La gauche non PS face au FN

Publié le par Patrick Kaczmarek

Lettre aux composantes samariennes du « Rassemblement » de Madame Rousseau

Nouvelle Donne, Nouvelle Gauche Socialiste et Parti de Gauche

 

France Culture tendait son micro à Madame Rousseau ce vendredi à 12 :50. Elle a fortement desservi la gauche non socialiste.

Vous chercherez en vain dans ses propos une expression argumentée sur les enjeux essentiels autour desquels se structure la campagne régionale : l’indignité de la situation faite par le gouvernement Valls aux migrants à Calais et dans toute la région, derrière laquelle s’engouffrent Bertrand et Le Pen pour une surenchère toujours plus folle ; le devenir agricole, contre les autorisations préfectorales délivrées aux fermes usines de Loueuse et d’Abbeville ; le laisser faire des fermetures de sites, symbolisé par la vente des machines de Sambre et Meuse et la dénonciation par le Préfet de la SCOP du pneu agraire des Goodyear ; la fermeture de Pole Emploi l’après-midi dans toute la Picardie…

Vous trouverez en revanche confirmation d’une position que je crois éminemment dangereuse : selon Madame Rousseau s’exprimant le 12 septembre, le FN serait « un problème de deuxième tour ». Invitée aujourd’hui à exprimer son meilleur argument face à Le Pen, Rousseau a confirmé en répliquant par une tirade sur la Picardie NPdC dans vingt ans ! Fallait-il ne pas argumenter contre les quatre volets immigration/impôts/préférence nationale/insécurité ? Quand Lecerf au CD du Nord argumente contre les allocataires du RSA au nom de la maîtrise des charges dans son bras de fer avec Matignon ? Quand Emmaüs sort de la table de négociation à Calais, où vient de décéder un dix-septième réfugié ? Quand les medias nationaux et régionaux enferment le scrutin de la quatrième région dans le choix entre voter blanc ou voter LR-CPNT-UDI contre Le Pen ? Aux yeux des journalistes et de nombreux auditeurs, Madame Rousseau s’est montré incapable de participer au nécessaire cordon sanitaire à établir pour faire refluer le FN. Mais c’est bien dès à présent qu’il faut s’attaquer au virus inégalitaire et liberticide, sans attendre le 6 décembre au soir.

Vous avez une responsabilité : votre engagement aux côtés de Madame Rousseau fait exister dans l’espace politique picard et nordiste une parole manifestement dangereuse dans le moment politique dans lequel nous fait entrer ce scrutin régional. Vous pouvez infirmer votre engagement au vu de cette entrée en campagne absolument calamiteuse. Ne pas vous poser la question serait dommageable, au-delà des sensibilités politiques que vous voulez faire vivre.

Eugène Bégoc

Militant du Front de gauche - Amiens

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