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MANIFESTATION

Publié le par Patrick Kaczmarek

Succès sans précèdent de la manifestation du 29 janvier à l'appel de 8 syndicats, 13000 participants.

Photos réalisées par  Jean LARVOR

 











 


 













 

           

 

     

 








 






 




 

 

 




 


 











 


 














                                                                                                                      

 

 

 

 














 

 











































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Vidéos des crimes de guerre isréliens à Gaza

Publié le par Patrick Kaczmarek

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Pour voir plus de photos des dernières manifestations

Publié le par Patrick Kaczmarek

Site de Jean-Marie FAUCILLON
http://amiensebouge.canalblog.com/

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Initiative à l'appel de la coordination des musulmans d'Amiens le samedi 17 janvier 2009

Publié le par Patrick Kaczmarek

Intervention de Patrick Kaczmarek

Après des mois de blocus, une intervention militaire aérienne et des bombardements depuis le 27 décembre, la bande de Gaza est maintenant de nouveau victime d’une invasion terrestre de l’armée israélienne. Cet acharnement de la 5ème puissance militaire du monde sur 1 million et demi de palestiniens vivants sur une petite bande de terre n’est ni admissible ni justifiable. Cynisme. Le cessez-le-feu est incontournable donc il faut massacrer avant accord.


Le conflit israélo-palestinien est une fois encore entré dans une phase dramatique. Ce conflit n’est ni religieux ni « ethnique », mais bien politique et territorial : l’engrenage de la violence dont les populations civiles sont les premières victimes, s’aggrave depuis des décennies. En tant que médecin et pacifiste suite aux informations alarmantes de l’organisation humanitaire Human Rights Watch et de médecin norvégiens présents à Gaza, sur l’emploi d’armes toxiques (bombes à phosphore et DIME), je m’inquiète de l’utilisation possible de ces armes et alerte sur les ravages irrémédiables provoqués sur les habitants de Gaza.

De forts soupçons pèsent sur l’armée israélienne qui utiliserait des obus au phosphore blanc, substance extrêmement toxique capable de provoquer de terribles brulures, ainsi que des lésions mortelles aux poumons, aux reins et au foie. L’utilisation de ces armes vient contredire l’argumentaire officiel selon lequel cette intervention militaire israélienne serait destinée « à désarmer le Hamas ». « A qui fera-t-on croire que ces armes ne sont pas dirigées contre les civils ? » dénoncent Arielle Denis et Pierre Villard co-présidents du Mouvement de la Paix.

Nous refusons toute mise en scène d’un prétendu « conflit de civilisations » et rappelons qu’aucun individu ne peut être étiqueté, stigmatisé ou agressé en raison de ses origines ou de sa foi, et que les manifestations d’intolérance, de racisme et d’antisémitisme, loin de servir les causes que leurs auteurs disent soutenir, les salissent et mettent en danger la vie démocratique. Le mouvement de la Paix demande le respect du droit des journalistes à circuler librement dans la bande de Gaza pour informer de la réalité du conflit. Oui le terrorisme est un fléau mais à qui fera-t-on croire qu’il peut être combattu par une intervention militaire ? A qui fera-t-on croire que la centaine d’enfants décédés sous les bombes ces derniers jours sont des terroristes ? Les habitants de Gaza sont pris en otage. En refusant de dialoguer avec le Hamas, en maintenant un blocus criminel, en permettant à Israël de bafouer toutes les règles internationales, en tolérant la colonisation, les gouvernements des grandes puissances ont créé les conditions d’une confrontation entretenue par les extrémistes de tous bords.

Une nouvelle fois, le gouvernement israélien relance la violence et prend la responsabilité d’un recul de la perspective d’un règlement négocié du conflit.

Je m’adresse à vous pour que le gouvernement français prenne des initiatives urgentes et agisse dans toutes les instances internationales pour que celles-ci sortent de leur passivité et agissent :

1)    Pour obtenir l’arrêt des bombardements par Israël et reprendre les pourparlers avec le Hamas pour obtenir un cessez-le-feu et la reconduite de la trève.

2)    Pour la levée du blocus de Gaza et des mesures pour la protection de la population et pour faire face à la situation humanitaire grave de cette zone.

3)    Pour demander une conférence internationale sous l’égide de l’ONU avec toutes les parties concernées et les pays de la région pour relancer les négociations sur TOUS les dossiers : création de l’Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël sur la base des résolutions de l’ONU, problèmes des réfugiés.

4)    Pour accélérer et intensifier la libération de tous les prisonniers et otages, en particulier celles de Salah Hamouri et de Guilad Shalit.

5)    Pour que des engagements pris lors de la Conférence des donateurs à Paris suite à la Conférence d’Annapolis soient respectés.

6)    Pour faire pression sur l’Etat d’Israël pour qu’il applique le droit international.

7)    Pour protester auprès de l’Union Européenne  qui vient de rehausser les accords de coopération avec Israël alors que ceux-ci devraient être conditionnés à l’application du droit international en matière de Droits Humains.





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Tract manifestation du samedi 10 janvier 2009 + photos

Publié le par Patrick Kaczmarek




 

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Réaction de Elias Sanbar sur Gaza

Publié le par Patrick Kaczmarek

Au onzième jour du conflit déclenché par Israël dans la bande de Gaza, Tsahal encerclait la ville de Khan Younès, au sud du territoire palestinien. Le dernier bilan des victimes de l'offensive «Plomb durci» s'élève désormais à au moins 635 Palestiniens tués, dont un quart de femmes et d'enfants selon les chiffres de l'ONU, contre quatre Israéliens tués par les roquettes du Hamas.
Alors que les Etats-Unis réclament un cessez-le-feu «immédiat» et «durable», I'armée israélienne va-t-elle investir la totalité de la bande de Gaza? Dans quel but?

Ambassadeur de la Palestine à l'Unesco, l'intellectuel franco-palestinien auteur de plusieurs ouvrages, dont Figures du Palestinien - Identité des origines, identité de devenir (Gallimard, 2004), Elias Sanbar, revient sur l'histoire trouble de la relation entre le Hamas et Israël, et s'interroge sur l'issue du conflit et les objectifs poursuivis par Israël. Entretien.

Quels échos recevez-vous de Gaza et quelle est votre analyse des évolutions possibles du conflit ?

La situation humanitaire est absolument gravissime, avec une population civile qui est littéralement pilonnée en permanence. Ça, c'est clair.

La grande question qui se pose maintenant est la suivante: si Israël n'entend pas occuper la bande de Gaza, et c'est ce qu'ils continuent d'affirmer, quels sont les scénarii possibles? Dans tous les cas de figure, même s'il y a un succès militaire (et encore faudrait-il définir ce qu'est un succès militaire à Gaza pour Israël), on ne voit pas quelle peut être l'issue de ces combats. Si cette affaire a été menée pour arrêter les tirs du Hamas, il y a fort à parier que, dès que les opérations seront terminées, les tirs vont reprendre si Israël n'occupe pas la bande. C'est parfaitement prévisible. Et si les tirs reprennent, le Hamas va crier victoire.

L'autre hypothèse serait celle de négociations menant à un cessez-le-feu. Mais avec qui? Avec le Hamas, forcément, puisque c'est lui qui doit s'engager à cesser les tirs. Ce qui veut dire que cette guerre, qui visait à mettre hors-jeu le Hamas, aura au contraire contribué à l'installer comme interlocuteur!

Comment expliquez-vous le mutisme relatif dans lequel se tient l'OLP de Mahmoud Abbas?

Mais ils ne sont pas silencieux! Dès le début, ils ont appelé à un cessez-le-feu. Le problème, c'est que personne ne les écoute. Aucun pays arabe ne pèse d'ailleurs en ce moment sur la situation. Pourtant, tous demandent l'arrêt des hostilités et des tirs de roquettes.
Mais personne n'a de poids. Regardez la délégation européenne qui a fait ce lundi une proposition, tout à fait honnête, d'arrêter le conflit pour tenir compte de la situation humanitaire et de revenir à la table des négociations. Elle rentre bredouille!

Il y a par contre un mutisme qui est très lourd, c'est celui d'Obama. L'argument qu'il ne prend ses fonctions que le 20 janvier ne tient pas: il fait des déclarations tous les jours, sur l'économie, la politique... Ce silence laisse donc perplexe. Il n'a même pas un mot pour les victimes civiles!

Le blocus, «une hypocrisie absolue»

Comment interprétez-vous la récente visite de deux membres du bureau politique du Hamas au Caire?

     Cette visite constitue une tentative de relance des discussions par le Hamas, qui auparavant s'était montré fermé au dialogue. Le dirigeant Khaled Mechaal a annoncé depuis Damas qu'il était en outre prêt à accepter le principe d'une trêve.
     Le problème, c'est que les Egyptiens sont aujourd'hui échaudés. Après des mois de travail et de médiation, ils se sont trouvés face un échec dans les pourparlers interpalestiniens, à cause du refus de dialogue du Hamas.

     L'autre histoire, c'est celle du terminal de Rafah. Les Egyptiens sont très inquiets du fait que le conflit pourrait avoir des répercussions sur leur propre territoire. Malgré cela, il faut à tout prix ouvrir ce terminal, non pas à la circulation des populations, parce qu'alors il y aurait un exode massif, mais aux personnels humanitaires. Aucune raison ne justifie que l'aide ne rentre pas!

     En Israël, jusqu'à l'écrivain proche du Meretz, Amos Oz, dans un entretien publié par Mediapart, on justifie le blocus imposé à la bande de Gaza depuis de nombreuses semaines, comme moyen unique d'empêcher un «déferlement d'armes venues d'Iran». Que pensez-vous de cet argument?

     C'est une hypocrisie absolue! C'est inacceptable! Dans la nuit de lundi à mardi, il y a eu plus de 170 raids aériens sur une portion de la ville de Gaza, qui est minuscule. 170 raids aériens! C'est le chiffre communiqué par l'armée israélienne. Vous rendez-vous compte de ce que cela veut dire pour une population? Dire que l'aide humanitaire, c'est en fait des armes et qu'il faut continuer à laisser les Palestiniens dans cette situation, c'est absolument inacceptable. D'autant plus que ce blocus n'a pas commencé il y a 10 jours. Cela fait des mois qu'Israël assiège la bande de Gaza.

Les contradictions de la Loi fondamentale palestinienne

Israël et le Hamas entretiennent une relation singulière depuis la création du Mouvement islamiste en 1988. Dire qu'Israël a joué à plusieurs reprises la carte du Hamas contre l'OLP, cela vous paraît-il abusif?


     Pas du tout, et Israël ne s'en est jamais caché, puisqu'il lui fallait soi-disant créer des oppositions religieuses au pouvoir de l'OLP, qui était pluricommunautaire et dirigé par Arafat. Dès le départ, et les Israéliens en porteront la responsabilité, Israël a parié sur ce mouvement pour affaiblir l'image de l'OLP, qui se présentait sous un visage national.
     Israël a aidé le Cheikh Yassine, tête pensante du Hamas, jusqu'à son emprisonnement (en 1989, NDLR). Le retrait de Gaza par Sharon en 2005 s'insère dans cette optique de favoriser le Hamas.

     Ce retrait avait d'ailleurs pour pendant la mainmise absolue d'Israël sur la Cisjordanie, comme on l'a vu par la suite avec la construction du mur et le développement des colonies et des expulsions. Gaza n'a de toute manière jamais intéressé la droite israélienne. Le mot d'ordre de Sharon, qui a opéré avec ce retrait une manœuvre d'une très grande habileté, c'était : «Je veux terminer ce que Ben Gourion a laissé inachevé.» Et ce que Ben Gourion a laissé inachevé, c'est l'expulsion des Palestiniens.

     Vendredi 9 janvier, le mandat du président Mahmoud Abbas arrive à son terme. Que va-t-il se passer ?

     Il y a deux articles dans la Loi fondamentale palestinienne. L'un, avancé par l'OLP, dit qu'à la fin du mandat présidentiel, s'il est impossible, dans la pratique, d'aller aux élections, on peut prolonger le mandat d'un an. L'autre, dont se sert le Hamas, dit que, dans le cas d'une vacance du pouvoir présidentiel, le président du conseil législatif, c'est-à-dire le chef du Parlement, assume l'intérim de la présidence. Cet article vise les cas de disparition physique, et c'est lui qui a été appliqué quand Arafat est décédé.
     Mais de toute façon, ça ne se jouera pas sur un texte, car le Hamas n'acceptera pas la prolongation d'un an du mandat d'Abbas. Au final, c'est la vérité du terrain qui tranchera.

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Uri Avnery, Gush Shalom

Publié le par Patrick Kaczmarek

« Cette guerre l'écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. » Avnery retrace la séquence qui a conduit à la guerre de Gaza. Ayant tablé sur la faiblesse d'Abbas, se contentant d'un simulacre de négociation, Israël n'a pas compris que le Hamas l'emporterait contre une Autorité Palestinienne discréditée. Après l'échec du blocus à briser la résistance des gazaouis et à les retourner contre le nouveau pouvoir installé à Gaza, Israël espère aujourd'hui pouvoir liquider le Hamas par le fer et le feu, avec la complicité de l'Egypte qui verrouille la seule issue de cette zone de combat où la population civile est piégée, en une réédition de la stratégie de bombardements massifs utilisée sans succès au Liban. Mais au delà de Gaza, c'est toute une génération Arabe, révoltée par la passivité et la corruption de ses dirigeants qui pourrait se tourner bientôt vers l'Islam politique, apparaissant comme la seule force indemne de compromission.

par Uri Avnery, Gush Shalom, 3 janvier 2009

Juste après minuit, la chaîne arabe Al Jazeera diffusait un reportage sur les événements à Gaza. Soudain, la caméra s'est dirigée vers le ciel nocturne. L'écran était noir. On ne pouvait rien voir, mais on entendait un bruit : celui des avions, un effrayant, un terrifiant vrombissement. Il était impossible de ne pas penser à ces dizaines de milliers d'enfants de Gaza qui entendaient ce bruit à ce moment-là, se recroquevillant avec effroi, paralysés par la peur, attendant que tombent les bombes. « Israël doit se défendre contre les roquettes qui terrorisent nos villes du Sud », déclarait le porte-parole israélien. « Les Palestiniens doivent riposter à l'assassinat de leurs combattants à l'intérieur de la bande de Gaza », affirmait celui du Hamas. En fait, le cessez-le-feu n'a pas été rompu, car il n'y avait pas de véritable cessez-le-feu. La principale exigence pour tout cessez-le-feu dans la bande de Gaza doit être l'ouverture des points de passages à la frontière. Il ne peut y avoir de vie dans la bande de Gaza sans le passage d'un flux d'approvisionnement. Mais ces passages n'ont pas été ouverts, à l'exception de quelques heures de temps en temps. Le blocus sur terre, sur mer et dans les airs contre un million et demi d'êtres humains est un acte de guerre, tout autant que tout largage de bombes ou tirs de roquettes. Il paralyse la vie dans la bande de Gaza, en détruisant la plupart des possibilités d'emploi, en jetant des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, en provoquant l'arrêt du fonctionnement de la plupart des hôpitaux, en perturbant l'approvisionnement en électricité et en eau. Ceux qui ont décidé de fermer les points de passage - sous quelque prétexte que ce soit - savaient qu'il n'y a pas de véritable cessez-le-feu dans ces conditions. C'est là le point central. Ensuite, vinrent les petites provocations qui ont été conçues pour provoquer la réaction du Hamas. Après plusieurs mois durant lesquels pratiquement aucune roquette Qassam n'avait été tirée, une unité de l'armée a été envoyée dans la bande de Gaza « afin de détruire un tunnel arrivant près de la barrière frontalière ». D'un point de vue strictement militaire, il aurait été plus judicieux de monter une embuscade de notre côté de la frontière. Mais l'objectif était de trouver un prétexte pour mettre un terme au cessez-le-feu, de telle manière que l'on puisse en attribuer de façon plausible la responsabilité aux Palestiniens. Et en effet, après plusieurs de ces petites opérations dans lesquelles les combattants du Hamas ont été tués, le Hamas a riposté par un tir massif de roquettes. Et voilà - le cessez-le-feu était terminé. Tout le monde a blâmé le Hamas. Quel était le but recherché ? Tzipi Livni l'a annoncé ouvertement : liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Les roquettes Qassam ont seulement servi de prétexte. Liquider le pouvoir du Hamas ? Cela ressemble à un chapitre de « La Marche Folle ». Après tout, ce n'est pas un secret que c'est le gouvernement israélien qui a mis en place le Hamas. Lorsque j'ai interrogé un jour Yaakov Peri, un ancien dirigeant du Shin Bet, à ce sujet, il m'a répondu énigmatiquement : « Nous ne l'avons pas créé, mais nous n'avons pas entravé sa création. » Pendant des années, les autorités d'occupation ont favorisé ce mouvement islamique dans les territoires occupés. Toutes les autres activités politiques étaient vigoureusement réprimées, mais leurs activités dans les mosquées ont été autorisées. Le calcul était simple et naïf : à l'époque, l'OLP était considérée comme le principal ennemi, Yasser Arafat était le Diable. Le mouvement islamique prêchait contre l'OLP et Arafat, et a donc été considéré comme un allié. Avec le déclenchement de la première Intifada en 1987, le mouvement islamique s'est officiellement rebaptisé Hamas (les initiales en arabe de « Mouvement de résistance islamique ») et a rejoint la lutte. Même à cette époque, le Shin-Bet n'a pris aucune mesure contre eux pendant près d'un an, tandis que les membres du Fatah étaient exécutés ou emprisonnés en grand nombre. Ce n'est qu'après une année que le cheikh Ahmed Yassine et ses collègues ont également été arrêtés. Depuis lors, la roue a tourné. Le Hamas est devenu le nouveau Satan, et l'OLP est considérée par beaucoup en Israël comme étant presque une branche de l'organisation sioniste. La conclusion logique pour un gouvernement israélien recherchant la paix aurait été de faire de larges concessions à la direction du Fatah : fin de l'occupation, signature d'un traité de paix, fondement de l'État Palestinien, retrait aux frontières de 1967, une solution raisonnable au problème des réfugiés, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Cela aurait arrêté la montée du Hamas à coup sûr. Mais la logique a peu d'influence sur la politique. Rien de ce genre ne s'est produit. Au contraire, après l'assassinat d'Arafat [sic], Ariel Sharon a déclaré que Mahmoud Abbas, qui l'avait remplacé, était une « volaille plumée ». On n'a pas autorisé à Abbas d'obtenir le moindre succès politique. Les négociations, sous les auspices américaines, sont devenu une plaisanterie. Le plus authentique chef du Fatah, Marwan Barghouti, a été envoyé en prison à perpétuité. Au lieu d'une libération massive de prisonniers, il n'y a eu que de petits « gestes » insultants. Abbas a été systématiquement humilié, le Fatah ressemblait à une coquille vide et le Hamas a remporté la victoire lors des élections palestiniennes - les élections les plus démocratiques jamais organisées dans le monde arabe. Israël a boycotté le gouvernement élu. Dans la lutte intestine qui s'en est suivi, le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza. Et maintenant, après tout cela, le gouvernement israélien a décidé de « liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza » - par le sang, le feu et les colonnes de fumée. Le nom officiel de cette guerre est « plomb durci », deux mots provenant d'une comptine enfantine sur un jouet d'Hanukkah. Il serait plus exact de la nommer « la guerre des élections ». Dans le passé, aussi, des actions militaires ont été lancées lors de campagnes électorales. Menachem Begin a bombardé le réacteur nucléaire irakien durant la campagne de 1981. Lorsque Shimon Peres a affirmé qu'il s'agissait d'un gadget électoral, Begin a répliqué lors du meeting suivant : « Juifs, croyez-vous que je voudrais envoyer nos braves garçons à leur mort, ou pire, être fait prisonnier par des animaux, afin de gagner une élection ? » Begin a gagné. Peres n'est pas Begin. Lorsqu'au cours de la campagne électorale de 1996 il a ordonné l'invasion du Liban (opération « Raisins de la colère »), tout le monde était convaincu qu'il l'avait fait afin de gagner des élections. La guerre a été un échec, Peres a perdu les élections et Benyamin Nétanyahou est arrivé au pouvoir. Barak et Tzipi Livni recourent aujourd'hui à la même vieille ficelle. En 48 heures, selon les sondages, le résultat des votes pour Barak lui assurerait cinq sièges supplémentaires à la Knesset. Soit environ 80 morts Palestiniens pour chaque siège. Mais il est difficile de marcher sur un tas de cadavres. Ce succès pourrait s'évaporer en une minute si la guerre était considérée comme un échec par l'opinion publique israélienne. Par exemple, si les roquettes continuent de frapper Beersheba, ou si l'attaque au sol provoque de lourdes pertes israéliennes. Le calendrier a également été choisi méticuleusement sous un autre angle. L'attaque a commencé deux jours après Noël, lorsque les dirigeants américains et européens sont en vacances jusqu'au nouvel an. Avec pour calcul : même si quelqu'un voulait essayer de mettre fin à la guerre, nul ne peut renoncer à ses vacances. Cela garantissait de disposer de plusieurs jours à l'abri de pressions. Une autre raison à présidé au choix du moment : ce sont les derniers jours de George Bush à la Maison Blanche. On pouvait s'attendre à ce que ce sanglant imbécile soutienne la guerre avec enthousiasme, ce qu'il a fait bien sûr. Barack Obama n'est pas encore entré en fonction et a eu à sa disposition un prétexte tout fait lui permettant de garder le silence : « il n'y a qu'un seul président ». Ce silence n'est pas de bon augure pour le mandat du président Obama. La préoccupation principale a été : ne pas répéter les erreurs de la deuxième guerre du Liban. Cela a été répété sans cesse sur toutes les ondes et durant tous les talk-shows. Cela ne change rien aux faits : la guerre de la bande de Gaza est une réplique presque identique de la deuxième guerre du Liban. Le concept stratégique est le même : terroriser la population civile par des attaques aérienne sans relâche, semant la mort et la destruction. Cela ne pose aucun danger pour les pilotes, car les Palestiniens n'ont aucune arme antiaérienne. Le calcul est celui-ci : si toute les infrastructures permettant la vie quotidienne dans la bande de Gaza sont totalement détruites et que l'anarchie totale s'ensuit, la population va se soulever et renversera le régime du Hamas. Mahmoud Abbas reviendrait alors dans la bande de Gaza dans les chars israéliens. Au Liban, ce calcul n'a pas fonctionné. La population prise sous les bombardements, y compris les chrétiens, s'est ralliée derrière le Hezbollah et Hassan Nasrallah est devenu le héros du monde arabe. Quelque chose de semblable va probablement se produire cette fois-ci également. Les généraux sont des experts en ce qui concerne les armes et la manoeuvre des troupes, mais pas en psychologie des masses. Il y a quelque temps, j'ai écrit que le blocus de Gaza était une expérience scientifique visant à savoir jusqu'où on peut affamer une population et transformer sa vie en enfer avant qu'elle ne rompe. Cette expérience a été menée avec l'aide généreuse de l'Europe et les États-Unis. Jusqu'à présent, elle n'a pas réussi. Le Hamas s'est renforcé et la portée de la Qassams s'est accrue. La guerre d'aujourd'hui est une continuation de cette expérience par d'autres moyens. Il est possible que l'armée « n'ait pas d'autre choix » que de re-conquérir la bande de Gaza, car il n'y a pas d'autre moyen d'arrêter les Qassams - sauf à parvenir à un accord avec le Hamas, ce qui est contraire à la politique du gouvernement. Lorsque l'invasion terrestre commencera, tout dépendra de la motivation et des capacités des combattants du Hamas vis-à-vis des soldats israéliens. Personne ne peut savoir ce qui va se passer. Jour après jour, nuit après nuit, la chaîne en arabe Al Jazeera diffuse des images atroces : des piles de corps mutilés, des parents en larmes à la recherche de leurs proches parmi les dizaines de cadavres étendus sur le sol, une femme tirant sa petite fille de sous les décombres, des médecins sans médicaments tentant de sauver la vie des blessés. (Al Jazeera en langue anglaise, contrairement à son homologue en arabe, a effectué une étonnante volte-face, diffusant seulement des images aseptisées et reprenant la propagande du gouvernement israélien. Il serait intéressant de savoir ce qui s'est passé là-bas.) Des millions de spectateurs voient ces terribles scènes, image après image, jour après jour. Ces images sont inscrites en leurs esprits pour toujours : horrible Israël, abominable Israël, inhumain Israël. Toute une génération d'ennemis. C'est un prix terrible, que nous allons être obligés de payer longtemps après que les autres résultats de la guerre elle-même auront été oubliés en Israël. Mais il y a autre chose qui s'inscrit également dans l'esprit de ces millions de spectateurs : l'image de ces régimes arabes, passifs, misérables, corrompus. Comme le voient les Arabes, un élément ressort au-dessus de tous les autres : le mur de la honte. Pour le million et demi d'Arabes dans la bande de Gaza qui souffrent terriblement, la seule ouverture sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël est la frontière avec l'Égypte. C'est seulement par là que peuvent parvenir la nourriture qui permet la vie et les médicaments qui peuvent sauver les blessés. Cette frontière demeure fermée au pire moment d'horreur. L'armée égyptienne a bloqué la seule issue permettant à l'alimentation et aux médicaments d'entrer, alors même que sur les chirurgiens opèrent les blessés sans anesthésie. D'un bout à l'autre du monde arabe résonnent les paroles de Hassan Nasrallah : Les dirigeants de l'Égypte sont les complices de ce crime, ils collaborent avec l'« ennemi sioniste » en tentant de briser le peuple palestinien. On peut supposer qu'il ne désignait pas uniquement Moubarak, mais aussi tous les autres dirigeants, du roi d'Arabie saoudite au président palestinien. En voyant les manifestations dans le monde arabe et en écoutant les slogans on a l'impression que pour de nombreux Arabes leurs dirigeants sont au mieux pathétiques et misérables, au pire des collaborateurs. Cela aura des conséquences historiques. Toute une génération de dirigeants arabes, une génération imprégnée de l'idéologie du nationalisme arabe laïque, les successeurs de Gamal Abd-al-Nasser, Hafez al-Assad et Yasser Arafat, pourrait être balayée de la scène. Dans le monde Arabe, la seule alternative viable est celle de l'idéologie fondamentaliste islamique. Cette guerre l'écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. L'autre jour, mon chauffeur de taxi à Tel-Aviv réfléchissait à voix haute : Pourquoi ne pas mobiliser les fils des ministres et des membres de la Knesset, les rassembler en une unité de combat et les envoyer à la tête de la prochaine attaque terrestre sur la bande de Gaza ?

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Conflit Israël-Palestine

Publié le par Patrick Kaczmarek




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