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ALGERIE : Vague de répression contre les militants du droit au travail

Publié le par Patrick Kaczmarek

 

Alger-Paris, 21 février 2013 - Nos organisations condamnent fermement les deux derniers incidents dont ont été victimes des militants du droit au travail hier en Algérie.

Le premier incident concerne dix jeunes membres d’associations de chômeurs du Maghreb, qui devaient participer à la première rencontre du Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire à Alger les 20-21 février 2013. Les jeunes militants dont 5 jeunes militants tunisiens1  , 3 mauritaniens2   et 2 marocains3  , s’étaient rendus à cet événement qui devait se dérouler à la Maison des syndicats de Bab Ezzouar (quartier d’Alger). Selon nos informations, le 20 février, les membres des trois délégations ont été arrêtés, puis emmenés à l’aéroport après avoir été retenus toute la journée au Commissariat de quartier. Si les jeunes mauritaniens et tunisiens ont déjà pu être rapatriés entre hier et ce matin, il semble que les membres de la délégation marocaine soient toujours retenus à l’aéroport, coupés de tout contact avec l’extérieur.

Nos organisations dénoncent cette tentative de réprimer une réunion pacifique portant sur le droit au travail et appellent les autorités algériennes à mettre un terme aux violations des libertés de réunion, d’association, d’expression ainsi qu’aux libertés syndicales dont sont victimes les défenseurs des droits de l'Homme en Algérie.

Nos organisations ajoutent que les chambres d’hôtel des 10 militants ont également été fouillées par la police. Mourad Thicko, membre du Syndicat National Autonome du Personnel de l’Administration Publique (SNAPAP), et Abdelkader Kherba, membre du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), ont par ailleurs été arrêtés et retenus au Commissariat jusqu’au soir.

Dès le matin très tôt du 20 février, des agents de police ont également encerclé l’immeuble où se trouve la Maison des syndicats pour empêcher l'accès des autres participants. La Maison des syndicats, occupée de façon régulière par le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP) depuis janvier 2013, est un local privé utilisé comme un lieu de rencontres, de formation et des débats pour les militants syndicaux et associatifs. Nos organisations soulignent que les organisateurs du Forum n'ont violé aucune disposition de la loi contrairement aux déclarations faites à El Watan par le directeur de la cellule de la communication de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) 4  . En effet, conformément à la loi 91-19 du 2 décembre 1991 relative aux réunions et manifestations publiques, toute réunion privée organisée sur la base d’invitations personnelles et nominatives est « dispensée[s] de la déclaration préalable » (art. 14).

Par ailleurs, suite à une manifestation organisée le même jour à Laghouat (Sud de l’Algérie) devant le bureau de main d’œuvre de la ville pour revendiquer le droit au travail, dix-sept autres jeunes activistes connus pour leur engagement, notamment MM. Mohamed Rag, Aissa Tadj, Mohamed Bendjillali, Mustapha Ternoukha et Ahmed Akouche, ont été arrêtés. Ils se trouvent actuellement devant le procureur du Tribunal de Laghouat.

Nos organisations demandent aux autorités algériennes de :

  • Libérer de manière immédiate et inconditionnelle les 17 militants de Laghouat, en ce que leur détention ne semble viser qu'à sanctionner leurs activités de défense des droits de l'Homme ;
  • Ne pas procéder à l'expulsion des militants maghrébins qui demeurent sur le territoire algérien et, pour l'avenir, garantir leur libre accès au territoire algérien ;
  • Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme conformément aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits humains ;
  • Garantir l’exercice des libertés de réunion, d’association et d’expression ainsi que des libertés syndicales, conformément à la Constitution algérienne et les dispositions du Pacte international pour les droits civils et politiques (PIDCP) et des Conventions de l’OIT, ratifiés par l’Algérie ;
  • Garantir la sécurité et l’accès au local de la Maison des syndicats ainsi que le déroulement de toute activité légitiment organisée dans ce cadre

 

Contacts :

• REMDH : Hayet Zeghiche : +32 488 08 00 41

• FIDH : Arthur Manet / Audrey Couprie : +33 1 43 55 25 18

• OMCT : Delphine Reculeau : +41 22 809 49 39

 

Organisations signataires :

Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (REMDH)

Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT)

Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie (CFDA)

Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH)

Syndicat National Autonome du Personnel de l’Administration Publique (SNAPAP)

Réseau d’Avocats pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDH)

Agir pour le Changement Démocratique en Algérie (ACDA)

Comité International de Soutien au Syndicalisme Autonome Algérien (CISA)

 

Informations supplémentaires :

Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire

Les organisations conviées au premier Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire sont : le Comité national des contrats pré-emploi et filet social d’Algérie, l’Union des Diplômés Chômeurs (UDC) de Tunisie, l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs (ANDCM) du Maroc, l’Association Mauritanienne des Diplômés Chômeurs (AMDC) de Mauritanie, le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Algérie), le Comité national des diplômés chômeurs (Algérie).

 

Maison des syndicats

Il faut rappeler que l’ancienne Maison des syndicats à Dar El Beida (Est Alger) avait été cambriolée dans la nuit du 3 mai 2012, suite à l’annonce de la constitution d’une confédération syndicale - la Confédération nationale autonome des travailleurs algériens (CNATA) -. Seuls les ordinateurs avaient été emportés, laissant penser à une intimidation qui porterait atteinte à l’exercice de la liberté syndicale. Par ailleurs, la plainte déposée par le SNAPAP suite au cambriolage du 8 mai 2011, ainsi que les anciens contentieux liés à la fermeture administrative de la Maison des associations (Oran 2002) et de la Maison des Syndicats (Alger 2010) n’ont à ce jour eu aucune suite.

 

Pour plus d’informations, voir le communiqué conjoint du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), du 14 mai 2010 : http://www.euromedrights.org/fra/2010/05/17/algerie-fermeture-administrative-de-la-maison-des-syndicats-a-la-veille-de-la-tenue-du-forum-syndical-maghrebin/

1   Il s'agit de : Benamor Salah, Idoudi Souheil, Boussaa Kamel, Affout Intissar et Benammour Noaman.

 

2   Il s’agit de: Widdady Abdou, Haimedane Ahmed et Bayrouk Fatimetou.

 

3   Il s’agit de : Louchacha Dhahbi et Kalou Imade.

 

4   Cf. http://www.elwatan.com/actualite/11-syndicalistes-etrangers-et-2-algeriens-arretes-21-02-2013-204187_109.php

 




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Des économistes allemands proposent de passer à la semaine de 30 heures

Publié le par Patrick Kaczmarek

FACE AU CHÔMAGE MASSIF ?

Des économistes allemands proposent de passer à la semaine de 30 heures

PAR RACHEL KNAEBEL (20 FÉVRIER 2013)

« Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes est particulièrement effrayant », alertent des économistes allemands. Sans oublier les travailleurs pauvres, qui triment parfois 50h par semaine sans pouvoir en vivre. Dans une lettre ouverte, ces économistes proposent de réduire équitablement le temps de travail en passant à la semaine de 30h, sans baisse de salaires. Une proposition qui suscite le débat en Allemagne.

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Surprise au pays du « modèle allemand » : dans une lettre ouverte aux syndicats et aux partis politiques, des économistes allemands demandent une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine. Il n’y aura « jamais plus de plein emploi sans réduction du temps de travail », défendent les auteurs de l’appel déjà signé par plus de cent économistes, chercheurs, responsables syndicaux et quelques personnalités politiques de gauche ou indépendantes (Die Linke, SPD et Pirates). L’initiative a été discutée dans des grands journaux nationaux, de gauche comme de droite.

« L’Allemagne et toute l’Union européenne se trouvent dans une crise sociale et économique grave », écrivent les auteurs de la lettre ouverte. « Le chômage a atteint en Europe des ordres de grandeurs insupportables. Le chômage des jeunes, qui dépasse les 50 % dans certains pays, est particulièrement effrayant. En Allemagne le nombre d’emplois a certes augmenté ces dernières années, mais il s’agit en grande partie d’emplois précaires et à durée déterminée, qui ne suffisent pas pour vivre », assènent-ils, loin des poncifs répétés à l’envi par certains commentateurs français.

Allemagne : 6 millions de quasi chômeurs

« Aujourd’hui en Allemagne, si nous incluons les employés travaillant à temps partiel de manière contrainte, environ six millions de personnes sont au chômage ou sont sous-employées, poursuivent les économistes. Alors que beaucoup de personnes au chômage souffrent de dépression et de dévalorisation, les salariés doivent, eux, assumer un surcroît de travail. Comme nombre d’études scientifiques le montrent, le stress, le phénomène de Burnout et les maladies chroniques et psychosomatiques augmentent. Cette situation est indigne dans une société moderne du XXIe siècle. » De quoi faire écho aux débats sur l’accord interprofessionnel signé le 11 janvier à Paris.

« Près d’un million de travailleurs pauvres font aujourd’hui des semaines de 50 heures et plus pour gagner un revenu suffisant pour vivre. De plus en plus d’actifs doivent recevoir, malgré un emploi, des allocations sociales en complément. Et ceux qui n’ont rien aujourd’hui sont aussi promis à la pauvreté quand ils arriveront à l’âge de la retraite. Les conditions dans les autres États européens sont comparables, voire pires. »

Une solution : la semaine de 30h également répartie

Face à ce terrible constat, économistes et syndicalistes estiment qu’« une réduction du temps de travail à 30 heures par semaine est nécessaire et urgente. Le temps de travail moyen en Allemagne est de toute façon aujourd’hui déjà en moyenne de 30 heures par semaine, mais le travail est réparti de manière inégale [1]. L’exigence d’une semaine à 30 heures prend en compte toutes les formes de réduction envisageables (allongement des congés payés, sortie plus précoce de la vie active, années sabbatiques). Cette revendication est à poser pour tous les États européens. Car le chômage de masse est partout présent et augmente de manière dramatique dans beaucoup de pays de l’Union. »

Pour les initiateurs de l’appel, la réduction du temps de travail ne concerne plus seulement les partenaires sociaux : « Il s’agit d’un projet de la société toute entière. » Ils insistent par ailleurs sur la nécessité d’une réduction « sans perte de salaire ». « Nous connaissons les nombreux cas où les travailleurs ont fait des expériences négatives, parce que les réductions du temps de travail réalisées jusqu’ici se sont faites sans embauche de chômeurs et souvent avec une hausse de la pression au travail ». Pour eux, seule une réduction collective du temps de travail à 30 heures, à un niveau macroéconomique, est « une clé décisive, si ce n’est la plus importante, pour la perspective d’un plein emploi. »

Des réductions du temps de travail ont déjà été entreprises en Allemagne, mais au niveau d’une entreprise, avec la semaine des 28,8 heures dans certains ateliers de Volkswagen, ou d’une branche, avec la semaine de 35 heures instaurée dans les années 1990 dans le secteur de la métallurgie dans l’ouest du pays.

Rachel Knaebel

Photo : DR

Notes

[1] 26 % des actifs allemands, et 45 % des femmes, travaillent à temps partiel, contre 17 % en France, 30 % pour les femmes (source : Eurostat)

 

 

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Nikus
Prati¢ien REIKI

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Gilles Demailly: «Il faut que les moyens suivent»

Publié le par Patrick Kaczmarek

Amiens, de notre envoyée spéciale

Après avoir rencontré des enseignants du premier degré d’Amiens, en grève mardi dernier contre la réforme des rythmes scolaires, Mediapart a voulu interroger le maire PS de la ville, Gilles Demailly. Président de la commission éducation de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), il explique pourquoi, malgré des pressions certaines du ministère et sa profonde conviction que « la réforme est nécessaire », il hésite toujours à l’appliquer dès l’an prochain. L’annonce cette semaine d’une nouvelle baisse des dotations de l’État aux collectivités locales – 3 milliards d'euros de moins sur deux ans – passe dans ce contexte très mal.

Avez-vous décidé si votre ville mettra en œuvre la réforme des rythmes scolaires dès 2013- 2014 ?

Ma position n’est vraiment pas arrêtée pour l’instant. Je poursuis la concertation avec tous ceux qui sont concernés : enseignants, parents et aussi animateurs. Depuis des décennies, je m’intéresse aux questions éducatives. C’est un sujet que je connais bien. J’ai créé l’IUFM de Picardie et j'ai été président d’université. La réforme qui a concentré la semaine sur quatre jours d’école (réforme Darcos en 2008) nuit aux enfants. C’est pourquoi je soutiens la réforme des rythmes scolaires et aussi, totalement, la volonté de « refondation de l’école » de Vincent Peillon pour qui j’ai beaucoup d’estime.

Après la destruction importante de postes d’enseignants, la tendance est désormais inversée et 60 000 personnes vont être recrutées dans l’Éducation nationale. Mais j’ai besoin de temps pour discuter de cette réforme avec toutes les parties impliquées parce que je souhaite avant tout qu’elle réussisse. Pour cela, il faut construire un projet éducatif de territoire. Et je tiens à monter un beau projet. C’est un très lourd travail.

Beaucoup de questions pratiques se posent : dans quels locaux se dérouleront les activités périscolaires ? Avec quel personnel ?

La question des locaux est effectivement importante. Il n’y a pas de réponse toute faite. Nous avons la chance d’avoir à Amiens un tissu associatif développé, avec un budget de subventions de plusieurs millions, sur lequel nous pourrons nous appuyer. Concernant le personnel je dois également avoir une discussion approfondie avec les animateurs dont nous allons modifier le temps de travail de façon importante.

Depuis que je suis arrivé aux responsabilités, nous avons professionnalisé les métiers de l’animation : les animateurs sont maintenant majoritairement des personnels titulaires, à temps complet, qui ont bénéficié d’une formation spécifique dans leur domaine d’intervention. C’est un atout mais il va falloir aujourd’hui revoir les contrats de travail, ce qui n’est pas très simple. Il faudra aussi recruter. Tout cela représente un coût considérable. Or, l’État ne peut pas nous dire de faire des efforts sur notre masse salariale et, dans le même temps, nous demander d’assumer de nouvelles charges.

Est-ce que les activités périscolaires sur le temps dégagé par la réforme seront gratuites ? Le ministre s’y était engagé.

Les engagements du ministre sont les siens. À Amiens, il s’agira, comme c’est le cas pour les centres de loisirs, de tarifs sociaux, proportionnels aux revenus des familles. Pour les familles les plus modestes la gratuité est, de toute façon, totale.

Combien cette réforme va-t-elle coûter à la ville ? Le fonds de 250 millions d’euros annoncé par le premier ministre pour aider les collectivités locales sera-t-il suffisant pour vous inciter à lancer la réforme dès la rentrée prochaine ?

Nous sommes d’accord, à l’association des maires des grandes villes de France, sur une somme moyenne de 150 euros par élève (le gouvernement prévoit d’attribuer pour les villes qui appliqueront la réforme l’an prochain 50 euros par enfant et 90 euros pour les communes en difficulté - ndlr). La ville compte 10 000 élèves ; donc, pour Amiens, nous estimons la facture à 1,5 million. Mais il est vrai que le coût est variable selon les collectivités. Nous consacrons, à Amiens, énormément de moyens pour la jeunesse – 12 millions d’euros – et employons des centaines de salariés : les animateurs, mais aussi les personnels des associations culturelles et sportives de la ville qui vont être directement impactés par la réforme.

Les temps de l’enfant – je préfère cette expression à celle de rythmes scolaires en raison de ces implications multiples – doivent être pensés en partenariat entre les collectivités et l’Éducation nationale. Un enfant passe plus de temps finalement avec les personnels de la mairie qu’avec ses enseignants. Entre l’accueil du matin, le temps du midi avec la restauration, les activités périscolaires, culturelles et sportives du soir, les centres de loisirs du mercredi, du samedi et des vacances scolaires…

Le fonds annoncé représente une aide importante, mais cela n’est pas déterminant pour le passage à la réforme dès l’an prochain. Nous sommes toujours en débat avec le gouvernement puisque nous souhaitons que cette aide soit pérennisée. Pour l’instant, je constate qu’une aide est prévue pour 2013-2014, mais que se passera-t-il ensuite ?

 

« Les enjeux de la solidarité territoriale vont devenir cruciaux » 

Vous craignez donc de ne pas y arriver financièrement ?

Si l’on décide de donner une priorité à l’éducation, il faut que les moyens suivent. Et sur ce sujet comme sur d’autres, j’ai tendance à penser que celui qui décide doit payer. Sur la question précise des rythmes de l’enfant, nous ne voulons pas être les seuls à supporter l’effort. L’État doit jouer son rôle. Il n’est pas question pour moi d’augmenter les impôts. La caisse d’allocations familiales (qui finance déjà en partie les centres de loisirs) doit prendre sa part tout comme le ministère de la culture ou celui de la famille.

Pensez-vous, comme beaucoup d’enseignants le redoutent, que la réforme puisse aggraver les inégalités entre territoires ?

Le risque existe que dans les villes les plus aisées soient effectivement mises en place des activités propres à favoriser la réussite des élèves, et pas dans les territoires les plus modestes. Ce serait quand même un grand paradoxe par rapport aux ambitions de la « refondation de l’école ».

Finalement, est-ce que cette réforme ne pose pas la question de l’impossible péréquation entre les villes, les villes les plus riches refusant d'en accepter le principe ?

C’est un débat plus global qui va évidemment au-delà de cette réforme des rythmes scolaires. Quel territoire, quelle solidarité, quels critères ? Autant de questions qui se posent. La solidarité financière horizontale monte en puissance, la péréquation territoriale devient majeure. Les enjeux de la solidarité territoriale, financière et de projet, vont devenir cruciaux. Dans l’immédiat, même les villes les plus riches vont être confrontées à une triple ponction dans leur budget : des dotations d’État plus faibles, des charges supplémentaires importantes et un prélèvement pour venir en aide aux communes les plus pauvres (péréquation). Je constate que le gouvernement veut économiser plusieurs milliards sur le dos des collectivités mais que, dans le même temps, il nous impose d’autres missions.

Amiens a déjà expérimenté un aménagement des rythmes scolaires (ARS) il y a quelques années lorsque Gilles de Robien était maire. Quel bilan en tirez-vous ?

Je crois que sur ce dispositif les avis étaient partagés. Ce qui m’a été transmis, c’est que même pour 10 % des écoles, le dispositif était trop cher. Si on souhaite la qualité, cela a un coût. Cette réforme est nécessaire mais il faut la préparer, la négocier. Rien n’est insurmontable quand une vraie volonté existe.

Amiens, de notre envoyée spéciale

Après avoir rencontré des enseignants du premier degré d’Amiens, en grève mardi dernier contre la réforme des rythmes scolaires, Mediapart a voulu interroger le maire PS de la ville, Gilles Demailly. Président de la commission éducation de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), il explique pourquoi, malgré des pressions certaines du ministère et sa profonde conviction que « la réforme est nécessaire », il hésite toujours à l’appliquer dès l’an prochain. L’annonce cette semaine d’une nouvelle baisse des dotations de l’État aux collectivités locales – 3 milliards d'euros de moins sur deux ans – passe dans ce contexte très mal.

Avez-vous décidé si votre ville mettra en œuvre la réforme des rythmes scolaires dès 2013- 2014 ?

Ma position n’est vraiment pas arrêtée pour l’instant. Je poursuis la concertation avec tous ceux qui sont concernés : enseignants, parents et aussi animateurs. Depuis des décennies, je m’intéresse aux questions éducatives. C’est un sujet que je connais bien. J’ai créé l’IUFM de Picardie et j'ai été président d’université. La réforme qui a concentré la semaine sur quatre jours d’école (réforme Darcos en 2008) nuit aux enfants. C’est pourquoi je soutiens la réforme des rythmes scolaires et aussi, totalement, la volonté de « refondation de l’école » de Vincent Peillon pour qui j’ai beaucoup d’estime.

Après la destruction importante de postes d’enseignants, la tendance est désormais inversée et 60 000 personnes vont être recrutées dans l’Éducation nationale. Mais j’ai besoin de temps pour discuter de cette réforme avec toutes les parties impliquées parce que je souhaite avant tout qu’elle réussisse. Pour cela, il faut construire un projet éducatif de territoire. Et je tiens à monter un beau projet. C’est un très lourd travail.

Beaucoup de questions pratiques se posent : dans quels locaux se dérouleront les activités périscolaires ? Avec quel personnel ?

La question des locaux est effectivement importante. Il n’y a pas de réponse toute faite. Nous avons la chance d’avoir à Amiens un tissu associatif développé, avec un budget de subventions de plusieurs millions, sur lequel nous pourrons nous appuyer. Concernant le personnel je dois également avoir une discussion approfondie avec les animateurs dont nous allons modifier le temps de travail de façon importante.

Depuis que je suis arrivé aux responsabilités, nous avons professionnalisé les métiers de l’animation : les animateurs sont maintenant majoritairement des personnels titulaires, à temps complet, qui ont bénéficié d’une formation spécifique dans leur domaine d’intervention. C’est un atout mais il va falloir aujourd’hui revoir les contrats de travail, ce qui n’est pas très simple. Il faudra aussi recruter. Tout cela représente un coût considérable. Or, l’État ne peut pas nous dire de faire des efforts sur notre masse salariale et, dans le même temps, nous demander d’assumer de nouvelles charges.

Est-ce que les activités périscolaires sur le temps dégagé par la réforme seront gratuites ? Le ministre s’y était engagé.

Les engagements du ministre sont les siens. À Amiens, il s’agira, comme c’est le cas pour les centres de loisirs, de tarifs sociaux, proportionnels aux revenus des familles. Pour les familles les plus modestes la gratuité est, de toute façon, totale.

Combien cette réforme va-t-elle coûter à la ville ? Le fonds de 250 millions d’euros annoncé par le premier ministre pour aider les collectivités locales sera-t-il suffisant pour vous inciter à lancer la réforme dès la rentrée prochaine ?

Nous sommes d’accord, à l’association des maires des grandes villes de France, sur une somme moyenne de 150 euros par élève (le gouvernement prévoit d’attribuer pour les villes qui appliqueront la réforme l’an prochain 50 euros par enfant et 90 euros pour les communes en difficulté - ndlr). La ville compte 10 000 élèves ; donc, pour Amiens, nous estimons la facture à 1,5 million. Mais il est vrai que le coût est variable selon les collectivités. Nous consacrons, à Amiens, énormément de moyens pour la jeunesse – 12 millions d’euros – et employons des centaines de salariés : les animateurs, mais aussi les personnels des associations culturelles et sportives de la ville qui vont être directement impactés par la réforme.

Les temps de l’enfant – je préfère cette expression à celle de rythmes scolaires en raison de ces implications multiples – doivent être pensés en partenariat entre les collectivités et l’Éducation nationale. Un enfant passe plus de temps finalement avec les personnels de la mairie qu’avec ses enseignants. Entre l’accueil du matin, le temps du midi avec la restauration, les activités périscolaires, culturelles et sportives du soir, les centres de loisirs du mercredi, du samedi et des vacances scolaires…

Le fonds annoncé représente une aide importante, mais cela n’est pas déterminant pour le passage à la réforme dès l’an prochain. Nous sommes toujours en débat avec le gouvernement puisque nous souhaitons que cette aide soit pérennisée. Pour l’instant, je constate qu’une aide est prévue pour 2013-2014, mais que se passera-t-il ensuite ?

« Les enjeux de la solidarité territoriale vont devenir cruciaux » 

Vous craignez donc de ne pas y arriver financièrement ?

Si l’on décide de donner une priorité à l’éducation, il faut que les moyens suivent. Et sur ce sujet comme sur d’autres, j’ai tendance à penser que celui qui décide doit payer. Sur la question précise des rythmes de l’enfant, nous ne voulons pas être les seuls à supporter l’effort. L’État doit jouer son rôle. Il n’est pas question pour moi d’augmenter les impôts. La caisse d’allocations familiales (qui finance déjà en partie les centres de loisirs) doit prendre sa part tout comme le ministère de la culture ou celui de la famille.

Pensez-vous, comme beaucoup d’enseignants le redoutent, que la réforme puisse aggraver les inégalités entre territoires ?

Le risque existe que dans les villes les plus aisées soient effectivement mises en place des activités propres à favoriser la réussite des élèves, et pas dans les territoires les plus modestes. Ce serait quand même un grand paradoxe par rapport aux ambitions de la « refondation de l’école ».

Finalement, est-ce que cette réforme ne pose pas la question de l’impossible péréquation entre les villes, les villes les plus riches refusant d'en accepter le principe ?

C’est un débat plus global qui va évidemment au-delà de cette réforme des rythmes scolaires. Quel territoire, quelle solidarité, quels critères ? Autant de questions qui se posent. La solidarité financière horizontale monte en puissance, la péréquation territoriale devient majeure. Les enjeux de la solidarité territoriale, financière et de projet, vont devenir cruciaux. Dans l’immédiat, même les villes les plus riches vont être confrontées à une triple ponction dans leur budget : des dotations d’État plus faibles, des charges supplémentaires importantes et un prélèvement pour venir en aide aux communes les plus pauvres (péréquation). Je constate que le gouvernement veut économiser plusieurs milliards sur le dos des collectivités mais que, dans le même temps, il nous impose d’autres missions.

Amiens a déjà expérimenté un aménagement des rythmes scolaires (ARS) il y a quelques années lorsque Gilles de Robien était maire. Quel bilan en tirez-vous ?

Je crois que sur ce dispositif les avis étaient partagés. Ce qui m’a été transmis, c’est que même pour 10 % des écoles, le dispositif était trop cher. Si on souhaite la qualité, cela a un coût. Cette réforme est nécessaire mais il faut la préparer, la négocier. Rien n’est insurmontable quand une vraie volonté existe.

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FNLP monuments pacifistes

Publié le par Patrick Kaczmarek

Un article de la libre pensée qu'on me fait suivre sur un sujet qui touche bon nombre d'entre nous...les monuments pacifistes !

Guillaume

Cet article vient d'être mis en ligne... http://www.fnlp.fr/spip.php?article844

Publié dans PAIX

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Communiqué ICAN au sujet de l'essai coréen

Publié le par Patrick Kaczmarek

Communiqué de presse

 

L’essai nucléaire de la République Populaire Démocratique de Corée

soulève des inquiétudes sur l'impact humanitaire des armes nucléaires.

 

 

La Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires (ICAN) condamne fermement l'essai nucléaire effectué aujourd'hui par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), soulevant des inquiétudes qu'il entraîne un accroissement de la probabilité de l'utilisation des armes nucléaires.

 

« Quand les possesseurs d'armes nucléaires existantes font encore valoir que leurs arsenaux nucléaires sont essentiels pour leur propre sécurité, ils ne font qu’ajouter des arguments pour leur prolifération », explique Akira Kawasaki, coprésident de l'ICAN. « Ce n’est qu’en  disqualifiant toutes les armes nucléaires en les interdisant par un traité international que nous pourrons réduire le risque que des pays comme la Corée du Nord les développent davantage », poursuit-il.

 

Ce troisième essai nucléaire de la Corée du Nord serait plus puissant que les précédents et met en évidence que les approches traditionnelles et les organisations pour la prévention de la prolifération nucléaire et le désarmement nucléaire ne sont pas suffisantes.

 

« Les tests de la Corée du Nord ont pour objectif de montrer qu'elle peut élaborer des armes nucléaires de différents types et bombarder des villes telles que Tokyo et Séoul, avec des conséquences humanitaires catastrophiques. », a noté le Dr Rebecca Johnson, co-présidente de ICAN.

 

L'impact de l'utilisation des armes nucléaires a des conséquences sans précédent sur la santé humaine et l'environnement et ses effets se font sentir au-delà des frontières pendant des générations. Il menace notre environnement, notre économie, notre production alimentaire et notre commerce, en sapant les projets de développement et en causant une catastrophe humanitaire à l’échelle planétaire.

 

Des années d'essais nucléaires atmosphériques, ainsi que les bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, ont fourni des preuves incontestables de l'impact catastrophique des explosions nucléaires en terme médical et environnemental et montrent que leurs effets transcendent les frontières et causeront de terribles souffrances pour les générations futures. Dans le Pacifique, le Nevada et au Kazakhstan, par exemple, les essais nucléaires de la France, l'Union soviétique, des États-Unis et du Royaume-Uni ont eu de graves conséquences, humaines et environnementales, sur les populations vivant à proximité.

 

"Les armes nucléaires sont inhumaines et inacceptables. Ce sont des armes effroyables et aucun état ne devrait être fier d'en posséder ni d’aspirer à en acquérir. La détention d’armes nucléaires n'est pas un symbole de puissance ou de force, mais plutôt un rappel permanent de l’abomination de toutes les souffrances qu'elles ont causé et qu’elles risquent d’engendrer à nouveau", dit Béatrice Fihn, rédacteur en chef de l'étude «Une souffrance indicible  – l'impact humanitaire des armes nucléaires".

 

« Le dernier test de la Corée du Nord met en évidence l'urgence pour tous les pays, y compris ceux qui ne possèdent pas d’armes nucléaires, d'entamer des négociations pour interdire et éliminer ces armes », explique Béatrice Fihn.

 

Plus de 400 représentants d’organisations humanitaires, environnementales, sanitaires et pacifistes vont se réunir à Oslo, les 2 et 3 mars 2013 au cours du Forum ICAN de la société civile pour mettre en évidence le caractère inacceptable des armes nucléaires et la nécessité d’une interdiction internationale, avant que les armes nucléaires ne provoquent une nouvelle catastrophe humanitaire comme Hiroshima et Nagasaki ou pire encore. Plus jamais ça » fait-elle remarquer.

 

Contact en France

 

Pierre Villard

06 82 93 29 46 / pierre.villard@icanfrance.org

Coordinateur du collectif ICAN - France

 

 

Les 64 organisations nationales françaises membres du Collectif ICAN France :

 

Abolition 2000 – France ; Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire – ACDN ; Américains contre la guerre – AAW ; Appel des Cent pour la Paix ; Armes nucléaires STOP ; Artistes pour la Paix ; Association des Libres Penseurs de France – ADLPF ; Association Française des Communes Départements Régions pour la Paix – AFCDRP ; Association France Palestine Solidarité – AFPS ; Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire – AMFPGN ; Association Nationale des Cheminots Anciens Combattants, Résistants, Prisonniers et Victimes de Guerre – ANCAC ; Association Républicaine des Anciens Combattants – ARAC ; Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens – ATTAC ; Association des Travailleurs Maghrébins en France – ATMF ; Centre Quakers International ; Collectif des Objectrices et objecteurs du Tarn – COT 81 ; Collectif Non au Missile 51 ; Comité des Iraniens contre la Guerre – CICG ; Comité National pour l’Indépendance et le Développement – CNID ; Confédération Générale du Travail – CGT ; Confédération paysanne ; Droit Solidarité – Association internationale des juristes démocrates – AIJD ; Enjeu – Pionniers de France ; Enseignants pour la Paix – EPP ; Fédération Espérantiste du Travail – FET ; Fédération Nationale des Travailleurs de l’Etat – FNTE-CGT ; Fédération Syndicale Unitaire – FSU ; Femmes Solidaires ; Fondation Copernic ; Forum Plutonium ; Greenpeace France ; Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix – IDRP ; Institut Hiroshima-Nagasaki ; Le Mouvement de la Paix ; Les Alternatifs ; Les Verts ; Ligue des Droits de l’Homme – LDH ; Ligue Internationale de Femmes pour la Paix et la Liberté – LIFPL ; Maison de vigilance ; Mouvement International de la Réconciliation – MIR ; Mouvement National de Lutte pour l’Environnement – MNLE ; Mouvement de l’Objection de Conscience – MOC ; Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté ; Mouvement Jeunes Communistes de France – MJCF ; Mouvement politique d’Education populaire – M’PEP ; Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples – MRAP ; Négajoule ; Observatoire des armes nucléaires françaises – CDRPC ; Parti communiste Français – PCF ; Parti communiste des ouvriers de France – PCOF ; Pax Christi ; Réseau féministe « Ruptures» ; Réseau franciscain Gubbio ; Réseau Sortir du Nucléaire ; Ritimo ; Syndicat National des Chercheurs Scientifiques – SNCS-FSU ; Syndicat National de l’Enseignement Secondaire – SNES-FSU ; Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique – SNTRS-CGT ; Syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la recherche – SNESup-FSU ; Union Bretonne des Syndicats de l’Action Culturelle – USBAC-CGT ; Union nationale Peuple et Culture ; Union pacifiste.

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REUIL AVEC LES GOODYEAR

Publié le par Patrick Kaczmarek

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article sur la Mali

Publié le par Patrick Kaczmarek

APPEL DE PARIS

               POUR UN NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE INTERNATIONAL

                                                DEMOCRATIQUE  (projet)

                                                      ---------------

Nous, juristes démocrates, dénonçons depuis plusieurs décennies non seulement l'injustice et l’illégitimité de la dette publique des pays en voie de développement, mais son illégalité et sa nullité.

 Aujourd'hui, si l'inégalité léguée par le colonialisme et entretenue par le post colonialisme demeure insupportable, la dette pèse sur l'économie de la majorité des Etats et les conduit à infliger à leurs peuples une politique d'austérité, au détriment de la nécessaire satisfaction des droits économiques sociaux et culturels les plus élémentaires, tels que proclamés par le Pacte des Nations Unies de 1966.

Pourtant cette dette n'est pas fatale. Elle résulte d'une logique de gestion économique du monde, fondée sur la sauvagerie du libéralisme économique et la dictature mondiale des marchés de spéculation financière qui en résulte. 

 Même les prétendus « conflits locaux » ne sont que des conflits entre les puissances qui se disputent les ressources et les marchés. Les violations massives des Droits de l'Homme qui apparaissent comme purement internes sont le plus souvent l'œuvre de dictatures mises en place par les néo colonisateurs garantissant ainsi la maitrise économique et la sécurité d’accès à ces ressources et marchés.

Plus généralement l'ONU, qui aux termes du Préambule de la Charte devrait être le lieu où les peuples unissent leurs efforts, est récupérée par les Etats des grandes puissances économiques pour en faire un instrument de domination et de police.

Cela tient à ce que, si la Charte des Nations Unies substitue à l'ancienne logique verticale de pouvoir sur les peuples une logique horizontale de pouvoir concerté des peuples dans le respect de leur universalité et de leur égalité, elle ne leur donne que le pouvoir politique, alors que la gestion économique du monde a été confiée par les accords de Brettons Woods, dans la vieille logique de pouvoir sur les peuples, à des institutions financières internationales qui au surplus ne sont ni universelles ni égalitaires.

Or il en est des pouvoirs des peuples, comme des Droits de l'Homme, pour lesquels il est maintenant admis que la première génération des droits civils et politiques ne suffit pas s'il n'y a pas la deuxième génération, celle des Droits Economiques Sociaux et Culturels.

C'est ce constat qui, à l'expérience de la décolonisation, a dicté de compléter l'indépendance politique des peuples par la résolution de 1971 proclamant leur droit à leurs ressources naturelles. Mais il s'est vite avéré que même ainsi, ils restaient dépendants de la loi des marchés.

Il en va de l'avenir de l'Humanité de compléter, au niveau mondial, le pouvoir politique des peuples par leur pouvoir économique. , C’est mettre l'organisation de la gestion économique du monde en conformité avec la loi internationale, universaliste et égalitaire, de la Charte des Nations Unies, et remplacer les institutions financières internationales inégalitaires par des instruments de coopération des peuples, permettant la mise des ressources de la planète au service exclusif de leurs besoins respectifs et communs.

Nous appelons tous les juristes du monde qui ont choisi de se mettre au service des peuples à porter ensemble cette espérance et à contribuer à ce qu'elle finisse par devenir effective.

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article sur la Mali

Publié le par Patrick Kaczmarek

APRES  LES BOMBES , A QUAND  LA PAIX ?

Au Mali les intégristes avançaient vers Bamako, partis de Libye , du nord Sahara , du Moyen Orient ,d’autres encore fraichement convertis venaient de pays occidentaux selon les média.

Certes quand il y a le feu on appelle les pompiers. … Quelques questions se posent malgré tout.

Des satellites sillonnent le ciel jour et nuit et ils auraient été aveugles aux convois d’armes qui descendaient de  Libye ? De Tripoli, provenaient les armes de Kadhafi et de Benghazi les armes offertes  par entre autres la France à des opposants Libyens qui ont commencé par établir la charia etc…quelle libération !!! quelle libération au Mali où ils détruisent une grande partie des manuscrits du Moyen Age conservés au centre culturel Ahmed Baba et patrimoine mondial de l’UNESCO !!! où ils lapident un couple qui avait eu un enfant hors mariage !!!

Ces mêmes satellites n’auraient rien vu et nos « renseignements » n’auraient pas compris que les avions qui atterrissaient à Kidal , nord Mali , en provenance du Qatar –comme nous le disaient les journaux papiers – n’étaient sans doute pas chargés de bonbons… Ces journaux papiers ont parfois parlé de base « secrète » de la CIA au Sahara, avec des drones qui auraient  attaqué , qui ? quoi ? Nous apprenons que certains intégristes auraient fait fortune depuis des années en se livrant à des trafics   trans -sahariens d’armes , de drogue etc… Et les voici ces intégristes menaçant  le Mali et tout le Sahel  sans doute. Comment la population a-t-elle pu les accueillir ?

Ici ou là dans les journaux on a appris qu’ils distribuaient des vivres et aidaient les « pauvres » comme le demande l’islam . Ils donnent des salaires à ceux qui s’enrôlent à leurs côtés….

 Tout cela était connu depuis longtemps, et rien n’a été fait.

Le FMI, la Banque Mondiale  et autres puissances financières continuent à imposer une dette impossible à supporter. Ils ont exigé la casse des services publics du Mali et des autres pays du Sahel  et d’ailleurs .Pour payer leur dette les pays transforment une partie de leur terres consacrées aux cultures vivrières  au profit de culture de type industriel ( arachide, coton) dont les cours baissent entrainant l’appauvrissement des pays et des problèmes de malnutrition voire de famine .

La corruption plus ou moins généralisée ? que faire quand on n’a pas assez d’argent pour acheter les condiments de base pour nourrir sa famille ? On peut comprendre sans excuser .N’est-elle pas encouragée par ceux qui octroient les subventions ? par ceux qui sont très intéréssés par le gaz , le pétrole , l’or , l’uranium que l’on est en train de découvrir dans le Sahara ?

Et si l’ONU se saisissait du problème , envoyait des Corps pour contrôler la gestion des fonds pour l’Education, pour la Santé, pour le Développement ? Et si le FMI et la Banque Mondiale annulaient la dette.? Aurions- nous des salafistes un peu partout ? Aurions-nous des armes et des morts ?

Il serait intéressant d’évaluer le coût de l’intervention armée et celui de l’annulation de la dette…

On peut comprendre une intervention pour empêcher la barbarie mais elle ne doit pas se transformer en moyen de pression permanent pour profiter des richesses minières d’un pays.

N’est-il  pas du devoir de chacun de tout faire pour prévenir l’incendie et rétablir la PAIX ?

Ils auraient la Paix .Nous aurions la PAIX.

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HOMMAGE A CHOKRI BELAID

Publié le par Patrick Kaczmarek

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LA BANDE A ROSA AU FORUM SOCIAL DU 26 JANVIER 2013 A AMIENS

Publié le par Patrick Kaczmarek

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