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Projet de loi sur le renseignement : « suspects avant d’être citoyens »

Publié le par Patrick Kaczmarek

Projet de loi sur le renseignement : « suspects avant d’être citoyens »

 

Le Mouvement de la Paix exprime sa plus vive inquiétude sur le projet de loi sur le renseignement. Présenté comme une loi antiterroriste et débattu par le biais d’une procédure accélérée, ce projet concerne aussi bien le terrorisme que les atteintes à la souveraineté nationale et l’encadrement des mouvements de masse. Ainsi, des associations, des partis qui se mobiliseraient, pourraient tomber sous le coup de la loi au titre de la « prévention des violences collectives » ou d’une atteinte aux « intérêts économiques ou industriels essentiels de la France ». Le projet adopté à l’Assemblée nationale et actuellement débattu au Sénat constitue une menace pour les libertés publiques et politiques de tous les citoyens.

 

Les citoyens américains sont particulièrement au fait des pratiques de traçage sans limite et de fichage systématique qu’utilise l’Etat après les attentats du 11 septembre 2001. Celles-ci reposent sur l’idée de « tous dangereux », « tous coupables ». Déjà en 2007, en France, des mesures de surveillance (écoutes téléphoniques et interceptions de flux internet) avaient été prises en toute illégalité et sans aucune transparence. Avec le projet de loi français sur le renseignement examiné actuellement, ces mêmes pratiques liberticides sont à craindre : création de « boîtes noires » destinées à scanner le Web indistinctement, collecte de masse de données personnelles, durée de conservation allongée jusqu’à cinq ans pour certaines données, opacité des moyens d’exploitation de ces données.

 

Et que l’on ne se méprenne pas sur la Commission nationale de surveillance des techniques de renseignement, soi-disant garante des libertés fondamentales : faute des moyens d’actions nécessaires, elle ne pourra pas assurer  sa mission de contre-pouvoir. Par ailleurs, le Premier Ministre pourra passer outre son avis. Le gouvernement se refuse à un contrôle a priori, systématique et indépendant des demandes des services spécialisés, et il organise un contrôle a posteriori illusoire. La saisine du juge administratif risque d’être sans efficacité réelle et le secret-défense pourra être invoqué sans autre forme de procès.

 

La liberté et la sûreté, que se doit d’assurer le Président de la République pour chaque citoyen contre l’arbitraire, sont en péril. Ces droits naturels et imprescriptibles sont reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ce projet de loi va-t-il renforcer la sécurité du peuple français alors que la politique guerrière de la France basée sur le commerce des armes et une industrie des armes florissantes et la multiplication des opérations extérieures contribuent à fragiliser cette sécurité et à tenir l’image de la France à l’étranger.

 

Débattre des pouvoirs de surveillance de l’Etat vis-à-vis des citoyens, c’est rappeler qu’en démocratie, « la liberté est la règle, la restriction de police, l’exception ».  Débattre aujourd’hui du projet de loi sur le renseignement, c’est exiger un contrôle strict et indépendant de l’activité des services de renseignement, dans le respect des valeurs qui ont fondé la République, « Liberté, Egalité, Fraternité », dans le respect de la Laïcité. 

 

 

Le Mouvement de la Paix

Le 18 mai 2015

 

 

Contact : DICKO Alexandre  - dicko.alexandre@mvtpaix.org

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MUMIA a de nouveau été hospitalisé

Publié le par Patrick Kaczmarek

DANS LE PLUS GRAND SECRET, MUMIA A DE NOUVEAU ETE HOSPITALISE

C’est le jour de son arrivée aux Etats-Unis (12 mai) que la délégation française (*) a appris l’hospitalisation de Mumia par l’intermédiaire de son épouse Wadiya. Inquiète de ne pas avoir eu d’appel téléphonique, comme Mumia ne manquait jamais de le faire pour la fête des mères, c’est en prenant contact avec l’infirmerie de la prison que Wadiya fut informée de son transfert à l’hôpital. Le lendemain (13 mai), elle s’est vue refusée toute visite au prétexte que l’état de santé de son mari ne le permettait pas. Dès lors, les inquiétudes les plus préoccupantes laissaient place à l’absence de communication d’ordre médicale. De son côté, l’avocat de Mumia se voyait également interdit de tout droit d’accès à l’hôpital et privé d’information.

La délégation française, qui devait rencontrer Mumia en fin de semaine, décidait alors de se rendre immédiatement à l’hôpital et à la prison (14 mai). Dans les deux cas, c’est dans l’embarras mais par une fin de non-recevoir qu’elle fut accueillie, laissant dans le doute sur le lieu où se trouvait Mumia. Le lendemain matin (15 mai), la délégation retournait à l’hôpital sans pouvoir obtenir de nouvelles informations, si ce n’est que Wesley Cook (Mumia Abu-Jamal) ne figurait sur aucun état des malades hospitalisés. Et pour cause, les prisonniers sont référencés sur une liste confidentielle.

Quelques heures avant son envol retour pour Paris, la délégation française s'est à nouveau rendue à la prison pour demander des explications sur le secret entretenu par l’administration pénitentiaire. Réponse visiblement agacée et provocatrice des gardes en charge de l’accueil : « pour des raisons de sécurité ». 

Face au mépris du droit constitutionnel (refus d’information et du droit de visite pour la famille) les avocats de Mumia ont saisi la justice en procédure d’urgence. Du côté des soutiens, c’est la mobilisation qui est décrétée pour protester et continuer à exiger que Mumia puisse bénéficier de soins adaptés à la gravité de son état, et ce sous le conseil et la surveillance d’un médecin de son choix.

La mobilisation (appels téléphoniques de la prison et de l’hôpital) commence à fissurer le mur du silence imposée par l’administration pénitentiaire car l’épouse de Mumia a enfin été autorisée (17 mai) à communiquer 15 minutes par téléphone avec son mari. Heureuse et rassurée de l’entendre, Wadiya a précisé qu’il avait fait l’objet de nombreux tests médicaux et que sa peau bien que très endommagée par l’eczéma allait mieux selon lui.

 

La mobilisation française doit se poursuivre avec l’envoi de la carte-postale pétition à l’adresse du Gouverneur de Pennsylvanie :

- en cliquant sur ce lien : la carte-pétition à imprimer

- en passant commande gratuitement et en nombre à l’adresse courriel suivante : direction@mrap.fr

Envoyez directement cette carte au Gouverneur, sous enveloppe de préférence pour contraindre son administration à l’ouvrir et à en prendre connaissance. Sous enveloppe ou pas, le tarif postal est de 1,20 € (*) pour un envoi jusqu’à 20 grammes. Si vous faites des envois en nombre, il vous faudra donc l’affranchir en conséquence.

 

(*) La délégation du Collectif français « LIBERONS MUMIA » : Claude Guillaumaud-Pujol, Jacky Hortaut, Jonathan Lère.

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Sauvons la SECU 11h. rue Ribot devant la Sécu le 19 Mai, tous à Guéret les 13 et 14 Juin covoiturage.

Publié le par Patrick Kaczmarek

 

Rendez-vous le 19 Mai à 11h., rue Ribot, devant la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Creil qui va fermer en Décembre prochain si nous ne la défendons pas (remplacée par des bornes!!!)

 

 

C'est toute la SECU qui est menacée d'une lente et mortelle privatisation (les Assurances Privées s'intéressent beaucoup à votre Santé!).

C'est l'accès de toutes et de tous à des soins de qualité qui disparait

 

 

 

Sauvons la Sécu!

 

La sécu., notre sécu, a été créée par les résistants au nazisme.

Notre Sécu.a été mise en place par les travailleurs à la Libération, sous la direction de l'un d'entre eux, Ambroise Croizat, ministre du Travail de 1945 à 1947.

 

A l'origine, elle fut gérée par les représentants des travailleurs eux-mêmes. Ce n'était pas une bureaucratie étrangère à notre peuple. C'était notre Sécu. ce n'était pas un impôt de plus, c'était le fruit de notre travail. Pour les patrons c'était le prix qu'il fallait payer pour notre santé.

Et puis les patrons ont imposé la cogestion, c’est-à-dire la gestion "partagée" avec les travailleurs! Sous prétexte qu'il l'a payait. Mais qui produit les richesses!

 

Ainsi la dénaturation de notre Protection Sociale, brise notre système de soins.

D'une Sécu. qui a haussé notre organisation Sanitaire au premier rang dans le monde, les patrons et de nombreux gouvernements, en ont fait une administration suspicieuse, tatillonne, dont le budget est voté par l'Assemblée nationale. Et comme il est insuffisant, dette oblige, on concède pan par pan notre appareil de soins au secteur privé lucratif et les remboursements aux assurances privées dont les cotisations, source de fabuleux bénéfices, viennent s'ajouter aux cotisations prélevées sur nos salaires.
C'est toute notre protection sociale qui se rétrécit de jours en jours, creusant les inégalités d'accès aux soins et menaçant la Santé de tous, mettant à mal nos hôpitaux...


Nous allons désormais harceler nos gouvernements jusqu'à ce qu’ils nous rendent notre bien:

-Gestion démocratique.

- remboursement à 100% de tous les soins.

(les dividendes puisés sur notre travail, ne cessent d'augmenter, pendant que les forfaits et franchises augmentent et les remboursements diminuent!!!).

- Nous tiendrons jusqu'à ce qu'il en soit ainsi.

 

Rejoignez le Comité de défense et de promotion de la Santé et des Hôpitaux de Creil et de Senlis      cesbron@wanadoo.fr

 

 

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LDH Toulouse - Communiqué de presse - Robert Ménard à Toulouse dans une salle municipale : une bien curieuse conception de la liberté d'expression .

Publié le par Patrick Kaczmarek

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Toulouse, le 17 mai 2015

Robert Ménard à Toulouse dans une salle municipale :

Une bien curieuse conception de la liberté d’expression …

 

L’association Face à Face, spécialisée dans la mise en scène et la promotion médiatique de ce que les idées et les propagandiste de la droite extrême peuvent avoir de plus malsain se propose d’accueillir Robert Ménard lundi 18 mai dans une salle municipale à Toulouse. Ainsi, après avoir contribué à répandre le venin idéologique du sinistre Eric Zemmour il y’a quelques mois, cette association avec l’assentiment du maire de Toulouse va contribuer à diffuser la parole de l’actuel maire de Béziers

Rappelons que ce dernier n’a eu de cesse dès son installation que d’occuper l’espace médiatique et d’appliquer les idées les plus odieuses de l’extrême droite avec des initiatives aux relents xénophobes et antimusulmans, visant à marginaliser et maltraiter toute une partie des habitantes et des habitants de cette ville.

Il s’est distingué enfin il y’a peu en déclarant sur un plateau de télévision avoir installé dans sa mairie un système de fichage religieux visant à identifier des « élèves musulmans » de sa ville. Suite à cette déclaration, et malgré des dénégations ultérieures à la crédibilité douteuse, le parquet de Béziers a engagé une enquête préliminaire et ses propos ont également donné lieu à une saisine de la Commission Nationale Informatique et Libertés et du Défenseur des droits. La Ligue des droits de l’Homme se réserve quant à elle la possibilité d’engager toutes les procédures judiciaires qui lui paraitront souhaitables.

 

La section toulousaine de la LDH dénonce les paroles et les pratiques de Robert Ménard qui portent atteinte aux principes les plus fondamentaux de notre République, en semant haine, discrimination et violence sociale. Elle demande au toulousaines et aux toulousains de refuser pacifiquement et sereinement à cette occasion tous les discours porteurs d’idées racistes et xénophobes étrangers à la tradition de notre ville. 

Elle prend acte de la mise à disposition par le maire de Toulouse d’une salle municipale dans de telles conditions et s’insurge à ce propos contre des pratiques arbitraires qui voient l’attribution de ces locaux régie par son seul bon vouloir, en dehors de toute équité et au mépris du respect  droit commun à la liberté d’expression, comme il été possible de le constater ces dernières semaines.

 

 

Discours prononcé par Cyril Hennion, vice-président de la section LDH Béziers le 9 mai 2015 à l’occasion du rassemblement citoyen, inter associatif, intersyndical, interpartis républicains, devant la statue de Jean Moulin, place du 14 juillet à Béziers

 

« II y a de cela 13 mois, dès sa prise de fonction à la tête de notre municipalité, le maire d’extrême droite plurielle de Béziers Robert Ménard a prétendu faire de la sécurité son cheval de bataille, au détriment des services municipaux, de la solidarité, de la culture et de l’éducation. Pourtant, c'est lui qui représente aujourd’hui le premier risque de trouble à l’ordre public. Il a brisé l’unité des biterrois, et il a instauré dans l’esprit de nos enfants, la ségrégation ethnique. Il a fait des français maghrébins, les ennemis de la nation. Il a fait des parents sans emploi, des citoyens inégaux devant l’accès au droit. Nous voulons dire à nos enfants, combien ses idées sont à contresens des valeurs historiques de notre pays, inspiré des Lumières, instauré par une Révolution qui a fait de l’idéal républicain, la recherche du bien commun et du vivre ensemble : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité.

C’est pour ces valeurs, que la résistance n’a jamais cessé d’incarner, que nous demandons à l’Etat français de restaurer et préserver la République à Béziers.

Soyons uni-es ! Nous sommes tous Mohamed, nous sommes tous Nora, nous sommes tous Amine, nous sommes tous solidaires, nous sommes la France universelle ici à Béziers. »

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Les statistiques font-elles la loi ?: émission interéssante sur France Culture

Publié le par Patrick Kaczmarek

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Cisjordanie. L’OLP dénonce les activités d’Orange

Publié le par Patrick Kaczmarek

Israël

PIerre Barbancey

Vendredi, 15 Mai, 2015

L'Humanité

orange_israel.jpg

La filiale israélienne d’Orange a fourni une aide matérielle directe à l’armée lors de l’attaque contre Gaza de l’été 2014.

DR

Dans une lettre à Laurent Fabius, le dirigeant palestinien Saëb Erekat demande à la France d’intervenir pour faire cesser ces activités. Orange « est devenue un partenaire de l’occupation », écrit-il.

Depuis plusieurs années maintenant, de nombreuses associations dénoncent l’attitude de l’opérateur français Orange dont l’État est le principal actionnaire. Il a ainsi renouvelé en 2011 un accord de licence de marque avec l’opérateur israélien Partner Communications-Orange Israël. Or Partner Communications tire profit, comme les autres opérateurs israéliens, de la colonisation. Il disposait en 2011 de 176 antennes et installations de communication en Cisjordanie et dans les hauteurs du Golan occupées militairement. Il a des boutiques dans plusieurs colonies de Cisjordanie. Pis, Partner soutient maintenant directement l’armée israélienne et parraine des bataillons de tanks qui ont participé à l’agression contre Gaza en juillet 2014. L’affaire est grave. À tel point que Saëb Erekat, principal négociateur palestinien et membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), vient d’écrire au ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Relevant dans sa lettre que par l’accord avec Partner Communications, « la compagnie française est devenue un partenaire de l’occupation par Israël de l’État de Palestine et se rend complice des activités illégales de colonisation menées par Israël », le dirigeant palestinien note : « Par ailleurs Orange ne paye pas d’impôts à l’Autorité palestinienne pour aucune de ses activités commerciales sur le marché palestinien et la terre de Palestine. Selon un rapport de la Banque mondiale publié en janvier 2008, il en découlait une perte de 60 millions de dollars (52 millions d’euros) de taxes dues au gouvernement palestinien. » Pour Erekat, « il s’agit là de la contribution d’Orange à la mise en œuvre de la politique délibérée d’Israël pour créer “des faits accomplis sur le terrain” ». Il enjoint la France, de « prendre d’urgence » des mesures pour remplir ses obligations de respecter et de faire respecter la convention de Genève, en demandant instamment à Orange de rompre son accord avec Orange Israël. « Je vous encourage aussi vivement à publier une recommandation à toutes les entreprises françaises, leur conseillant de ne pas travailler avec, de ne pas avoir d’activités ou de fournir quelque service que ce soit aux colonies illégales ni aux infrastructures qui leur sont associées », écrit-il enfin.

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Entrée libre . La Maison de l'Architecture et Pourparlers en Picardie invitent Sébastien EYMARD

Publié le par Patrick Kaczmarek

Pourparlers en Picardie s'associe à la Maison de l'Architecture pour vous inviter à une conférence-débat avec Sébastien EYMARD sur le thème  S'APPROPRIER LA VILLE.

C'est à 18 heures 30 le vendredi 22 mai à la Maison de l'Architecture , 15 rue Marc Sangnier, à Amiens. Nous vous attendons nombreux. N'hésitez pas à diffuser cette information. 

Cette soirée sera entrée libre.

Cordialement

J.W 

 

« S’approprier la ville - Sébastien Eymard »

En partenariat avec la Briqueterie et Pourparlers en Picardie. Sébastien EYMARD, architecte intervenant à l’Ecole d’architecture de Nantes, est associé au collectif d’architectes « Construire ». Il va évoquer avec nous deux expériences de transformation de la ville par implication des habitants, l'une à Boulogne-sur-Mer et l'autre en Avignon pour trouver quelles peuvent être les pistes d'appropriation de la ville. Deux expériences portées par des architectes impliqués, qui démontrent qu'il existe des alternatives à l'urbanisme autoritaire et que lorsqu'on leur ouvre de petites portes, les habitants savent s'y engager. C’est autour de la participation des habitants aux projets que Sébastien EYMARD interviendra, en présence de Kinya MARUYAMA, architecte Japonais qui rénove actuellement avec les habitants d’Amiens un futur café associatif du quartier Elbeuf.

 

 

   

 

Entrée libre . La Maison de l'Architecture et Pourparlers en Picardie invitent Sébastien EYMARD

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Syrie: est-ce vraiment une bonne nouvelle?

Publié le par Patrick Kaczmarek

Les efforts de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie expliquent les succès récents contre Bachar Al-Assad

Dans la guerre d'usure syrienne, les rebelles ont repris l'avantage. Après avoir penché en faveur du régime pendant plus d'un an et demi, entre le printemps 2013 et l'automne 2014, l'équilibre des forces est reparti en sens inverse. En l'espace d'un mois et demi, une nouvelle alliance militaire, Jaish Al-Fatah (Armée de la conquête), regroupant des combattants djihadistes, salafistes et proches des Frères musulmans, s'est emparée de la plus grande partie de la province d'Idlib, dans le nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. De l'avis de plusieurs bons connaisseurs du champ de bataille syrien, ce retour en force de la rébellion est le produit dérivé du pacte scellé entre l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, sous l'impulsion du roi saoudien Salman, arrivé au pouvoir en janvier. Après des années de défiance, ces trois puissances régionales, farouchement hostiles à Damas, ont entrepris d'unifier leurs efforts. Ce rapprochement, qui s'est traduit par de nouvelles livraisons d'armes, quoique en quantité encore limitée, participe de la diplomatie beaucoup plus active à l'initiative de Salman pour contrer l'influence croissante de Téhéran au Proche-Orient. De même qu'il a pris la tête de la coalition arabe partie en guerre au Yémen, contre les milices houthistes pro-iraniennes, le monarque saoudien paraît pressé de renforcer la main des rebelles, pour hâter un départ de Bachar Al-Assad, principal allié de la république islamique dans la région. Regain d'assurance des rebelles " Il y a un effet Salman très net, dit Ahmed Tomeh, le premier ministre du gouvernement intérimaire syrien, basé à Gaziantep, dans le sud de la Turquie. La coordination entre Riyad, Ankara et Doha s'est améliorée. L'intervention saoudienne au Yémen a rendu l'espoir aux Syriens. Ils pressentent qu'un changement important arrive. " " Le triangle Doha-Riyad-Ankara a commencé à fonctionner, considère Fayez Al-Doueiri, un analyste sécuritaire jordanien, en contact régulier avec les rebelles. Le positionnement de Salman comme nouveau commandant du monde arabe pousse les brigades à se réorganiser. " Ces deux sources, ainsi qu'une troisième, proche des autorités qataries, assurent que des armes antichars, notamment des missiles Tow, sont récemment parvenues entre les mains des anti-Assad. Aucune de ces sources ne fait état, cependant, d'arrivages massifs. Porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL), la branche modérée de l'insurrection, Oussama Abou Zayed assure même n'avoir " rien reçu depuis cinq mois ", tout en reconnaissant que " cela pourrait changer très bientôt. - Leurs - amis saoudiens, turcs et qataris song - eant - à - les - soutenir ". Signe du regain d'assurance des rebelles, la Coalition nationale syrienne (CNS), la principale formation d'opposition, a annoncé qu'elle n'enverra pas d'émissaire à Genève, où l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, ambitionne de consulter séparément tous les acteurs de la crise. " Assad bat en retraite ", clamait début mai Khaled Khodja, le président de la CNS, dans les colonnes de la presse turque. Les premiers signes du retournement de tendance remontent au 15 décembre 2014. Ce jour-là, le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaida, et le mouvement islamiste Ahrar Al-Cham, les deux formations à l'origine du Jaish Al-Fatah, se sont emparés de la base militaire de Wadi Al-Deïf, l'un des principaux verrous du régime Assad, dans le nord du pays. Le basculement s'est confirmé durant l'hiver, quand les combattants du Front Al-Chamiya, la principale force rebelle d'Alep, proche des Frères musulmans, ont tué dans l'œuf l'offensive loyaliste visant à encercler la partie orientale de la ville. Et il s'est accéléré à partir de la fin mars, avec la chute, coup sur coup, d'Idlib, de Jisr Al-Choghour, à une vingtaine de kilomètres plus à l'ouest, et du camp militaire d'Al-Qarmeed, situé à proximité. Ce changement de dynamique a coïncidé avec l'émergence d'un nouvel ordre régional. A l'initiative de Salman, persuadé que les Frères constituent un danger beaucoup moins pressant pour l'Arabie saoudite que l'Iran, le royaume s'est réconcilié avec leurs deux parrains, le Qatar et la Turquie. Un geste qui s'est fait au détriment de deux Etats arabes les plus en pointe dans la lutte contre la confrérie, les Emirats arabes unis et l'Egypte, sur lesquels l'Arabie saoudite s'appuyait jusque-là. " L'axe Riyad-Abou Dhabi-Le Caire a cédé la place à l'axe Riyad-Ankara-Doha, qui est beaucoup plus favorable aux anti-Assad, décrypte Andreas Krieg, professeur au collège de défense du Qatar. L'émir Tamim a de nouveau les coudées franches en Syrie, alors qu'en 2014, de peur de susciter l'ire du roi Abdallah, il avait dû revoir à la baisse toutes ses ambitions dans ce pays. " Durant le sommet du Conseil de coopération du Golfe, tenu à Riyad la semaine dernière, Tamim a été photographié en plein conciliabule avec Mohamed Ben Nayef, le prince héritier, que l'on dit très qatarophile. La logique voudrait que la cité-Etat accroisse son aide à Ahrar Al-Cham et au Front Al-Chamiya, pendant que l'Arabie saoudite augmente son soutien aux salafistes de Jaish Al-Islam (Armée de l'islam), son principal client en Syrie, omniprésent dans la banlieue de Damas. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, quant à lui, devrait bientôt atterrir dans la capitale saoudienne, pour sa troisième visite de l'année. L'opposition de gauche l'accuse d'offrir un appui au moins logistique au Front Al-Nosra, ce que le chef d'Etat dément sans convaincre. Selon la presse turque, le monarque saoudien lui aurait promis de soutenir la création d'une zone d'interdiction aérienne dans le nord de la Syrie, une mesure réclamée de longue date par Ankara. Le nouvel alignement saoudo-qataro-turc ne certifie pas forcément que la chute du régime Assad se rapproche. Il garantit, en revanche, une intensification des combats à venir. Bien décidé à laver l'affront que constitue la perte de Jisr Al-Choghour, porte d'accès à la plaine côtière, Damas a lancé une contre-offensive pour reprendre la ville.

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Expo Château Bertangles

Publié le par Patrick Kaczmarek

Expo Château Bertangles

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COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS

Publié le par Patrick Kaczmarek

COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
COMMEMORATION DU 8 MAI 2015 A AMIENS
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