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15.02.2012 Les Echos
Le Parti communiste français, ses élus et militants, et les forces du Front de
Gauche versent au débat public une série de propositions qui se fondent sur une
logique inverse de celle de la privatisation du réseau et qui s'appuie sur les 4 piliers suivants :
- un Pôle public national des transports
: c'est-à-dire une politique publique des transports assumée par l'État (création d'une Direction réseau
ferroviaire) et mise en œuvre dans le cadre d'une décentralisation partant des besoins réels, démocratique et correctement budgétisée. Dans cette perspective, nous proposons la nationalisation
des sociétés concessionnaires d'autoroutes (qui, en 2032, au terme de la concession aura rapporté plus de 40 milliards d'euros de bénéfices à ces sociétés...), nationalisation assortie d'un
principe d'affectation des dividendes à l'Agence de financement des infrastructures de transports française (AFITF).
- un financement national pérenne : les députés communistes et du Parti de gauche ont déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à
extraire les investissements en infrastructures de transports des griffes et appétits des marchés financiers, en proposant, notamment, la création d'un nouveau livret d'épargne défiscalisé dont
les fonds seraient en partie centralisés par la Caisse des dépôts et consignations. Une telle mesure permettrait la mise à disposition de prêts à très long terme pour le financement des projets
retenus au schéma national d'infrastructures du transport (SNIT). En outre, pour sortir de l'impasse financière dans laquelle les choix libéraux ont plongé le ferroviaire, nous proposons de
créer, dès 2012, un Versement transport régional (VTR) pour le financement des TER et liaisons inter-villes, créant ainsi au profit des régions une part de versement transport des entreprises
équivalent à 0,3% de la masse salariale.
- le développement du réseau par la mise en place d'une nouvelle organisation de la
filière en France et en Europe, favorisant les coopérations
mutuellement avantageuses et produites au meilleur coût. Une action offensive en faveur du ferroutage en fixant le prix unique au kilomètre et la mise en place d'un plan de ferroutage
Espagne-France-Belgique.
- la démocratie : du statut des cheminots à leur participation aux décisions de l'entreprise publique, de même que celle des usagers,
citoyens et élus, la SNCF peut de par sa vocation de service public contribuer à des innovations majeures en matière de démocratie sociale dans un cadre général donnant aux régions voix au
chapitre quant aux choix stratégiques du système ferroviaire ; nous proposons de faire des collectivités régionales les coordinatrices du transport de voyageurs sur leur territoire en bonne
intelligence avec les différentes autorités organisatrices de transport.
Le PCF et les forces du Front de gauche mettent cette alternative en débat, dans les quartiers, dans nos régions, dans les
entreprises ; car l'expérience le montre : l'avenir du rail français et européen est public, ou ne sera pas.
PCF Longueau