fonds spécial destiné à aider les réfugiés syriens et les pays qui les accueillent.
 
Alors que le conflit en Syrie entre dans sa troisième année, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), António Guterres, a <a href =";http://www.unhcr.fr/51433e91c.html";>réitéré  vendredi son appel à la communauté internationale en faveur d';un fonds spécial destiné à aider les réfugiés syriens et les pays qui les accueillent.
 
Pour le patron du HCR, qui donnait une conférence de presse à Beyrouth, l';aide dont les réfugiés ont besoin de toute urgence pourrait s';amenuiser et la région devenir instable si de nouvelles contributions n';étaient pas versées dans les meilleurs délais.
 
« L';écart entre les besoins concrets et les ressources disponibles pour y répondre ne peut certainement pas être comblé par les budgets dont dispose actuellement la communauté humanitaire », a expliqué M. Guterres en ajoutant que la tragédie en Syrie et dans la région, qui ne cesse d';empirer, constitue « une menace pour la sécurité et la paix au niveau international ». Si le conflit se poursuit, a-t-il prévenu, « le Moyen-Orient implosera. »
 
Il manque actuellement 700 millions de dollars pour couvrir les besoins de base de plus de 1,1 million de réfugiés,  le dernier appel de fonds étant sous-financé à hauteur de 70%. M. Guterres a demandé aux pays qui ont fait des promesses de contributions lors de la conférence à Koweït, en février dernier, de débloquer ces fonds au plus vite.
 
Il a aussi appelé la communauté internationale à redoubler d';efforts pour alléger le fardeau qui pèse sur les épaules des gouvernements des pays hôtes. Le Liban, qui accueille à l';heure actuelle plus de 350.000 réfugiés syriens, a vu ainsi sa population croître de 10% en 2012. « Ce conflit représente une menace potentielle pour le pays », a-t-il indiqué.
 
Le plan régional d';aide aux réfugiés syriens, doté d';un budget d';un milliard de dollars, définit la réponse coordonnée des agences du système des Nations Unies et de leurs partenaires, sous le leadership du HCR. On compte actuellement 1,126 million de réfugiés syriens enregistrés ou en attente de l';être en Jordanie, au Liban, en Iraq, en Turquie et en Égypte, alors que de nouveaux réfugiés arrivent au rythme d';environ 8.000 par jour.
 
De son côté, le Coordinateur humanitaire de l';ONU pour la Syrie, Radhouane Nouicer, a souligné que les besoins humanitaires des Syriens excèdent les capacités des agences humanitaires à y répondre et que les fonds disponibles sont sur le point de se tarir.
 
« Les abris, l';eau potable, les vivres et les soins médicaux, tout est placé sous le signe de la précarité. L';espace disponible pour les civils ne cesse de diminuer en Syrie, où il ne reste pratiquement aucun lieu sûr. Les Syriens n';ont aucune idée de quand ils pourront reprendre une vie normale ou s';ils le pourront un jour », déplore M. Nouicer dans un communiqué de presse.
 
« Malgré toute ce que nous avons accompli, nous n';arrivons pas à atteindre les personnes qui ont urgemment besoin d';aide et ils sont de plus en plus nombreux. La situation chaotique ne permet pas d';obtenir de données précises sur les besoins sur l';ensemble du territoire syrien et nous ne pouvons de toute façon pas subvenir à tous les besoins avec le niveau de financement actuel, qui s';élève à juste 21% des fonds nécessaires pour la première moitié de 2013 », a-t-il reconnu.
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Infos CN 11-03-2013. SMG Pratiques- Poissy - Montreuil

Publié le par Patrick Kaczmarek

Pierre Laurent

 HPST : « Un pacte de confiance, ça ne se décrète pas, ça se construit » (PCF)

Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé a annoncé le 4 mars dernier à partir des propositions d'Édouard Couty, 13 engagements pour rétablir la confiance avec les hospitaliers et préparer l'hôpital aux défis de demain.

Le rapport Couty développe 46 propositions visant à rénover la gouvernance hospitalière, ajuster la tarification, refondre à tous les niveaux le cadre du dialogue social, créer des contrats territoriaux de service public, améliorer les relations entre les établissements et les agences régionales de santé, rénover le secteur psychiatrique, et évaluer la pertinence des pôles.

Même si la ministre s'engage sur 13 propositions pour préparer l'hôpital de demain, tout en conservant un modèle solidaire et en faisant avancer la démocratie sanitaire par la création d'un comité technique des usagers, de nombreuses questions des hospitaliers restent sans réponse. Faut-il tourner la page de la loi HPST, sans l'abroger ? conserver la tarification à l'activité ? dénoncer l'hôpital entreprise, tout en laissant les mêmes pouvoirs aux directeurs des Agences régionales de santé ? recruter du personnel médical et para-médical ?

Le PCF prend acte de la volonté du gouvernement de rénover le dialogue social avec toutes les instances hospitalières, et de développer la démocratie sanitaire en renforçant la place et la participation des usagers dans les établissements de santé.

Mais il réaffirme sa volonté de pousser plus loin les valeurs et la richesse du service public hospitalier, en abrogeant la loi HPST, en supprimant les ARS, et en exigeant immédiatement un moratoire sur la fermeture des lits, en favorisant la proximité, et une réelle réponse médicale en fonction des spécificités et inégalités territoriales.

Un pacte de confiance, ça ne se décrète pas, ça se construit. La meilleure façon de tourner la page de la loi HPST, c'est de l'abroger.

Parti communiste français,

Paris, le 11 mars 2013.

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FRANCE MALI

Publié le par Patrick Kaczmarek

MALI : Hollande et Fabius limogent plusieurs diplomates français opposés à la guerre au Mali !

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Selon TTU (Très Très Urgent, lettre d’information hebdomadaire consacrée aux questions stratégiques et de défense), les divergences de vues sur la gestion de la crise malienne et l'intervention de l'armée française dans ce pays ne sont pas du tout tolérées par François Hollande. Plusieurs hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères qui ont osé critiquer cette politique ont perdu leur poste.

Il ne s’agit pas seulement de punir ceux qui sont sortis de l’unanimisme, mais surtout, selon TTU, de mettre à l’écart des éléments «hostiles» susceptibles de parasiter la conduite actuelle du dossier malien. Parmi les victimes de cette purge : d’abord la directrice de la DAOI (Direction Afrique-Océan indien), Elizabeth Barbier, puis Laurent Bigot, sous-directeur dans la même structure. Aucune explication ni affectation ne sont données aux limogés qui sont sommés par leur hiérarchie de quitter leurs postes «sous 48h».

Laurent Bigot n’était pas d’accord, et l’a dit, avec «la décision française de s’appuyer sur un gouvernement intérimaire contesté et une armée suspectée d’exactions contre les populations civiles, et, dans le même temps, de favoriser le MNLA, en utilisant ses hommes pour mener à bien la bataille des Ifoghas».

Fin janvier déjà, l’ambassadeur Jean-Félix Paganon a connu le même sort : remercié sans affectation. Il avait été nommé en juin dernier par Laurent Fabius comme son représentant spécial pour le Sahel. TTU fait savoir que c’est un «ancien» de Bamako qui l’a remplacé dans la coordination interministérielle Mali-Sahel (MMS) au sein de la DAOI. Ancien gendarme saint-cyrien, Gilles Huberson avait rejoint en septembre l’ambassade de France à Bamako pour opérer comme officier de liaison entre le Quai d’Orsay et la Défense.

Selon des sources diplomatiques, rapportées par TTU, il a fait partie, aux côtés de la DGSE, des discussions initiées à Kidal avec les responsables locaux et les chefs des grandes tribus targuies, dont le très influent chef ifoghas, Intalla ag Attaher. 

TTU s’attend à de nouvelles purges dans les rangs, cette fois, des ambassadeurs en poste dans la région.

Par ailleurs, toujours selon TTU, Michel Réveyrand de Menthon, ambassadeur de France au Tchad et ancien ambassadeur au Mali, pourrait remplacer Dov Zerah à la tête de lʼAgence française de développement.


Kamel Moulfi

SOURCE:

http://www.algeriepatriotique.com/article/hollande-et-fabius-limogent-plusieurs-diplomates-francais-opposes-la-guerre-au-mali

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