BOITE A IDEES

Publié le par Patrick Kaczmarek

Bulletin idées

Sondages. Selon un sondage Ifop-JDD, 56 % des Français approuvent son intervention à Versailles. Il se trouve même 4 socialistes sur 10 pour y souscrire. A l'inverse, le boycott est désapprouvé par près de 60 % des sondés. A noter : les sympathisants écologistes et communistes soutiennent la politique de la chaise vide de leurs élus. C'est sur l'emploi et le pouvoir d'achat que les Français - surtout les 25-34 ans du secteur privé - attendent des réponses du chef de l'Etat, surtout dans la France des ouvriers, des employés et des professions intermédiaires. L'environnement arrive après la question des retraites, plébiscitée par les plus de 54 ans

Dans La Croix, Jérôme Fourquet estime que depuis une semaine, on assiste à une remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages. Celle-ci s'explique principalement par un effet mécanique : la victoire électorale de sa majorité aux élections européennes entraîne une légitimation de son pouvoir et une hausse de sa cote de popularité. Cette reconnaissance est également due à l’affaiblissement de ses opposants. Par ailleurs, le léger ralentissement du rythme des annonces donne l'impression que le gouvernement hiérarchise les priorités. Et la volonté affichée de poursuivre l'ouverture veut prouver que Nicolas Sarkozy répond aux attentes des Français concernant l'environnement. Le discours devant le Congrès ne devrait pas inverser cette tendance.

Le PS et la rénovation. Gérard Grunberg valide les primaires de désignation du candidat à la présidentielle. La rénovation passe, selon lui, par la question de l'ouverture sur la société et celle d'alliances correspondant aux voeux des électeurs et non à l'idéologie de la gauche du parti. Les européennes ont montré que les électeurs socialistes déçus ne votent pas d'abord à la gauche de la gauche mais à droite, au centre ou, écologiste. Dans les Echos, Favilla relève l'incapacité du PS - ou son refus tenace - de formuler des choix clairs sur des questions essentielles. Le PS reste tiraillé entre une gauche « moderne » dont certains éléments ont cédé aux sirènes de l'ouverture et une aile radicalement antilibérale. Sur de telles questions - le rôle du marché, la sécurité, l'Europe, l'environnement -, l'opinion attend de la principale formation d'opposition, sinon une unanimité sur des réponses précises, du moins un consensus sur les grandes orientations. Vincent Duclert dans les Inrocks note que le PS donne l'impression d'être prisonnier de ses logiques d'appareil, sans projet politique, sans pensée de l'histoire et d'abord de la sienne. Il critique les thinks tanks comme Terra Nova, qui renforcent le parti dans sa crise en n'abordant pas les questions essentielles: les institutions, l'Europe, la pratique du pouvoir, les libertés. Le parti se donne l'impression de penser.

Le laboratoire d'idées du PS. Celui-ci, présidé par Christian Paul, ne serait qu'un étage de la fusée pour la rénovation du PS. Composé d'une dizaine de groupes de travail (crises, civilisation numérique, diversité et solidarité, villes globales, famille, partage des richesses...) d'une quinzaine de chercheurs et intellectuels, il aurait davantage vocation à être un réservoir d'idées dans lequel le parti pourrait piocher. M. Vieworka estime que la gauche doit être capable de proposer une vision d'un autre monde.

Le NPA après les européennes. Le conseil politique du week-end dernier propose des contacts unitaires tous azimuts avec la gauche. Il veut mettre en place une plateforme revendicative sur l'emploi avec les partis et syndicats. Si le NPA se dit prêt à tisser des alliances avec la gauche de la gauche, pas question de composer avec le PS aux régionales de 2010.

Les Verts/Ecologie. Le sociologue Jean-Pierre Le Goff analyse la percée d'Europe Ecologie en ces termes: « Le monde mental qui semble être celui de la plupart de ses électeurs se distingue du reste de la France, pour lequel la question sociale reste prioritaire. » Il y a selon lui une part d'ambiguïtés dans les comportements « L'injonction de « sauver la planète » sécrète aussi son conformisme au risque d'empêcher la reconstruction dynamique d'un sens historique » En clair, cela peut peser sur une partie de la gauche qui se détournerait de la question sociale et de se « retirer de l'histoire ».

Libération (19/06) expose les propos tenus entre Cohn-Bendit, Cécile Duflot et Pascal Durand avec Sarkozy lors de leur rencontre à l'Elysée. Durand explique que ni Dany ni Cécile ne pense à 2012. Le président leur fait miroiter un deal gagnant-gagnant: « Vous dites qu'il faut agir vite sur la dégradation écologique. Et moi, j'ai intérêt à montrer que je suis à l'écoute. Travaillons ensemble, même si nous ne sommes pas d'accord ». Sur la fisacalité écologique, Sarkozy évoque « une TVA à 5,5% pour tout ce qui est bio et écologiquement propre au niveau européen ». Cohn-Bendit et Durand suggèrent des normes sociales et environnementales. Sarkozy leur demande une note à ce sujet. Sur le sommet de Copenhague, il leur propose « d 'échanger, même si on n'est pas d'accord » A la sortie, Duflot commentait « Je souhaite que la France aille plus loin que le paquet climat, défende ses positions à Copenhague ». Sans commentaire.

Le film « Home », suite. Un article du Monde révèle que l'Etat, qui a participé à la production du film par le biais de France Télévision, a envoyé cent copies aux préfets pour qu'ils organisent des projections. S'il est bien difficile de savoir en quoi le film, qui a connu un grand succès, a influencé les électeurs le 7 juin, il faut ces propos de Yann Arthus-Bertrand « Quand j'ai vu que le film avait un tel succès à la télé, j'ai pensé à l'élection, mais le fond de ma pensée c'est que le film prend plus de voix à la droite qu'à la gauche, car les gens de gauche avait déjà une sensibilité écologique.. »

UMP. La droite et les sujets de société. Le groupe à l'AN, sur la demande de J-F. Copé, a constitué une commission qui a travaillé sur les sujets de société. Celle-ci a auditionné les philosophes S. Agacinski, C. Delsol, L. Ferry, M. Gauchet, P. Manent. Le pré-rapport qui est produit, interroge: pourquoi les questions de société sont-elles de plus en plus présentes dans le débat politique ? Et pointe les grandes tendances d'une société en plein bouleversement: le 20ème siècle, un siècle de déconstruction; la révolution anthropologique de la famille; la fracture intergénérationnelle; le bouleversement des lignes politiques; la relation contradictoire du citoyen et de l'Etat, la recherche identitaire, le besoin d’appartenance; une schizophrénie croissante du consommateur-salarié et la crise, accélérateur d'un changement de valeurs ? C'est une réflexion de fond où il question de « valeurs » et même de « soubassement idéologique ». Ces champs, montre le pré-rapport, sont très peu explorés par les partis politiques alors qu'ils répondent à une attente prioritaire des Français. H. Mariton rappelle le travail de refondation idéologique effectué par la droite et souligne l'importance de reprendre la main sur les questions de société. Comment ? Donner un nouveau contenu à la « modernité » en imposant notre agenda politique. Assumer un projet collectif à travers la loi, en misant surtout sur l'incitation pour ne stigmatiser personne. Mettre l'exigence de la transmission et l'éducation au coeur de notre projet politique.

Etude du Cevipof sur le vote. Bruno Cautrés et Anne Muxel ont analysé, à travers la présidentielle de 2009, le parcours de vote des Français. On y retrouve les attitudes constatées aux européennes. Comment se fait un vote ? Quand et comment l'électeur décide-t-il de son choix ? Quels critères va-t-il retenir et privilégier ? Les électeurs d'aujourd'hui sont de plus en plus perplexes et hésitants. Leurs votes résultent d'un choix s'effectuant dans un espace de possibles relativement ouvert.

Les électeurs se déterminent beaucoup plus tard que lors des décennies précédentes. Ils sont moins structurés dans leur choix et ne peuvent plus être considérés comme des électorats captifs. Le poids de l'indécision est devenu considérable. Les citoyens sont moins fidèles, moins systématiques et nettement plus tentés par l'abstention. Cette fluidité existe surtout par ce jeu de l'abstention.

Les citoyens sont de plus en plus sensibles et réceptifs aux images des candidats et à la personnalisation de la compétition électorale.

Cette étude par panel confirme la réalité d'un électeur qui entretient un dialogue permanent avec le système politique et médiatique qui l'entoure. Acteur au coeur d'un système en évolution constante, il n'a plus les mêmes fidélités et engagements de long terme que par le passé. Il compose, réagit, s'adapte et s'émancipe ainsi partiellement de ses enracinements idéologiques, culturels, et sociaux. Il aborde l'élection d'une façon peut être plus réflexive.

Internet et l'élection européenne. Un sondage Ifop montre qu'Internet est le média le plus utile pour faire son choix aux européennes. Ils sont 56% à le penser. Parmi les personnes intéressées par l'élection, 72% jugent le web utile contre 61% pour la radio. Les scores d'utilités oscillent entre 52% parmi les électeurs du Front de gauche et 64 % chez ceux de l'UMP. 1/3 des internautes affirme avoir recherché des informations sur l'actualité politique sur Internet. 1/5 environ ont recherché des informations sur les programmes des candidats. 16% ont visité régulièrement des sites de candidats.

L'Assemblée générale de l'ONU sur la crise. Miguel d'Escoto Brockmann a dépeint une vision du monde différente de celle qui a prévalu à ce jour. La Terre peut exister et vivre sans nous, mais nous ne pouvons pas vivre sans elle a-t-il rappelé. Le Président de l'Assemblée a proposé une stratégie pour faire face à la crise. Cette stratégie s'appuierait sur une utilisation durable et responsable des ressources naturelles, qui se font de plus en plus rares. Deuxièmement, il faut revenir à un concept noble d'économie et écarter le concept d'« écobanditisme » dans lequel nous vivons actuellement de facto. L'économie doit être vue en tant qu'activité destinée à créer les bases de la vie physique, culturelle et spirituelle de tous les êtres humains. En troisième lieu, il nous faut généraliser la démocratie, en l'élargissant à tous les domaines. Ensuite, il nous faut créer une éthique minime à partir des traditions philosophiques anciennes. Enfin, il a appelé à créer une vision spirituelle du monde pour les hommes qui cherchent à donner un sens transcendant à leur vie. La concrétisation de ces cinq axes fondamentaux pourrait permettre de trouver les bases d'une « biocivilisation », a-t-il assuré.

Politique industrielle. Dans une tribune dans Le Monde, Nicolas Baverez souligne que la crise économique rappelle que l'industrie demeure déterminante pour l'emploi, pour la diffusion de l'innovation et les gains de productivité, pour les échanges internationaux et la compétitivité. La réindustrialisation s'impose comme une priorité pour le monde développé. Elle est un levier majeur pour la croissance, qui constitue le seul remède à la dette si l'on veut éviter l'inflation. Elle représente un vecteur de conversion des systèmes productifs à l'innovation et à un développement respectueux de l'environnement. Pour lui, le traitement des séquelles de la crise et le rétablissement de la compétitivité du monde développé dépendront largement de l'industrie. D'où la nécessité d'une nouvelle politique industrielle dont les principes doivent prendre en compte l'universalisation du capitalisme. L'Etat doit donner la priorité à la formation, à l'innovation et à la recherche, à la mobilisation de l'épargne longue vers l'investissement productif, à la réorientation des talents vers le secteur non financier, au redéploiement au sein de la mondialisation, à la prise en compte des exigences d'un développement durable. La renaissance de l'industrie ne résultera pas d'un retour au dirigisme, mais de la mobilisation des forces économiques et sociales en faveur de modes de production et de consommation neufs.

Le débat sur l'emprunt. Laurent Mauduit dans Médiapart relève que si l'emprunt est lancé auprès des épargnants, c'est un projet gravissime. Il peut s'avérer ruineux pour les finances publiques. Il rappelle l'inquiétant précédent de l'emprunt Balladur: plus d'un million de Français avaient répondu à l'invitation, et l'emprunt avait permis de collecter quelque 110 milliards de francs, au lieu des 40 milliards escomptés. Le lancement de l'emprunt a contribué indirectement à majorer à la fois les déficits et la dette. Dans le cas des déficits, la raison en est simple: une partie des recettes de l'emprunt a permis de financer par anticipation des dépenses courantes du budget, couvertes ultérieurement par les recettes de privatisation. Quand l'emprunt arriva à échéance, quatre ans plus tard, les experts estimaient que cet emprunt avait généré une perte sèche pour l'Etat comprise entre 3,3 et 4,3 milliards de francs. Le 16 juillet 1997, l'Etat avait remboursé au prix fort les quelque 90 milliards de francs qui couraient encore de cet emprunt. Cela se passa le plus normalement et le plus discrètement du monde: par appel aux marchés. Aussi calamiteuse soit-elle, l'expérience est donc restée dans les mémoires. Et visiblement dans celle de Nicolas Sarkozy, qui a donc décidé de la rééditer. Mais cette fois pour son propre profit politique.

8,6 millions. C'est le nombre de millionnaires (en dollars) dans le monde en 2008, contre 10,1 millions en 2007, selon une étude publiée hier par Merrill Lynch et Capgemini. Les effets de la crise ont fait perdre à la France 50 000 millionnaires, mais l'Hexagone occupe toujours le deuxième rang mondial.

Retraites Un sondage Ipsos montre que les Français privilégient l'augmentation des cotisations au relèvement de l'âge du départ. Alors que la solution privilégiée par le gouvernement pour faire face au déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale semble être celle du relèvement de l’âge de départ à la retraite (aujourd'hui fixé à 60 ans), les Français affichent, tout comme en 2002, une nette préférence pour une augmentation du niveau des cotisations au cours de la vie active (50%). Comme en 2002 et sans surprise, les retraités sont particulièrement hostiles à une baisse des pensions et sont nettement plus nombreux que la moyenne à retenir la solution « recul de l’âge de départ » (38%, contre seulement 25% chez les actifs). Enfin, en termes de proximité politique, on constate que le débat actuel clive encore plus les opinions : les proches de l’UMP sont nettement plus nombreux qu’il y a 7 ans à préférer le recul de l’âge légal de la retraite (48%, contre 30% en 2002) alors qu’à gauche cette option ne progresse pas (19%, contre 18% en 2002).

La consommation des Français face à la crise. Selon la typologie d'Ipsos dressée à partir de son Observatoire international de la crise, 13% des consommateurs français achètent aujourd'hui plus qu'avant. A l'opposé, 19% d'"ultrafragilisés", souvent des familles avec des jeunes enfants, locataires de leur logement, sont les plus touchés par la crise, et réduisent leurs dépenses. Les « imperturbables », souvent âgés de plus de 35 ans, actifs, plus aisés que la moyenne, estiment que la crise va durer plusieurs mois voire plusieurs années mais c'est plutôt une bonne opportunité pour changer de modèle social (56% plutôt d'accord). La classe moyenne en déroute (employés dans le tertiaire, classes moyennes en province) pense que la crise représente un coup d'arrêt à leur élan, ils ont réduit leur dépense et vont davantage dans les discounts. Ils espèrent que cette crise apportera une prise de conscience et un changement social (42% tout à fait d'accord).

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article