A lire sur Femmes solidaires

Publié le par Patrick Kaczmarek

Femmes solidaires et l’Association Protection sur Ordonnance s’engagent pour l’accès à la justice des femmes victimes de violences

Publié le : 12 mars 2016

Il est difficile de libérer la parole des femmes victimes de violence ; et quand elles parviennent à mettre des mots sur ce qu’elles ont subi, l’accès à la justice relève pour beaucoup d’entre elles du parcours de la combattante.
L’aide juridictionnelle est accordée sous critères de ressources. Pour avoir accès à l’AJ totale, il faut gagner moins de 1 000 euros net. Très concrètement, cela empêche aux femmes qui sont rémunérées au SMIC d’en bénéficier. Les conséquences sont dramatiques : non reconnaissance (...)

Café féministe « Laïcité et droits des femmes » à Arcueil

Publié le : 11 mars 2016

Exposition « Ca nous est égales » à Cachan

Publié le : 11 mars 2016

Projection débat de « 1000 rosiers pour Ravensbrück » à Lille

Publié le : 11 mars 2016

Exposition « Femmes du Mexique : mêmes droits pour l’égalité » à Montoir de Bretagne

Publié le : 11 mars 2016

L’avortement, un combat féministe toujours d’actualité !

Publié le : 11 mars 2016

Femmes solidaires est signataire de cet appel, également accessible sur le site de Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/edition/...

Il aura fallu attendre une épidémie pour parler de l’avortement dans le monde. Début février 2016, la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU a demandé aux gouvernements d’Amérique latine de libéraliser leurs lois sur l’avortement afin de donner aux femmes le choix de poursuivre ou non leur grossesse en cas de suspicion d’une contamination par le virus Zika. Les autorités locales avaient quant à elles préféré conseiller aux femmes de « ne pas être enceintes ». Comble de l’hypocrisie, dans des pays où l’avortement est encore considéré comme un crime et l’accès à la contraception extrêmement difficile voire inexistant.

L’avortement est pourtant une réalité : une grossesse sur cinq est interrompue de façon volontaire dans le monde. C’est aussi une liberté fondamentale qui fait partie du droit à la santé sexuelle et reproductive, inscrit dans des conventions internationales comme le programme d’action du Caire, auxquelles la quasi-totalité des Etats a souscrit il y a plus de vingt ans. L’accès à l’avortement sûr et légal, tout comme l’accès à la contraception, est une composante clef de la réussite des politiques de développement international, d’égalité des sexes, de lutte contre la pauvreté. Des femmes qui ont la capacité de faire leurs propres choix, de planifier leurs grossesses sont des femmes qui peuvent s’impliquer dans un parcours scolaire, subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches.

En dépit de ces engagements et des nombreuses recommandations de l’ONU, pour qui forcer une femme à poursuivre une grossesse est une violence à son encontre, de nombreux pays continuent à restreindre l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive dont l’avortement sûr et légal fait partie. L’Europe ne fait pas exception à la règle. En Pologne et en Irlande, la loi est toujours aussi restrictive. En Macédoine, au Portugal et en Espagne, le droit des femmes à disposer de leur corps est en sursis. Et bien que les attaques contre Le Planning américain aient été condamnées aux Etats-Unis par plusieurs décisions juridiques, le lobbying acharné des anti-choix a gagné le Parlement européen, où les attaques contre le droit à l’avortement et plus précisément contre les associations de planning familial se sont intensifiées.

Et en France ? Alors que plusieurs mesures phares ont été prises pour améliorer l’accès à l’avortement (suppression de la notion de détresse, remboursement à 100% et suppression du délai de réflexion entre autres), l’accès n’est toujours pas garanti dans tous les territoires du fait des restructurations hospitalières qui ont conduit à la fermeture de nombreuses maternités et centres IVG ; ni pour tous les publics, comme le montrent notamment les difficultés éprouvées par un certain nombre de femmes étrangères à avoir recours à une IVG totalement prise en charge et dans de bonnes conditions. Et le climat des dernières élections régionales n’augure rien de bon pour les droits des femmes. Pourtant, les droits sexuels, acquis de haute lutte et inscrits dans la loi grâce à notre mobilisation, sont un préalable à l’égalité femmes-hommes : contraception, avortement, éducation à la sexualité, lutte contre le VIH/sida sont indissociables et doivent s’appliquer de la même façon sur tout le territoire ! Les attaques répétées contre ces droits nous alertent, mais elles ne nous découragent pas ! – bien au contraire ! Nous, organisations féministes, associations d’éducation populaire, syndicats, associations familiales progressistes, organisations de défense des droits humains, sommes parmi celles et ceux qui, partout dans le monde, sont attaché.e.s à la défense des libertés fondamentales.

Nous nous mobilisons aujourd’hui pour demander que ces libertés soient pleinement reconnues et respectées, en France et en Europe. Pour ce faire, nous demandons en premier lieu la suppression de la double clause de conscience spécifique à l’IVG. Le code de la santé publique donne déjà le droit aux médecins de refuser de pratiquer des actes contraires à leurs principes, le maintien d’une clause spécifique pour l’avortement renforce la culpabilisation des femmes véhiculée par la société et rend plus compliqué l’accès à l’IVG. Rappelons qu’en Italie, où plus de 80% des médecins refusent de pratiquer l’avortement, la clause de conscience n’est pas un enjeu symbolique, mais un véritable problème de santé publique !

Nous exigeons que la prise en charge des femmes en demande d’IVG inclue le choix des méthodes, un accueil par un personnel formé et volontaire, avec des moyens suffisants pour prendre en charge toutes les demandes d’IVG.

De plus, face à un système de santé qui subit de plein fouet les baisses de crédits et la concentration croissante de l’offre de soins (avec, comme conséquence, le rallongement des délais d’attente, l’impossibilité de choisir la méthode d’interruption de grossesse ou le type d’anesthésie) nous réaffirmons que la défense du droit à l’IVG passe aussi par une attribution des moyens à la mesure des besoins. Toute politique progressiste qui n’est pas accompagnée par des moyens adéquats, est une politique illusoire.

Enfin, nous appelons aujourd’hui à une mobilisation européenne de toute la société civile pour que le droit à l’avortement soit enfin reconnu comme un droit fondamental par tous les Etats d’Europe : c’est un enjeu de santé publique, c’est un enjeu démocratique, c’est un enjeu d’égalité.

Oui à nos droits, tous nos droits, et à la liberté de choix d’avoir un enfant, ou non

Les signataires :

Le Planning Familial

Act Up-Paris

ANCIC - Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception

CADAC - Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception

CFDT

CGT

CNAFAL - Conseil National des Associations Familiales laïques-

CNDF – Collectif national droits des femmes

Fédération SUD Santé Sociaux

Femmes Solidaires

FIT- Une femme, un toit

La CLEF

Projet de loi travail : non à la double peine pour les femmes !

Publié le : 11 mars 2016

Femmes solidaires est signataire de cette tribune, par ailleurs parue sur le site du Monde.

Une fois de plus, le gouvernement oublie les droits des femmes. Le préambule de l’avant-projet de loi rappelle que “le principe d’égalité s’applique dans l’entreprise. L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes doit y être respectée”. Voilà pour la théorie, et c’est bien le minimum quand on sait que les femmes continuent de gagner en moyenne un quart de moins que leurs homologues masculins et que la France se classe 132e en matière d’égalité salariale sur 145 pays. Le problème, c’est que cette déclaration de principe n’est accompagnée d’aucune mesure pour rendre enfin l’égalité effective.

Surtout, le projet de loi repose sur l’inversion de la hiérarchie des normes et fait systématiquement primer les accords d’entreprise sur les accords de branche ou la loi. Ce principe est fondamentalement nuisible à la lutte pour l’égalité professionnelle, qui n’a avancé qu’imposée par la loi et sous la pression des luttes féministes. Ajoutons que les femmes sont plus nombreuses dans les TPE/PME, où il y a moins d’implantation syndicale, et donc moins de possibilité de négocier et de se mobiliser. Faire primer les accords d’entreprise entraînera donc une baisse des droits et garanties collectives dans les secteurs à prédominance féminine.

Dans la (longue) série de régressions prévues pour l’ensemble des salarié-e-s, certaines seront particulièrement discriminantes pour les femmes. C’est d’abord le cas sur la négociation égalité professionnelle, déjà bien malmenée par la loi Rebsamen. Les obligations des employeurs sont encore allégées : les négociations annuelles peuvent devenir triennales, les accords d’entreprise primeront sur les accords de branche, et la durée de vie des accords sera limitée à 5 ans, sans garantie de maintien des avantages acquis ! En bref, l’égalité professionnelle qui avance déjà très très lentement sur le terrain, est renvoyée aux calendes grecques !

Le temps de travail est le premier facteur discriminant pour les femmes, qui effectuent toujours 80% des tâches ménagères. La norme du présentéisme, imposée notamment pour les cadres, les exclut des postes de responsabilité. De l’autre côté, 80% des salarié-es à temps partiel sont des femmes, avec un salaire et une protection sociale partielle, mais une flexibilité et des amplitudes horaires maximum. Au lieu de réduire la durée légale du travail pour faire converger le temps de travail des hommes et des femmes, et permettre à toutes et tous d’exercer leurs responsabilités familiales, le projet de loi renforce considérablement la flexibilité. Il augmente les durées maximum de travail, notamment pour les cadres, et renforce les possibilités pour l’employeur de modifier de façon unilatérale les horaires et le temps de travail sans déclencher d’heures sup. Pour les salarié-es à temps partiel, c’est la double peine : un salaire partiel, une précarité maximum, et des heures supplémentaires qui seront demain encore moins bien payées ! La majoration de leurs heures complémentaires est déjà deux fois plus faible que celle des salarié-es à temps plein, qu’à cela ne tienne, le projet de loi rajoute encore de la discrimination : le taux de majoration légal ne sera plus que de 10%, alors qu’il atteignait 25% actuellement. Cerise sur le gâteau, les délais de prévenance en cas de changement d’horaires pouvant être réduits à 3 jours au lieu de 7 actuellement.

Pour toutes celles qui ne pourront pas s’adapter, les modalités de licenciement sont facilitées. Aujourd’hui déjà, la moitié des femmes qui arrête de travailler à la naissance d’un enfant connaissait auparavant des horaires atypiques (de nuit, le week-end ou le soir). Demain, ce projet de loi facilitera les licenciements de celles et ceux qui ne pourront pas s’adapter à la flexibilité imposée. Enfin, le projet de loi réforme en profondeur la médecine du travail. Il supprime la visite d’aptitude obligatoire et centre le suivi médical sur les salarié-es dits à risques. Sauf que les risques et la pénibilité des métiers à prédominance féminine sont justement sous évalués. Une caissière de supermarché, qui porte chaque jour 15 tonnes, sera-t-elle considérée comme exerçant un métier à risque ?

Pour toutes ces raisons, nous, féministes, disons non au projet de loi travail. Toute réforme du code du travail devrait au contraire se donner pour objectif de faire enfin de l’égalité une réalité !

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