CEREMONIE Jean CATELAS 74eme anniversaire

Publié le par Patrick Kaczmarek

Discours de Jacky Hénin

 

Mesdames, Messieurs,

Cher(e)s Ami(e)s, Cher(e)s Camarades,

 

Permettez-moi tout d’abord, de  vous remercier :

pour votre présence nombreuse ce matin,

de l’honneur qui m’est fait de pouvoir rendre hommage à de véritables héros.

 

Chaque année, vous rendez hommage à l’appel du PCF, à ceux qui ont donné leurs vies

pour que nous puissions vivre libres,

pour l’avènement d’un monde meilleur pour ceux qu’ils aimaient,

alors même qu’ils savaient que leurs heures étaient comptées.

Jean Petit, Les Quatre Lemaire, les Martyrs de la stèle Noyon- Saint Acheul, Raymond Gourdain.

 

Devant cette stèle vous vous rassemblez pour rendre hommage à Jean Catelas, guillotiné le 24 Septembre 1941 sur ordre des fascistes français, complices des nazis hitlériens.

 

Jean Catelas, ancien combattant de la première guerre mondiale, victime de ce premier grand massacre de masse, en revient convaincu de la nécessité de faire

«  la guerre à la guerre ».

C’est en ce sens qu’il  adhère à l’Association Républicaine Anciens Combattants crée par des hommes de convictions Henri Barbusse, Lefevre, l’ouvrier Georges Bruyère, Paul Vaillant Couturier, Jean et Jacques Duclos.

 

Dans le même mouvement, il s’engage pleinement dans les batailles menées par le jeune Parti Communiste Français contre l’exploitation de ceux qui vivent de leur travail, contre la montée du fascisme, pour la paix et pour que chacun ait droit au bonheur.

 

Cheminot, il est un syndicaliste actif, engagé dans la construction de l’unité

pour des revendications qui peuvent apparaitre aujourd’hui désuètes, mais qui à l’époque étaient d’une importance capitale : « le pain, la paix, la liberté ».

 

Il devient député du front populaire dans votre département.

 

Lorsque la guerre d’Espagne, première guerre fasciste contre la liberté et la démocratie, devient la première agression contre une république,

avec Paul Vaillant-Couturier, lui aussi député communiste, il s’engage à fond dans l’organisation des brigades internationales et sera dans les premiers à partir.  

Il sera sur le front de l’Elbe.

 

Lorsque la deuxième guerre mondiale éclate, il est de ces députés communistes qui ont ouvert le chemin de l’honneur.

La plupart sont les premières victimes des sinistres camps d’internements français.

En France, puis en Afrique du Nord.

 

Jean Catelas, lui,  échappe aux arrestations et peut continuer son combat dans une clandestinité devenue obligatoire bien avant l’occupation nazie.

 

En effet, les futurs collaborateurs de l’occupant nazi, avant même la capitulation signée par Pétain, étaient beaucoup plus occupés à traquer les communistes et les militants des organisations démocratiques qu’à organiser la défense de la France contre l’envahisseur hitlérien.

De fait, ils faisaient avant tout la guerre aux organisateurs de la résistance, aux créateurs et aux animateurs de l’esprit de résistance au fascisme.

 

C’est à partir de cette analyse historique qu’on peut affirmer que la résistance française au nazisme n’est pas née à partir de l’occupation nazie

mais dès la naissance du fascisme allemand, et s’est organisée unitairement avec le mouvement amsterdam-Pleyel.

 

Les fascistes Français et Allemands ne s’y sont pas trompés, qui, après la mise hors la loi du PCF, de l’ARAC et d’autres associations démocratiques, ont jeté nos camarades dans les camps, puis dans les prisons, avant de les fusiller ou de les décapiter, tel notre camarade Jean Catelas le 24 Septembre 1941.

 

Quelquefois, certains camarades, certains amis s’étonnent, voire critiquent l’expression de nos références à ceux qui ont fait l’histoire de notre pays entre les deux guerres mondiales et pendant la deuxième guerre mondiale,

craignant de notre part un réflexe passéiste inadapté aux problèmes d’aujourd’hui,

Évoquant même quelquefois une forme de culte de la personnalité nous empêchant d’être lucides pour trouver les chemins pour le présent et l’avenir.

 

Qu’ils se rassurent. Nous ne passons pas notre temps, nous ne mobilisons pas nos énergies à écrire ou à chanter des hymnes à la gloire de ceux qui par leur parole, leurs écrits et leurs actes ont ouvert ces chemins que nous essayons de poursuivre aujourd’hui.

Nous essayons simplement d’être fidèles aux enseignements qu’ils nous ont légués.

 

On prétend  que l’histoire ne se répète jamais. Pourtant, nous constatons collectivement que, même dans des circonstances différentes,

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

 

Les hommes et les sociétés humaines ont toujours les mêmes ennemis

et les conditions de leur bonheur s’appuieront toujours sur les mêmes bases de socialisation qui sont les règles inconditionnelles de cohabitation harmonieuse sur cette terre :

le respect de la dignité humaine,

l’exercice permanent de la solidarité et de la fraternité, l’acceptation des différences culturelles,

le refus de l’inégalité,

le rejet de la guerre qui ne fait qu’institutionnaliser et justifier la loi du plus fort,

la démocratie.

 

Toutes ces valeurs humaines ont été portées à un stade nouveau de modernité et de nécessité absolue dans le monde contemporain par des hommes comme Jean Catelas.

 

Elles peuvent et doivent nous aider à être lucides et efficaces dans cette période trouble de l’histoire de l’humanité où tout est possible, dans le meilleur comme dans le pire, car l’enjeu de notre époque est bien celui-ci.

 

Ou nous allons vers un nouvel ordre international, de paix, de solidarité et de fraternité à l’échelon planétaire, de protection de la nature, un monde ou l’être humain est au centre de toutes les préoccupations,

 

Ou nous mettons directement en cause la survie même des hommes sur une terre où nous n’aurions pas pu trouver la solution aux problèmes alimentaires, sanitaires, écologiques, exacerbés par le fossé grandissant entre les capacités techniques et la sagesse des hommes.

 

Et de la même façon que nous osons faire référence aux idéaux révolutionnaires de 1789 exprimés dans la devise de la république française : Liberté, Egalité, Fraternité.
 

Il n’est pas incongru de trouver des bases de réflexion et d’actions dans la pensée et les combats d’hommes qui, comme Jean Catelas,

ont été, aux tous premiers rangs des mouvements progressistes entre la première et la deuxième guerre mondiale.

 

Par leurs écrits et leurs initiatives, par leur capacité hors du commun de rassembleurs unitaires contre la guerre, contre le fascisme, pour le progrès des sociétés et pour la fraternité des hommes,

ils sont, ils restent extraordinairement modernes et d’avant garde. Aucun des combats qu’ils ont menés n’est, hélas, terminé.

 

Et, en cela, comme ils ne peuvent seulement appartenir au passé, nous ne pouvons raisonnablement être des passéistes.

 

Nier la valeur de l’histoire, refuser la mémoire de ceux qui ont fait progresser l’humanité dans sa marche vers le progrès, c’est se mettre dans la situation tragique du peuple sans mémoire qui ne peut être que sans avenir positif, car n’oublions pas la mise en garde de Goethe : «  ceux qui refusent le regarder en face leur passé sont condamnés à le revivre ».

 

Le nom de Jean Catelas s’identifie à la lutte contre le fascisme et le nazisme.

Il en exècre tous les aspects, le populisme qui a porté au pouvoir Mussolini.

La violence meurtrière d’un Franco qui plonge l’Espagne dans un bain de sang.

La haine de l’humanité qu’Hitler prétend théoriser pour régner sur un monde à ce point meurtri par l’humiliation, par la torture, par le génocide qu’il en porte encore les stigmates aujourd’hui.

 

Des décennies plus tard, une évidence s’impose à nous, ce combat est toujours d’actualité.

Comment ne pas en être convaincu en ces temps si particuliers

ou l’on constate chaque jours les ravages de la guerre, ou celui qui diffère de nous est pointé du doigt,

ou l’on tente d’opposer les religions entre elles,

ou l’on semble croire que l’idéologie fasciste pourrait devenir acceptable dès lors qu’elle serait pourvue de quelques fanfreluches au top de la mode, être cachée par un Ripolinage du plus bel effet.

 

J’invite ceux qui donnent l’information à ne pas seulement recherché le coup médiatique, à ne pas simplement vouloir surfer sur la vague médiatique, à ne pas se contenter de servir la soupe, mais à donner à réfléchir en faisant vivre l’information, en alimentant le débat démocratique par la diffusion de toutes les idées exprimées.

A preuve du contraire, le monologue n’a jamais été et ne sera jamais le gage d’une vie démocratique.

 

J’invite également, à gratter le vernis pour ne pas se laisser abuser par l’esthétique de la chose.

Regardez le parcours de ceux qui gravitent autour de Marine Lepen, autour de Marion Marechal Lepen,

prenez connaissance des idées qu’ils avancent depuis tant d’années,

et alors vous comprendrez la dangerosité d’un ennemi qui a tout intérêt à avancer masqué, pour parvenir à ses fins.

 

Hier, oui hier, certains clamaient :«  Plutôt Hitler que le Front Populaire ». Si certains ont été acteur de ce choix qui a engendré une monstruosité, beaucoup trop sont restés spectateurs,

gardons-nous de répéter les même absurdités.

 

L’homme à qui nous rendons aujourd’hui un hommage fraternel, a été en 1941, quelques mois avant sa mort, un des fondateurs du Front National – Pas celui de la honte, mais celui du combat pour une société de justice de liberté de paix.

 

Jean Catelas est arrêté le 13 mai, emprisonné, condamné à mort, guillotiné quelques jours plus tard, il a refusé de collaborer, naturellement, et c’est, naturellement, qu’il chante la Marseillaise jusqu’à ce que la mort l’en empêche.

 

C’est un autre camarade qui a affirmé ici une phrase que nous devons faire vivre : « Il y a du sang entre l’extrême droite et nous ! »

 

Dans l’hommage qu’il rendit à Laurent Catelas, André Marty décédé le 26 juin 44 à Alger, celui que l’on appelait le mutin de la mer noire, entre mêlle le destin des deux frères : Laurent et Jean.

Il a ces mots merveilleux :

«  Quand ils s’appellent, Catelas,  Il est impossible que les hommes meurent tout à fait, leur présence et leur exemple se perpétuent chez les vivantsIls nous tracent notre devoir ».

La vie de Jean s’identifie au communisme.

C’est l’appel à l’intelligence des hommes et des femmes et le refus de toute prétendue vérité toujours assénée, toujours martelée et jamais démontrée.

C’est le combat de chaque jour, contre la moindre injustice, pour des plus grandes revendications, pour défricher en permanence le dur chemin de l’émancipation humaine.

C’est un courage hors du commun dans la guerre et l’amour de la France,

Il a connu l’enfer de Verdun. Il a initié au plus haut point, la défaite du nazisme.

Son dernier message : « A mes amis, je lègue mon passé sans tâche et leur passe le flambeau. Soyez unis pour être forts, soyez frères ». est d’une actualité prenante

«  Jean Catelas, une nouvelle fois à ta source, réfléchissons ensemble, dans le silence, pour mieux aller de l’avant, dès demain ».

CEREMONIE Jean CATELAS 74eme anniversaire
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